‹ Le bactériophage; son rôle dans l'immunitéChapitre 33 sur 78 · CULTURES MIXTES · texte numérisé non relu

CULTURES MIXTES

certain nombre de générations, puis la bactérie reprend peu à peu sa foriDe normale.

3^ Des colonies muqueuses, réfringentes, difficiles à dissocier, de taille très différente, depuis la limite de visibilité jusqu'à environ I mm. de diamètre ; ces colonies sont repiquables sur gélose et elles redonnent des colonies de même forme. Ce sont des colonies mixtes, on y constate toujours la présence simultanée de l'élément bactérien et de Télément bactériophage.

Même ensemencées largement sur gélose, ces dernières colonies ne donnent jamais une culture en nappe, mais des colonies isolées plus ou moins nombreuses et toujours de taille variable : parmi les bactéries ensemencées peu sont susceptibles de former une colonie, il y a toujours un état d'équilibre instable entre les deux facteurs en présence, la bactérie avec sa résistance, le Bactériophage avec sa virulence; la bactérie forme ou ne forme pas une colonie, suivant la prédominance accidentelle de l'un ou de l'autre de ces facteurs. On observe surtout ce fait quand on réensemence sur gélose des agglutinats : pour abondant qu'ait été cet ensemencement, on n'obtient jamais que de très rares colonies, toutes du type muqueux.

Voici quelques particularilés concernant les cultures obtenues en ensemençant ces colonies muqueuses sur divers milieux :

par piqûre en gélose : petites colonies lenticulaires sur le parcours de l'aiguille;

sur g-élatine : même aspect que sur gélose; la bactérie résistante y reste vivante et repiquable pendant au moins onze mois, ce qui, dans le cas du bacille dysentérique de Shig'a, représente une vitalité au moins dix fois plus forte que pour la bactérie normale;

en gélatine par piqûre : grosses colonies lenticulaires à centre opaque;

sur pomme de terre glycérinée (préparée comme pour le bacille tuberculeux) : très rares colonies sur la pomme de terre, culture très abondante dans le bouillon qui se trouve dans le fond du tube ;

lait : n'est pas coagulé après lo jours ;

lait tournesolé : vire au mauve après 2 mois;

sérum coagulé : pas de culture;

rouge neutre : n'est pas modifié après 2 mois, en gélose au en bouillon ;

petit lait tournesolé : rougit après 10 jours et reste rouge.

Les colonies muqueuses émulsionnées et chauffées à 6o<* ne sont plus repiquables ; le liquide ne contient plus comme élément vivant que des ultramicrobes très virulents, qui ne sont tués que vers 65^.

Réensemencées en bouillon, les colonies réfringentes et muqueuses mixtes donnent deux sortes de cultures : les cultures mixtes

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louches à alternances et les cultures agglutinées que nous connaissons, tout dépend toujours du degré de virulence du Bactériophage et du degré de résistance de la bactérie qui règlent l'aspect de la culture.

Nous avons vu que si Ton introduisait un agglutinât, provenant d'une culture mixte à équilibre stable, dans une émulsion, on obtenait la lyse de cette émulsion puis une culture agglutinée. De même si Ton ensemence largement un tube de gélose inclinée avec le bacille de Shiga et si l'on dépose en un point un petit agglutinât, on obtient à cet endroit une plage, puis après trois ou quatre jours une colonie muqueuse au centre de cette plage. Dans les deux cas le Bactériophage agit sur les bacilles normaux non résistants, les dissout, puis les bacilles réfractaires se cultivent comme ils l'auraient fait dans du bouillon ou sur de la gélose stérile.

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