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Dans ce cas, leretour au type initial n’a pu être déterminé!.
L'influence des agents employés n’est donc pas simplement individuelle, et « cette influence peut se faire sentir même sur les propriétés des nouveaux organismes auxquels donne naissance la prolifération du protoplasma qui l’a directement éprouvée ? ».
La variabilité des attributs fonctionnels est aussi très manifeste, et elle a acquis une importance égale, sinon supérieure, à celle des caractères morphologiques.
Les variations de la fonction pathogène et des diverses manifestations de cette fonction peuvent être expérimentalement provoquées.
D’après MM. Lesage et Macaigne#, la virulence peut s’acquérir par le passage d'animal à animal, au moyen d’injections dans le péritoine. Le bacullus coli peut la conserver pendant plus de trois mois. À la longue, il s’atténue et ne donne plus une septicémie foudroyante, mais une péritonite : il est devenu pyogène.
M. Vallet‘, après cinq passages successifs chez les cobayes, a vu le microbe perdre peu à peu de sa virulence en même temps qu'il prenait une forme filamenteuse et plus mobile, et que les cultures sur pomme de terre présentaient un aspect plus mince.
L’atténuation se fait par l’action dutemps. Par l’action de lantipyrine, MM. Rodet et Roux’ ont vu le bacillus
1 Rodet, De la variabilité dans les microbes, Paris, 1894. ? Chauveau, Comptes rend, Acad. des sc., 1883.
3 Arch. de méd. expér., p. 350, 1892,
4 Thèse de Lyon, 1892.
5 Areh. de méd. expér., p. 319, 1892,
EU > coli modifier son activité au point de vue de Ja production des lésions, tout en restant aussi actif au point de vue de la rapidité de ses effets mortels.
Ces auteurs ont constaté les faits suivants chez Îles cobayes. Par inoculations intra-péritonéales, on obtient de l’hypothermie et la mort en vingt-quatre heures. Par inoculations sous-cutanées ou intra-veineuses, on à de l’hyperthermie persistant pendant quelque temps, mais sans altération de la santé générale. Les lapins résistent à l’inoculation dans le péritoine; l'hypothermie est à peine marquée. Par inoculation dans les veines auriculaires, on obtient de l’hyperthermie et soit la mort en deux à dix jours, soit une maladie à longue échéance avec amaigrissement considérable.
Ces exemples montrent bien que l’activité pathogène du bacillus coli se manifeste de différentes manières suivant la porte d'entrée du mierobe, et aussi suivant l'organisme auquel il s'attaque.
Dans ce dernier ordre d’idée, on peut citer l'expérience de Vallet qui fit mgérer à des lapins du liquide de fosse d’aisance. Leur ayant ensuite inoculé du bacillus coli dans le péritoine, il constata chez eux une survie bien plus longue que chez des lapins injectés simplement avec le bacille.
Les fonctions chimiques offrent une remarquable variabilité et, dans ces derniers temps, elles ont été étudiées d’une façon toute spéciale.
La fonction de l’indol présente des variations aussi nombreuses au laboratoire que dans la nature.
La production de ce corps varie beaucoup, suivant la composition du milieu. Ainsi, comme l’a fait remarquer
Ho Péré, un même bacillus coli ne donnera pas cette réaction dans un mélange de sucre et de peptone ou dans un bouillon peptoné, et la produira dans une solution pure de peptone.
Malvoz a cultivé des bacilles du côlon à 42 degrés dans du bouillon additionné d’acide phénique, suivant le procédé de M. Vincent. Désignons cette première culture par À. Après huit jours, cette culture a servi à ensemencer un second bouillon identique (culture B), et ainsi de suite, de huit jours en huit jours (cultures G et D).
Voici les résultats au point de vue de l’indol :
Culture À : réaction rose, plus faible que le témoin;
Culture B : réaction plus faible encore ;
Culture CG: réaction extrêmement faible ;
Culture D : réaction négative.
Villinger ‘ a vérifié ces expériences de Malvoz et, après une culture de quatre semaines dans les mêmes conditions, n’a jamais obtenu d’indol.
Le vieillissement des cultures peut aussi donner lieu à une réaction négative. La chaleur, employée dans ce but, a souvent aussi donné de semblables résultats.
La coagulation du lait est également susceptible de variations. De vieilles cultures semées dans du lait n’ont pas amené ce phénomène ; dans d’autres cas, cette coagulation à été considérablement retardée et n’est apparue qu’au bout de vingt jours d’étuve (Malvoz).
Miasnikow * a constaté que, sous l'influence de condi-
1 Archiv. f. Hygiene, Bd, XXI.
? Vratch., 1895, Anal. par Frænkel,in Prov. médic.,23 nov.
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tions défavorables de végétation, le bacillus coli pout manifester plus lentement et même perdre cette propriété.
L'action d’un chauffage brusque, par exemple, amène un retard dans ce phénomène.
Des cultures de coli-bacille soumises à l’action de lacide phénique à 42 degrés ont amené la coagulation du lait en huit, dix jours, la culture témoin la produisant complètement en quatre jours. Malvoz cite mème une culture ainsi traitée qui n’a pas effectué cette coagulation après quatre semaines (elle contenait pourtant des microbes vivants).
Ces variations n’ont pas été seulement transitoires. On a pu les maintenir pendant un certain temps, puis la tendance à revenir au type originel s’est montrée.
La fermentation des sucres et, en particulier, de la lactose est donnée très souvent comme un caractère absolument spécifique du bacrillus coli. Ge caractère est-il constant ?
MM. Rodet et Roux! purent constater qu'un microbe côlien, venant des selles d’un typhique, ne faisait pas fermenter la lactose, même après cinq générations ; puis, il récupéra peu à peu cette propriété, à la suite des cultures sur pommes de terre,
Ce dernier mode de culture a d’ailleurs, en général, paru être un moyen de rehausser le pouvoir de ferment.
M. Rodet a observé diverses fois des diminutions de cette propriété, après avoir fait subir au bacillus coli des cultures en série à température dysgénésique (45 degrés). Le chauffage brutal ne lui a pas donné de résultats. Mais
! Lyon médical, p. 69, 1892.
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sorte
le dosage de l'acidité n’était pas fait et le pouvoir de ferment n’était apprécié qu'approximativement par la plus ou moins abondante coagulation du lait ou par la teinte plus ou moins accentuée de la teinture de tournesol.
Malvoz, par l’action simultanée de la chaleur et d’un antiseptique, est parvenu à diminuer beaucoup cette propriété zymotique; et les cultures ainsi traitées pendant vingt-cinq et trente jours se sont comportées vis-à-vis de la lactose d’une façon qui les rapproche bien plus du bacille d’Eberth que du bacille d’Escherich ordinaire. Bien plus, ces microbes ainsi modifiés ont été réensemencés en bouillon ordinaire, puis en bouillon lactosé, et l’amoindrissement de l’activité zymogène s’est maintenue.
Ce pouvoir de ferment peut-il être exagéré ? La nature nous montre le bacillus lactis aerogenes comme un bacillus col: doué du maximum d’énergie ! ; il possède les propriétés du microbe côlien à un degré plus élevé. On peut arriver à lui faire subir des variations établissant des types de transition entre lui et le bacillus coli,
Il n’est donc pas invraisemblable de supposer que ce dernier puisse exalter ses fonctions et, en particulier, sa fonction zymotique. C’est d’ailleurs ce que nous avons constaté dans certaines de nos expériences, comme on le verra plus loin.
1 Les deux baciiles ont été identifiés(Morelle, Etude bactér. sur les cystites, La cellule, VII, p. 266).