CONCLUSIONS
I. — Le bacille n° 1, décrit en 1906 par MorGaN, possède une individualité bactériologique certaine. Sa position systématique a fait l’objet de discussions. Depuis le travail de Rauss, en 1936, la plupart des auteurs s’accordent pour le classer dans le genre Proteus. La possibilité de donner des colonies extensives sur gélose faiblement concentrée, l’uréolyse marquée en milieu synthétique, certaines communautés antigéniques sont les arguments essentiels.
IT. — Au point de vue clinique, il n’est pas responsable d’une maladie déterminée, et sa découverte résulte le plus souvent de recherches bactériologiques systématiques. C’est un germe relativement rare. On le rencontre surtout dans divers syndromes intestinaux tels que la diarrhée infantile et la dysenterie bacillaire de l’adulte. Il donne souvent à ces syndromes un caractère particulier de gravité ou de ténacité. L'observation que nous avons rapportée d’une dysenterie chronique à rechutes en est un exemple. L’atteinte secondaire du péritoine, de la vésicule et de l’arbre urinaire est assez fréquente. On peut aussi observer des septicémies véritables et des méningo-encéphalites. Les infections à bacille de MorGaAN sont donc les mêmes que celles déterminées par les autres germes du genre Proteus.
IT. — Au point de vue thérapeutique, P. morgan est résistant à tous les antibiotiques courants. C’est une notion très importante. Nous pensons que l’administration de ces médicaments dans un ças d'infection intestinale à bacille
REA Pts
résistant est non seulement inutile mais nocive. En effet, elle détruit l’équilibre microbien du milieu, équilibre physiologique et qui renferme peut-être des possibilités intrinsèques d'élimination par antibiose naturelle du germe pathogène. D’une façon générale, ce mode thérapeutique dans les infections intestinales ne devrait être utilisé, et de façon dirigée, qu'après l'isolement du germe et l'étude de sa résistance.