CHAPITRE XIV
Farce singulière où se trouve don Cbërubin. Së' rieuse réflexion sur sa fortune et sur celle de sa sœur. Don Manuel et lui sont volés par un de leurs laquais. Ils en prennent un autre ; qui il était. Surprise de don Chérubin et de son ami
. lorsqu'ils le reconnaissent.
ApRis nous être témoigne de part et d^autrc par des caresses mutuelles combien notre séparation nous était sensible , nous partîmes, don Manuel et moi, accompagnés de nos cbarmantes épouses, laissant don Grégorio et ma soeur fort tristes de notre départ dans leur cbâteau. Pour nous, la possession de ce que nous avions de plus cber daos le monde nous consola, et nous eûmes un plaisir infini dans notre petit "voyage. Comme nous étions obligés de cou
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cher en chemin, nous nous arrêtâmes dans une bourgade , où nous eûmes le divertissement d^une pièce jouëe par des bateleurs ; ils rayaient intitulée Inès de Castro. Sur la réputation que cette tragédie s'était acquise à Madrîd, nous procurâmes à nos épouses le plaisir de la voir. Mais nous fûmes bien désolés lorsque nous vîmes paraître, dans une chambre d'auberge où se donnait cette co'médie , une femme prés d'accoucher : elle nous débita un galimatias auquel on n'entendait rien ; ensuite vint un autre acteur âgé de soixante ans environ. Il représentait don Pedro : enfin cette pièce, qu'on ne peut nommer comique ni tragique, ne dura qu'un quart d'heure, au grand contentement des spectateun : ils donnaient après un divertissement composé de danses, de sauts et de voltiges; et pbur terminer le spectacle , celui qui avait joué le rôle de don Pedro se mit à faire des armes avec son pied droit , la tête en bas. Comme il s'en tirait assez bien , il fut fort
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applaadî. Mais le plas comiqae de Tayen* ture, c^est que madame Inès, qui en jouant ayait fait beaucoup de grimaces par les douleurs qu'acné sentait de sa grossesse , accoucha le même soir sur le théâtre, prèsqu^en notre présence. Kous nous retirâmes après cette catastrophe : les acteurs nous prièrent de les excuser sHIs ne nous don* naient pas un ballet chinois qui ayait fait beaucoup de bruit à Madrid ; mais que revënementimpréTuderactrice accouchée les en empêchait. Nous eûmes beaucoup plus d'agrément à notre souper. Le lende* main nous anÎTâmes de bonne heure à Alcaraz. Nos épouses ayaient besoin de repos, et de notre côté nous en ayions besoin aussi. Nous jouissions de la félicité la pltii parfaite : quoique nous fussions mariés depuis trois mois, nous aimions encore nos femmes plus que jamais. Trop heureux, si le bonheur dont je jouissais en mon parti*culier ayait duré toute ma yiel Mais il e'tait écrit dans la table des destinées qu'il
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deTait m^arriyer des malheurs plas grands que ceux que jWais dëjà éprouves. Les aventures de ma sœur me revenaient sans cesse à Fesprity et j'admirais la Providence qui ne no«s a jamais abandonnés. Une femme aussi coquette , jouir de la plus brillante fortune, me^ disais-je, cela est heureux 1 Que Ton voit de personnes avoir plus de mérite et plus de vertu que ma sœur dans Fopprobre et dans la misère 1 Qtf el est ce monde ! Une fille débauchée , comédienne, devenir l'épouse d'un bon gentilhomme! cela ne se voit pas souvent. L'honneur de ma sœur est réparé par ce moyen. Elle est riche , et son mari ne l'est pas beaucoup; ainsi l'un fait passer l'autre. Puisse la fortune nous laisser jouir longtemps de ses bienfaits! D ne me prendra plus envie de prendre le froc et de donner mon bien à des moines : ceux à qui j'ai eu affaire ont été trop reconnaissans des biens que je leur ai laissés malgré moi. Je peux avoir tort de parler ainsi ^ je dois
peut-être raa nouvelle fortune à l'efficacité de leurs prières. Don Manuel vient de mettre le comble à mon bonheur en me faisant la donation de la moitié de son château: les personnes les plus distinguées d' Alcaraz nous honorent" de leurs visites , et la meilleure société est la nôtre. La promenade , la chasse , la pèche , le jeu , la lecture, sont nos occupations et nos amusemens.
Nos plaisirs furent troublés par un accident imprévu qui nous arriva. Le feu prit pendant la nuit dans notre château , et consomma presque la moitié de nos effets ; heureusement que nous eûmes le temps de faire enlever ce que nous avions de plus précieux, et quelques réparations remirent les choses dans le même état qu'elles étaient avant. Nous nous serions consolés aisément de cette perte , si l'on ne nous avait pas volé beaucoup d'argenterie et les bijoux de nos épouses, qui ne laissaient pas que démonter à une somme considérable. Nous ne soupçonnions aucun de nos domcsti-
ques, et cependant c^en était un, qui fut dëconyert par le marchanda qui ce coquin avait étë pour vendre une partie de ce qu^il avait pris. Don Manuel voulait le remettre entre les mains de la justice; mais, par conside'ration pour moi , il se contenta de le chasser, en lui ordonnant, sous peine de le déclarer, de sortir du royaume en deux tours de soleil. Nous recompensâmes libéralement notre honnête homme de marchand : il est rare d^en voir de son espèce. Quelques jours après il se présenta pour notre service un jeune garçon dont la physionomie et la taille repondaient pour lui. Il venait avec une recommandation d^un de nos amis. Nous Tarrétâmes le même jour. Son nom était Alvarès. Sa douceur, la complaisance et son exactitude à bien remplir ses devoirs lui attirèrent notre es' time. n avait cet esprit de modestie et dMtumilité qui le faisait aimer de tout le monde j mais malgré Tezcellent caractère quUl possédait, il était d^une mélancolie affreuse ^
il soupirait toujours. Je m^int^ressais à soa sort. Ce garçon me montrait de Tamitië, et j^y répondais. Il suffisait quHl fût malheureux pour qu^il me devint cher.
Paimais si fort Alyarés, que je me mis dans la tête de dissiper son chagrin. Son air sombre et triste mHnquiétait. Je le fîs ▼enir un jour dans Tappartement de don Manuel pour qu^il me découvrit le sujet de sa douleur. Je commençai par lui demander s^il se déplaisait avec nous, que nous étions contens de lui, et que la mélancolie qui le rongeait remporterait tôt au tard ou tombeau. Alvarès mVcoutait en soupirant, et ne me disait rien. Vous aimez, continuaije , et on ne répond point à vos de'sirs. Avouez-le-moi; si la personne qui vous est chère dépend de nous, ou qu'elle habite dans notre voisinage , ne vous conti*aignez pas. Ouvrez-moi votre cœur , je suis assez votre ami pour vous faire obtenir l'objet de vos soupirs. J'aime , il est vrai , me re'pondit Alvarcs , mais sans aucun espoir , quoi-
que je sois aimé de la plus aimable créature que le ciel ait pu former. Ces paroles me surprirent dans la bouche d'un valet. Vos bontés excessives pour moi, continuat-il, sont si réitërëes que je ne fais aucune difficulté de me confier en vous et de vous apprendre ce que je suis.
Don Manuel , qui nous écoutait de son cabinet , ne pouvant retenir sa curioûté , étant extrêmement gêné, en sortit aussitôt. Alvarès fut surpris de le voir si près de nous , et voulut se retirer. Don Manuel le Ht rester en lui disant qu^il avait entendu notre conversation , et que la part qu'il y prenait Pavait engagé à sortir de son cabinet pour en entendre le reste, et qu'il pouvait ne voir en nous que ses amis Messieurs, nous dit-il, que je suis confus de vos bienfaits !
Ma famille est noble ; mais la noblesse est bien peu de chose quand elle n'est pas soutenue par de grands biens. J'eus une mcre qui , par sa coquetterie et les grands
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airs quVUe se donnait , ruina mon père en fort peu de. temps. Heureusement que je fus le seul fruit de leur hjrroénée. Mon père, dont le nom était don Alvar del Sol , en mourut de chagrin , et ma mère, ne pouvant résister à la perte qu^eUe avait faite , suivit mon père peu detemj>s après. Quoi! interrompit don IVLanuel , tous êtes le fiU du seigneur don Alvar del Sol ! Ah ! mon cher don Carlos, que je vous embrasse!
Don Manuel se jeta à son cou , et lui rappela qu'ils avaient étudié ensemble à Madrid. Je fus charmé de cette découverte en moi-même , et je priai don Carlos de nous faire part de ses infortunes. Mon ami lui demanda des nouvelles de don Lo< pez , dont la richesse était immense , et qui demeurait à Madrid. Hélas ! repartit don Carlos, cVstrauteur de tous mes malheurs, et voici comment.
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CHAPrrRE XV.
Histoire tragique de don Carlos et de dona Sophia,
Après la mort de mes père et mère , don Lopez de la Crusca , non oncle maternel , prit soin de mon enfance , et c^est sous ses y eux que je fis mes études. Maigre son avarice extrême , iLm'aimait , et mWaît retire chez lui, oui je vivais heureux et sans inquiétude. Mais Famour vint troubler mon repos. Mon oncle me procurait tous les plaisirs qui peuvent flatter un jeune homme qui sort du collège. Nous allions 'souvent au Pfado ensemble, et la promenade ëtait notre principal amusement. Un jour que nous y étions , mon oncle , se lassant de se promener, voulut s^asseoir : par bienséance je restai avec lui. Il y avait vis-
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à-Tis de nous un banc sur lequel ^tait assise la plus aimable personne que Ton puisse yoir. Elle jettait ses regards de tenfps en temps sur moi; et c'e'tait autant de traits que r Amour me lançait. Cependant sa compagne, que je crus sa mère, se leva, et elle la suivit : voyant qu^elles sortaient de la promenade du côte de notre logis , je feignis de me trouver indispose pour obliger mon onde à rentrer aussi. Mon oncle y consentit, et j'eus le plaisir de suivre de loin la personne du monde qui m'était devenue la plus chère. Quelle fut ma surprise de les voir entrer justement vis-à-vis notre demeure. Je demandai à mon onde s'il connaissait les dames qui demeuraient visà-vis de sa maison : il me répondit que , n'ayant jamais voulu voir ses voisins, il ne désirait pas les connaître. Je lui dis qu'il y avait cependant un trésor dans cette maison , puisqu'elle renfermait la plus aimable personne du monde. Cela se peut, me dit mon oncle , et je n'y prends aucun
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intérêt. Si yous vous intéressiez ponr moi, repris- je , mon cher oncle , vous m'xntrodairiez dans cette maison. Non , mon neveu, me dit-il; j'ai eu soin de vous jusqu'à présent, et je ne m'en repens point , puisque vous m'avez toujours obëi. Croyezmoi , n'allez point dans cette maison : j'ai mes raisons. Ensuite il se retira et me laissa seul.
Je fus sensible à ces paroles ; mais l'amour l'emporta , et dés le lendemain j'allai saluer comme voisin les parens de la demoiselle que j'avais vue la veille. La réception qu'ils me firent m'enehanta. Je m'aperçus que leur fille, en me regardant, avait extrêmement rougi; je crois que je n'étais pas trop bien de mon côté , sentant un feu qui m'avait été jusqu'alors inconnu se répandre dans tout mon corps. Les père et mère de dona Sophia , ainsi était son nom , sachant que j'étais le neveu de don Lopezde la Crusca, me firent un reproche d'avoir été jusqu'alors sans les venir voir.
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Je m^en excusai le mieux que je pu», el leur dis que mon oncle e'tait un homme si extraordinaire , qu^il ne voyait personne; que de mon côté je me voulais beaucoup de mal de ne leur avoir pas rendu plus tôt nia visite , et qu'ils pouvaient compter sur moi dorénavant , puisqu'ils me le permettaient. Dona Sophia, pendant que je parlais , ne cessait de me regarder, et je sortis le plus enflamme de tous les hommes. Je continuai mes visites pendant six mois entiers. Aucun bonheur nVgalait le mien :
j'aimais et j'étais aimé. Je formai le dessein de demander dona Sophia en mariage à sesparens. U»me l'accordèrent, sans hésiter, aux conditions que mon oncle y souscrirait : que sans cela ils retiraient leur parole, attendu que je ne pouvais espérer aucun bien que de mon oncle. J'allai faire part à dona Sophia de mon bonheur : elle rougit , et pour la première fois j'eus le plaisir de l'embrasser. Je vis dans ses yeux que je ne lui déplaisais pas pour époux..
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Ses père et mère Yinrent nous interrompre: je rentrai chez mon oocle. En arrivant je me jetai à ses genoux , et je lui ayouai que, maigre' sa défense, j^ayais ëtë yoir dona Sophia, que j^aimais ëperdumentj que ses parens consentaient à me la donner en mariage, pourvu qu^il ne mit aucun obstacle à ma félicité. Mon neveu , me ditil, je n'en veux mettre aucun. Epousez votre maîtresse , j^y consens. Je sais qu'il y a six mois que vous la voyez régulière* ment : je ne vous en ai jamais parlé; tous me Tavouez aujourd'hui, soyez heureux :
mais n'espérez jamais , pendant que je vi-> vrai, aucun bien de moi. Ah! ipon oncle, votre consentement me suffit, et je préfère dona Sophia à tous les biens de la terre. Le jour suivant je fis part à ma maîtresse de la réponse de mon oncle. Elle en in»* truisit ses père et mère y qui allèrent aussitôt rendre visite à don Lopez » afin de concerter ensemble les arrangemens qu'ils prendraient pour notre mariage. Ils me
laissèrent avec lear fille, et allèrent chez mon oncle, qui de son côtdfut très-supris de leur visite. Il les laissa parler tantqu^ils voulurent, et leur répondit qu'il consentait fort a riionneur qu'ils voulaient bien me faire ^ mais que je n'avais rien à espérer tant qu'il vivrait j que c'étaient là ses intentions. Ils eurent beau remontrer à mon onde que je ne me'ritais point cette injustice ; ce vieillard implacable n'en voulut pas démordre , et leur tourna le dos. Les parens de dona Sophia s'en ofTensèrent cruellement , et , rentrant chez eux , ils me dirent que, mon oncle ne voulant rien faire pour moi, ils me priaient de ne plus mettre le pied dans leur maison , et qu'ils défeur daient à lear fille de me voir.
Un criminel à qui on lit sa sentence n'a jamais été plus saisi et plus troublé que je le fus à cette nouvelle accablante. Je me trouvai si mal , que l'on fut obligé de m'emporter chez moi. Je ne revins que longtemps après, et mon oncle, que je peux
appeler cruel , eut la barbarie de me laisser seul, et partit pour sa maison de campagne. Je demandai des nouvelles de dona Sophia : on m^apprit que ses parens Pavaient envoyée à Carthagène dans un couvent où elle avait une tante qui en «tait Tabbesse. Quand je fus en état de sortir, jY portai mes pas j mais il me fut impossible de voir celle que j'aimais. Désespéré, sans ressource , sans appui, je ne voulus point remettre les pieds chez mon onde, ni le voir davantage. J'errai pendant deux ans de ville en ville , où , ne sachant que faire , j'ai servi jusqu'à ce qu'il plaise an ciel de me retirer de ma misère. La mort seule peut finir mes malheurs.
Nos épouses vinrent nous interrompre pour nous faire part des nouvelles de Madrid, qui portaient que le seigneur don Lopez de la Crusca était mort, et qu'ayant laissé à don Carlos del Sol, son neveu, tous ses biens , il eût à se faire connaître. Bon Carlos donna des larmes a sa mort ; ce qui
marquait son bon naturel. Nos épouses, n^e'tantpasprévenuesdachangementdVtat d'Alvarès, étaient surprises de le voir pleurer : nous leur apprîmes ce quHl était. Elles le félicitèrent de son bonheur. Don Carlos, un raoïhqnt après, s'écria : Que je Tais être heureux! mon oncle n'est plus. Il écrivit sur-le-champ aux parens de dona . Sophia cette nouvelle : en attendant la réponse, il nous quitta pour aller recueillir sa succession. Après nous avoir remerciés, et nous avoir embrassés, il partit plus amoureux que jamais. Nous le fîmes accompagner par un de nos valets qui ?int nous éclaircir de son sort. Nous fûmes un mois sans recevoir aucune nouvelle de lui; cependant il revint : notre premier mouvement fut de demander des nouvelles de don Carlos. Quel fut notre étonnement d'entendre notre valet nous dire qu'il d'était plus ! Il nous apprit qu'étant à la maison de campagne de son oncle pour en prendre possessioo , il y reçut la nouvelle
qii^on lai accordait dona Sophia en mariage , et quHl n^avait qu^à se rendre à Madnd pour Fëpouser; qu^on ayait écrit à Carthagéne poarqu^cllerevtntdo coavent.
Cette nouvelle fut si grande pour lui , et la joie quHl en eut futsi violente , qu^aprés mille de'monstrations et mille extravagances que lui causait son transport, il mourut entre les bras de plusieuH amis à qui il avait fait part de son bonheur.
On m'envoya a Madrid pour apprendre cette triste nouvelle aux parens de dona Sophia , qui écrivirent sur-le-champ à Fabbesse du couvent où elle était que don Carlos venait de mourir de joie , et que leur fille pouvait rester avec elle. On apprit que dona Sophia avait reçu avec beaucoup d'indifférence la nouvelle qu'elle allait épouser don Carlos, aimant, disait^elle, assez la solitude. Cependant quelques jours après , dès qu'elle sut que don Carlos était mort, elle tomba évanouie, et si mal, qu'elle resta huit jours sans connaissance.
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Elle avait les yent tournes vers le ciel , et on l'entendait qu'eUe prpnonçait ces paro« les : O ciel ! est-il possible ! il n'est plus ! Les soupirs qu'elle faisait et les larmes qu'elle yersait en abondance l'empêchaient de continuer. Elle est morte dans cet état , sans vouloir prendre aucune nourriture.
Ces nouvelles nous affligèrent beaucoup, et nous ne pûmes refuser nos pleurs aux malheurs de l'infortune don Carlos et de dona Sophia. Ce qui nous dissipa , fut la YÎsite de don Grëgorio , mon bcau-frére , avec ma sœur. Ils restèrent avec nous un mois , et prirent beaucoup de part à l'histoire tragique de don Carlos , dont nous leur fîmes le récit. Nous leur procurâmes tous les plaisirs que nous goûtions ci-deyant. Cest ainsi que nous entretenions par nos visites réciproques l'amitié qui renaît entre nous.
flUr DU TOME PREMIER.