‹ Le babillardChapitre 56 sur 356 · ACTE III, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IX

LA MARQUISE

Pressez-le, et sans tarder, que j’en sois le témoin; Que je puisse embrasser une nièce si chère :

Ma tendresse est égale à l’amour d’une mère;

Mon cœur vole déjà.

MONT VAL

Vous me l’ordonnez, soit.

Je n’ai qu’à lui serrer le bout du petit doigt.

LU CI LE , feignant de s'éveiller.

Àhî je respire enfin. Que je suis soulagée!

Du poids qui m’accablait je me sens dégagée :

Je n’ai plus aucun mal, Lisette!

LISETTE

Me voilà.

LUCILE

11 me tarde de voir ma tante : avertis-la.

Tu me vois devant toi; tourne vers moi ta vue.

LUCILE

Mi ! ma tante!

LA MARQUISE

Ah ! ma nièce! ah ! tu m’es donc rendue? Je ne te perdrai point.

LUCILE

Non ; je vis maintenant,

Et c’est pour vous aimer encor plus tendrement.

LISETTE

Elie ne fut jamais plus fraîche et plus jolie.

LA MARQUISE

Que j’aime à la voir telle, et que je suis ravie!

(A Mont val.)

C’est à votre art divin que je dois ce bonheur.

LUCILE

Nous le devons, ma tante, embrasser de bon cœur.

(Elles l’embrassent.)

CLÉ ON

Ferme’ tez qu’à mon tour je vous marque mon zèle,

Et le plaisir que j’ai de vous revoir si belle.

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