‹ Le bactériophage; son rôle dans l'immunitéChapitre 15 sur 78 · INFLUENCE DE L ÉTAT DE LA BACTÉRIE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE L ÉTAT DE LA BACTÉRIE

Cette expérience nous conduit à considérer Tinfluence de Tétat de la bactérie sur la lyse. Cette lyse n'est d'ailleurs qu'une conséquence de la multiplication des ultramicrobes et ne peut être totale qu'autant que toutes les bactéries présentes dans Témulsiôn soient attaquables.

Au lieu de prendre uneémulsion préparée avec une culture jeune, inoculons le Bactériophage dans une culture en bouillon âgée d'une quinzaine de jours ; nous obtiendrons bien un éclaircissement du milieu, une lyse partielle, mais le milieu restera louche, et pourtant

nous pourrons, en utilisant toujours un tel milieu, effectuer autant de passages que nous voudrons ; un tube quelconque de la série ensemencé sur gélose ou en bouillon restera stérile et une goutte du même tube inoculée dans une émulsion de bacilles jeunes provoquera une lyse parfaite. Le Bactériophage se multiplie donc normalement dans une vieille culture mais ne la lyse pas, ou du moins ne la lyse pas totalement. Quelle en est la raison? Pour le savoir il suffit de comparer le résultat du comptage du nombre total de bacilles existant dans une vieille culture (ce qui peut se faire en employant le procédé au compte-globules), avec le résultat obtenu en eff'ectuant la numération des seuls bacilles vivants (ce qui se fait par ensemencements sur gélose de dilutions titrées). Dans une vérification de ce genre faite sur une culture de bacilles de Shiga en bouillon Martin restée i4 h. à l'ëtuve puis 1 5 jours à la température du laboratoire, la numération de la totalité des corps bacillaires donna 626 millions ; celui des* seuls bacilles vivants, donc susceptibles de donner naissance à une colonie sur la gélose, fut de 2 millions 1/2 par cm^ de culture. Or nous venons de voir que le Bactériophage ne peut se développer qu'aux dépens de bactéries vivantes qui sont également les seules qui soient lysées. Dans la vieille émulsion dont nous venons de parler, il n y avait plus qu'un bacille sur 3oo environ qui fut susceptible d'être dissous ; on comprend donc que si l'on ne prend comme critérium du phénomène que la lyse de l'émulsion, le Bactériophage ne semble avoir aucune action sur de telles cultures.

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II est même inutile de s'adresser à des cultures aussi âgées : dans une culture de bacilles de Shiga en bouillon, après seulement 24 h. d'étuve, j'ai vérifié que le tiers des germes environ ne sont déjà plus susceptibles de donner des colonies sur gélose. Si nous nous adressons au contraire à une culture sur gélose inclinée, presque tous les germes sont encore vivants après 24 h. d'étuve à 87®. Une culture en bouillon de 24 h. restera donc légèrement louche une fois la lyse terminée, tandis qu'une émulsion en bouillon d'une culture jeune sur gélose, renfermant le même nombre de bactéries, sera parfaitement limpide une fois la lyse achevée, tous les bacilles étant dans ce dernier cas vivants et susceptibles d'être attaqués par le Bactériophage. C'est pour cette raison qu'il est préférable d'effectuer les cultures «du Bactériophage plutôt dans une émulsion que directement dans une culture en bouillon.

Certaines bactéries donnent une culture jeune homogène en bouillon, mais s'émulsionnent très mal quand elles sont cultivées sur gélose, le bacille pesteux par exemple. Quand on aura affaire à de telles bactéries, il sera préférable de faire agir le Bactériophage sur la culture en bouillon de la manière suivante. Ensemencer légèrement un tube de bouillon avec la bactérie; quand la culture est bien louche, inoculer le Bactériophage actif vis-à-vis de cette bactérie et ajouter de suite un volume de bouillon neuf égal au volume de la culture : avant que les germes bactériophages aient eu le temps de se multiplier suffisamment pour parasiter un nombre appréciable de bactéries, la culture, bactérienne a le temps de « repartir », ce qui fait que quand les germes bactériophages se trouvent assez nombreux, toutes les bactéries du milieu sont jeunes, partant facilement attaquables.

J'ai d'autre part vérifié que les produits qui se trouvent dissous dans la culture bactérienne âgée, produits qui, comme on le sait, entravent le développement des bactéries (le milieu est dit vacciné), n'ont aucune influence sur le phénomènq de la lyse.

Exp. — Une culture du bacille de Shiga en bouillon, de i5 jours, et une culture jeune de 18 h., sont centrifugées. Le culot du premier tube est émulsionné dans le liquide du second, le culot du second dans le liquide du premier. Chacune des deux émulsions est ensuite inoculée avec une goutte de culture de Bactcriophag'e. L'émulsion vieux bacilles-jeune milieu reste fort louche, rémulsion jeunes bacilles-vieux milieu est parfaitement limpide après

Il n'en est pas de même, comme nous Je verrons, avec les pro-

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duits de la lyse, qui, eux, sont des produits résultant de Tactivité des ultramicrobes bactériophagcs, et comme tels entravent leur action.

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