‹ Le babillardChapitre 97 sur 356 · CLITANDRE, ARLEQUIN · texte numérisé non relu

CLITANDRE, ARLEQUIN

Qu’avez-vous?

CLITANDRE

Un fauteuil, vite, je n’en puis plusl Mes sens, jamais mes sens ne furent plus émus. J’entre à la comédie, admire mon étoile!

Dans le moment fatal qu’on a levé la toile;

Du monde que je vois je suis épouvanté;

J’entends mugir les flots du parterre agité :

Je regarde en tremblant tous ces juges sévères,

Que ne sauraient fléchir ni brigues, ni prières.

De mon supplice alors je crois voir les apprêts :

Tous les cris que j’entends me semblent des sifflets; Quand, pour comble d’effroi, j’aperçois un vieux cuistre, Dont je n’ai jamais vu le visage sinistre,

Qu’il ne m’ait annoncé quelque malheur prochain :

Il me fixe des yeux, me montre de la main;

Je lis dans ses regards ma mortelle sentence,

Et veux me dérober à sa noire présence ;

Mais je fais un faux pas, et culbute en fuyant;

Voilà l’auteur tombé, dit-il en me voyant;

C’est lui, je le connais; je crains que pour l’ouvrage Cette chute ne soit d’un funeste présage.

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