‹ Le babillardChapitre 83 sur 356 · ACTE V, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE XI

MONTVAL

Gardez-vous de former un lien si fatal;

Le remède cent fois est pire que le mal.

CLÉ O N

C’est l’amour qui l’ordonne, il sera salutaire.

MONTVAL

Monsieur, encore un coup, l’amour vous est contraire.

clé o N.

Mais, si l’on vous en croit, l’amour n’est jamais bon.

MONTVAL

Je ne dis pas cela; c’est selon la saison.

Dans la jeunesse il est, s’il faut ne vous rien taire,

Il est bon, excellent, qui plus est nécessaire.

De vingt ans jusqu’à trente il est un agrément,

Et même une vertu quand il est sentiment;

Mais il ne convient pas que je vous dissimule | Qu'à soixante...

CLÉON

J’entends; il est un ridicule.

MONTVAL

Il deviendra funeste à vous non-seulement,

Mais à Lucile encore, ainsi qu’à son amant.

CLÉON

Son amant !

MONTVAL

Oui, monsieur, l’amant le plus fidèle.

CLÉON

Le connaissez-vous ?

MONTVAL

Fort.

CLÉON

Lucile faime-t-elle ?

MONTVAL

Puisqu’il faut vous l’apprendre, éperdûment, monsieur.

CLÉON

Chaque mot est un trait qui me perce le cœur.

MON TVA L.

Pardon ; pour le guérir, il faut que je le blesse.

LE MÉDECIN PAR OCCASION

CLÉ O N

Votre secours, monsieur, est d’une étrange espèce; Et jamais...

MONTYAL.

Le remède est violent, d’accord;

Mais naturellement vous avez l’esprit fort.

Je risque, sur un cœur aussi grand que le vôtre,

Ce que je n’oserais essayer sur un autre.

Sa générosité du succès me répond :

Gonsultez-la, monsieur, l’effet en sera prompt. Courage; ce soupir m’est d’un flatteur augure.

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