ACQUISITION DE LA RÉSISTANCE
Pouvons-nous nous rendre compte du mécanisme de l'acquisition de l'immunité par une bactérie? De nombreuses expériences m'ont montré que si l'on introduit dans une émulsion relativement char-
(i) Par exemple : Ascobolus furfuraceus (Moliard, igoS) ; levure du genre Willia (Sartory, 1902) un aspergriV/tts croissant sur la banane (Sartory, 1920).
(2) Voici un fait qui tendrait à montrer que sous l'influence du Bactériophage les bactéries non-sporulces donnent des formes filtrantes : j'ai constaté à plusieurs reprises qu'un filtrat obtenu en passant une culture secondaire à
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gée en bacilles (de un à deux milliards par cm'), une certaine quantité d'une culture d'un Bactériophage peu actif, les ultramicrobes, facilement décelables au début par suite de la présence de plages sur les étalements sur gélose, disparaissent du milieu après un intervalle de temps variant de i h. à 2 ou 3 jours et ne se retrouvent plus par la suite : les réensemencements donnent des cultures normales de la bactérie. Nous avons vu d'autre part que dans le cas d'un Bactériophage très virulent les ultramicrobes disparaissent du liquide entre 10 et 20 minutes après Tinoculation de Témulsion, mais reparaissent en nombre environ 20 fois plus considérable i h. à i h. 1/2 plus tard : ils se sont cultivés à Tintérieur des bactéries. Dans le cas d un Bactériophage peu virulent il semble donc qu'il y ait également pénétration des germes à l'intérieur des bactéries, mais alors la culture ne peut s'effectuer, la bactérie résiste et lultramicrobe est finalement détruit in vivo. Il est vraisemblable, que ces bactéries parasitées qui « guérissent », acquièrent par là même l'immunité.
Voici d'ailleurs un autre fait que j'ai parfois observé et qui montre que certains bacilles peuvent devenir des « porteurs ». Comme je viens de le dire, les émulsions chargées qui ont été inoculées avec un filtrat contenant un Bactériophage peu virulent donnent après quelques heures des cultures sur gélose absolument normales et ne présentant aucune plsge. Si l'on repique en série ces cultures, en étalant la semence de manière à obtenir une culture en nappe, il arrive parfois qu'après un certain nombre de repiquages on observe une plage très nette, qui est bien constituée par une colonie de Bactériophage car, en partant de cette plage, on peut, par passages successifs obtenir finalement un Bactériophage très actif. D'où pouvait provenir cet ultramicrobe apparaissant tout à coup? Un ultramicrobe s'était conservé vivant dans un bacille et, à un moment donné, a pu vaincre la résistance de ce dernier et se reproduire ; la virulence s'est exaltée, les germes jeunes ont pu parasiter les bacilles voisins et former une colonie. Aucune autre explication ne semble possible, puisque, de suite après l'inoculation du Bactériophage, l'ensemencement sur gélose montre les plages caractéristiques de la présence de germes bactérîophages virulents ; puis ces germes disla boujB^ie Cbamberland L2 et même L3, se troublait après quelques jours. Chaque fois que le fait s'est produit ce trouble était dû à une culture de la bactérie résistante qui se trouvait, avant fillration, dans la culture secondaire. N'ayant pas encore réussi à fixer les conditions de la production du phénomène, je me borne à signaler le fait, sans insister.