EXPÉRIENCES PERSONNELLES
Technique générale. — Notre but a été d'étudier surtout le pouvoir de ferment du bacillus col. Nous avons cherché à apprécier l'acidité développée, non par de simples changements de coloration ou la coagulation du lait comme on l’a fait jusqu'ici, mais par des dosages au moyen d’une liqueur alcaline titrée.
Les cultures étaient faites soit en bouillon de bœuf neutralisé et peptoné à 20/1000, soit sur gélatine inclinée.
Nos ballons contenant du bouillon /actosé étaient tous * semblables, de mauière que l’évaporation se produisant à l’étuve (37°), où ils étaient placés, fut égale pour tous.
Dans chaque ballon étaient introduits, avec toutes les précautions aseptiques ordinaires et au moyen d’une pipette jaugée, 4 centimètres cubes de bouillon de veau neutralisé mais sans peptone, et 4 centimètres cubes de solution de sucre de lait à 50/1000 1. Ces ballons n'étaient
{ Nous nous sommes servi de bouillon de veau sans peptone
employés qu'après trois jours d’épreuve. L’acidité en était dosée trois jours après leur ensemencement.
Pour ce faire, nous mettions dans une soucoupe blanche Î centimètre cube du bouillon lactosé, et nous versions goutte à goutte une solution décinormale de soude. Comme réactif colorant, nous nous sommes servi d’une solution alcoolique de phénolphtaléine qui nous a paru bien supérieure à la teinture de tournesol. La coloration rose est très nettement appréciable, et la sensibilité de ce réactif est très grande. En effet, d'après Lüttke, une solution aqueuse de potasse à 1/20.000 est colorée par la phénolphtaléine.
L’acidité a été calculée en acide lactique et les quantités trouvées ont été rapportées à 1000.
Origine de nos bacilles. — Nous nous sommes servi de bacillus coli provenant de trois sources différentes.
Le bacille À provient des matières fécales d’un individu bien portant, n’ayant pas d'affection des voies digestives, n’ayant jamais eu la fièvre typhoïde. Nous l’avons isolé par la culture à 45 degrés, suivant la méthode de M.Rodeti, et la dissociation en tubes d’Esmarch. La morphologie et les propriétés fonctionnelles nous ont
afin que le mélange fût le moins coloré possible, pour mieux apprécier la teinte du réactif. Ce bouillon et la solution de lactose étaient stérilisés séparément à l’autoclave (115 degrés), car à cette température nous avons remarqué que le mélange de solution lactosée et de bouillon prenait une teinte brunâtre accentuée qui nous aurait gêné dans nos dosages.
{ Lyon médical, 24 février 1889. “
VOS ee montré que nous avions pu obtenir ainsi une culture de bacillus coli.
Le bacille B provient de bile où il était à l’état de culture pure, chez un malade âgé de cinquante-sept ans, auquel on fit une fistule biliaire pour un cancer qui avait amené une rétention complète (ictère, urines bilieuses, selles décolorées). Avec des précautions aseptiques, la bile fut recueillie directement dans la vésicule, au moyen d’une pipette introduite par la fistule.
Le bacille G fut retiré aseptiquement (lavage du méat au Sublimé d’abord, puis à l’eau stérilisée) de l'urine d’un malade atteint de cystite purulente due à une infection mixte (bac. coli et bac. de Koch).
Quelles sont les conditions modificatrices que nous avons employées ?
En premier lieu, la chaleur, sous la forme de chauffage brusque, puis la dessiccation.
Nous nous sommes servi ensuite de brle et de sérum comme milieux de cultures, pensant que ces liquides auraient de l'influence sur le pouvoir de ferment du bacullus coli. Malheureusement, ces dernières expériences ayant été entreprises tardivement, n'ont pu être conti nuées pendant tout le temps que nous aurions désiré.