‹ Le Bacillus Coli Communis et Ses Variations Considérées Particulièrement Dans Son Pouvoir ZymotiqueChapitre 2 sur 20 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les variations dans les microbes sont aujourd’hui un fait bien établi et leur connaissance est indispensable aux progrès de la bactériologie.

« Il faut que le médecin et l’hygiéniste les connaissent, afin de reconnaître nos ennemis sous tous leurs déguisements. Ils doivent savoir que la forme n’est pas liée invariablement à la propriété, ni la propriété à la forme; que cette propriété peut disparaître et renaître, s’atténuer et s’exalter dans des conditions qu'il serait intéressant et heureux pour le bien social de connaître entièrement » (Arloing).

L’étude de la variabilité microbienne n’a donc pas un pur intérêt d'histoire naturelle. Elle intéresse aussi la

pathologie générale, en montrant qu’un même microbe a

He ONEE

une vie, une manière d’être et d’agir qui sont marquées par les conditions de milieu qu’il rencontre. Elle reconnaît la part du terrain plus graude qu’on ne l’a faite quelquefois, et si elle introduit en bactériologie des difficultés nouvelles, elle éclaire cette science d’un jour tout nou-— veau.

Cette étude, jointe à l’observation clinique des faits, a permis à MM. Rodet et G. Roux d’émettre l'opinion que le bacille d’Eberth et le bacillus coli appartiennent à la même espèce, et que les différences notées entre ces deux microbes ne constituent pas entre ces deux bacilles des différences qui puissent annihiler toutes les similitudes.

Pour ces auteurs, le véritable agent infectieux de la fièvre typhoïde est le bacillus col, soit qu’il ait besoin pour devenir typhogène d’exalter tout d’abord sa virulence, soit qu’il lui suffise pour cela d’une défaillance dans la résistance de l’organisme. C’est à l’état de bacillus coli qu’il infecte l’organisme, et c’est dans l'intimité de celui-ci qu’il subit une modification de ses caractères et un affaiblissement de ses propriétés biologiques, d’où résulte le type de bacille d’Eberth. Le bacillus coli exalté devient agent typhogène ou typhique ; l’agent typhogène modifié devient bacille d'Eberth.

Nous ne voulons pas nous étendre sur les rapports du bacillus coli et de la fièvre typhoïde, mais nous ne pouvons nous empècher de faire remarquer qu’il a été trouvé

dans un grand nombre d’eaux suspectes. Et pour ne citer

Dh qu'une statistique récente que M. le professeur Arloing a bien voulu nous communiquer. M. Seiler, de Lausanne, dans 21 analyses d'eaux incriminées, n’a pu déceler la présence du bacille d'Eberth, et a rencontré dix fois le bacillus col.

Le microbe du côlon n’est donc pas un parasite banal, et bien qu’arrivé un des derniers sur la liste des organismes pathogènes, il à conquis parmi eux une place des plus importantes.

Il est donc intéressant d'étudier la variabilité du bacillus coli et d'essayer de le rapprocher du bacille d’Eberth en le soumettant à des conditions modificatrices capables de faire varier sa vitalité et ses propriétés morphologiques et fonctionnelles. Telle a été l’idée directrice de ce travail dont voici Le plan :

Après avoir examiné les variations naturelles (chapitre [®) et artificielles (ch. IT) que l’on a constatées chez le bacillus coli, nous exposons (ch. IIT) avec la technique suivie, les expériences que nous avons entreprises dans le but de modifier le pouvoir zymotique à l’égard de la lactose, pouvoir qui est regardé actuellement comme le caractère différentiel le plus précieux entre le bacille d’Eberth et le microbe du côlon. Nous en avons profité pour noter certaines variations obtenues dans la morphologie et dans la résistance à la chaleur. Nous faisons ensuite (ch. IV) la synthèse de nos résultats et nous en

cherchons le déterminisme. Enfin nous résumons sous

Ne forme de conclusions les idées qui se dégagent de l’en-

semble de ce travail.

M. le professeur Arloing a bien voulu nous admettre dans son laboratoire. C’est là que pendant plus d’un an nous avons pu, sous sa haute direction, être initié à la bactériologie et à la méthode expérimentale, et maintenant il nous fait l'honneur de présider ce modeste travail. Qu'il nous permette de lui témoigner toute notre gratitude et notre profond respect.

M. le professeur agrégé Rodet nous a accueilli avec une grande amabilité. Il ne nous a ménagé ni son temps ni ses conseils pour traiter ce travail dont il nous à inspiré le sujet. Qu'il soit assuré de toute notre reconnaissance et de notre sincère attachement.

M. le professeur agrégé Courmont a montré pour nous une constante bienveillance ; nous l’en remercions.

M. le professeur agrégé Devic nous a toujours réservé, depuis que nous avons eu la bonne fortune de le connaître, un accueil aimable que nous n’oublierons pas.

Que nos maîtres des hôpitaux, de la Faculté, de l’École du Service de Santé militaire reçoivent l’expression de notre gratitude et de notre respect.

Merci à nos amis, à nos camarades de promotion, à tous ceux qui nous ont témoigné quelque intérêt ou quelque

affection.

LE

considérees particulièrement dans

SON POUVOIR ZYMOTIQUE

Page 1