G LÉ O N
La vertu de Lucile, après tout, me rassure;
Elle oublîra l’amant.
MO NT VAL
Non, ne l’espérez pas.
Son absence a pensé lui coûter le trépas.
GLÉON.
Que dois -je faire? ô ciel !
MONTVAL
Suivre mon ordonnance.
Prenez, monsieur, prenez pour guide la prudence; Signalez vos vertus par un effort nouveau;
Etouffez sagement l’amour dans son berceau,
Et de deux vrais amants protégez la constance;
Je vous réponds, monsieur, de leur reconnaissance. Vous goûterez le bien de faire des heureux;
En est-il un plus grand pour un cœur généreux ?
Le bonheur qui suivra cette gloire infinie Va, de dix ans au moins, vous prolonger la vie.
CLÉON
Je rougis...
Bon; tant mieux. Qui commence à rougir Tout haut de sa faiblesse est bien près d’en guérir.
GLÉON.
Je surmonte la mienne, et je sens qu’à mon âge L’amour est un écueil et l’hymen un naufrage. Instruisez-en Lucile, et son amant aussi.