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CHAPITRE V

LE SERUM ANTIBACTERIOPHAGE (r)

Complexité des anticorps. Anticorps via-à-vis des bactéries. Anticorps vis-àvis des toxines bactériennes. Anticorps vis-à-vis des uUramicrobes bactériophag'es. Anticorps vis-à-vis des lysines.

COMPLEXITÉ DES ANTICORPS

Nous nous trouvons encore ici en présence de phénomènes fort complexes. On sait qu'à une injection d'une culture microbienne, l'organisme répond par la production de divers principes qu'on a groupés sous le nom d'anticorps, les uns agissant sur les corps microbiens : agglutinine, sensibilisatrice, opsonine ; les autres, antitoxines et antiferments, neutralisant les produits de sécrétion du microbe se trouvant dans le milieu de culture injecté. Si Ton injecte le mélange de deux cultures microbiennes, l'organisme répondra par une double série d'anticorps : c'est ce qui se produit lors de l'injection d'une culture du Bactériophage.

Une culture du Bactériophage est constituée, comme nous le savons, par une culture ou une émulsion d'une bactérie lysée sous l'action du Bactériophage anti doué de virulence pour cette bactérie : les germes bactériophages ensemencés se sont multipliés aux dépens des corps bactériens dont la substance se trouve, la lyse terminée, dissoute dans le milieu. Une culture de Bactériophage est donc un milieu fort complexe qui renferme :

i^ La substance des corps bactériens à Tétat dissous ;

2® La toxine bactérienne (exo ou endoxine);

(i) Les expériences relatives au sérum antibactériophag'e ont été réalisées avec la collaboration de G. Eliava.

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3® Les ultramicrobes bactériophages qui se sont développés aux dépens des bactéries ;

4® Les produits résultant de l'activité du Bactériophage, que nous grouperons sous le nom de « lysine », et qui restent dans le milieu une fois la lyse terminée.

Le Bactériophage attaque-t-il la bactérie au moyen d'une seule diastase ou d'un ensemble de diastases ? Impossible de le dire à rheure actuelle; cela ne change d'ailleurs rien à la question qui nous occupe.

Il pourrait encore y avoir dans la culture une autre catégorie de corps : nous avons vu que les bactéries ne restaient pas passives vis-à-vis de Taction du Bactériophage; il est fort possible, quoiqu'encore non démontré, que cette défense s'accompagne d'une production d'une anti-diastase, d'une antilysine, qui se trouverait également dans le milieu de culture. Je ne signale le fait que pour mémoire, quoique certaines expériences semblent indiquer qu'il y a réellement production d'une antilysine par la bactérie.

Nous prendrons comme exemple d'un sérum antibactériophage, le sérum antibactériopliage-SiuGA, particulièrement intéressant à cause de Tcndotoxine puissante du bacille dysentérique.

Injectons à un lapin quatre doses d'une culture de Bactériophage antidysentérique (i), c'est-à-dire d'une culture lysée de bacilles dysentériques de Shfga, respectivement de 2, 4? 6 et 8 cm^, avec un intervalle de six jours entre chaque injection ; saignée quinze jours après la dernière. Le sérum de ce lapin doit, suivant les théories actuelles, contenir les anticorps suivants :

X. Anticorps vis-à-vis des bactéries : sensibilisatrice et agglutinine.

B. Anticorps vis-à-vis de la toxine bactérienne : antitoxine.

C. Anticorps vis-à-vis des ultramicrobes bactériophages : sensibilisatrice et agglutinine.

D. Anticorps vis-à-vis de la diastase ly tique du Bactériophage : antilysine.

Voyons si les anticorps contenus dans le sérum répondent à ce^ qu'exige la théorie.

(i) Comme nous le verrons à propos du Barbone du Buffle, le sérum d'un animal ayant reçu une unique et minime injection de culture du Bactériophage ne présente pas la propriété d'ôtre antibactériophage ou, tout au moins si elle existe, elle n'est pas décelable.

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