HT
Hémolyse totale
Hémolyse totale
Hémolyse totale
Pas d'hémolyse
On remarquera (Exp. VI) que Tantigène fixe légèrement le complément en présence de sérum normal de lapin : rien d'étrange à cela, le Bactériophage étant un hôte normal de l'intestin .
Le sérum antibactériophage contient donc une sensibilisatrice spécifique pour le Bactériophage, quelle que soit la souche, quelle que soit l'espèce bactérienne attaquée, quel que soit Tanimal dont il provienne : le Bactériophage est un.
ANTICORPS VIS-A-VIS DE LA LYSINE (i)
Nous avons déjà vu qu'il est possible d'obtenir la lysine sans mélange d'ultramicrobes vivants, en précipitant par l'alcool une culture du Bactériophage.
La culture du Bactériophage s'effectue à l'intérieur même de la
(i) Je répète que j'entends par lysine, l'ensemble des sécrétions du Bactériophage, sans préjuger s'il s'agit d'une diastase lytique unique ou d'un ensemble de diastases, ce qui est plus probable.
LE SÉHUM ANTIBAGTÉRIOPHAGE I I 3
bactérie ; rultramicrobe ne peut opérer sa pénétration qu'en corrodant la paroi de la bactérie pour se frayer un passage et ne peut évidemment le faire que grâce à une lysine. Si le sérum antibactériophage contient une antilysine, il est évident que la pénétration sera retardée ou même empêchée du fait de la présence de ce sérum neutralisant dans le milieu qui baigne les bactéries, et ce retard ou cet empêchement, suivant la quantité de sérum, se traduira par un retard ou un empêchement dans la lyse des bactéries dans Tintérieur desquelles les ultramicrobes ne pourront plus pénétrer. Le sérum antibat^tériophage assurera, en un mot, la protection des bactéries, sans pour cela exercer aucune action sur la vitalité des ultramicrobes. C'est effectivement ce qu'on observe.
Le sérum antibactériophage qui a servi à ces recherches était doué d'un pouvoir inhibant considérable : un cent millième de centimètre cube ajouté à lo cm^ d'une émulsion de bacilles dysentériques, soit un millionième en volume, retardait déjà notablement la lyse ; avec un millième elle était empêchée. Le fait pourrait évidemment s'interpréter par une destruction pure et simple du Bactériophage, ce qui serait assez étrange, vu qu'aucun sérum anti n^a jamais détruit in vitro un microbe, même en présence d'alexine. Je sais que cette affirmation est contraire à l'opinion unanime touchant l'action bactériolytique des sérums anti, j'en montrerai pourtant le bien-fondé au moyen d'une expérience ne laissant place à aucun doute, dans la seconde partie de cet Ouvrage.
En ce qui concerne l'action du sérum antibactériophage sur la lyse, l'expérience suivante montre que le Bactériophage n'est pas détruit, son action seule est inhibée.
Exp. — Faisons un mélange à parties égales de sérum antibactériophage- Shiga et de culture de Bactériophage anti-SniGA, laissons cinq jours en contact. Nous nous plaçons donc dans des conditions telles que si le sérum exerce une action destructive sur les ultramicrobes, celte action ne peut manquer de se produire. Après ces cinq jours de contact, trois tubes contenant chacun lo cm^ de bouillon stérile sont ensemencés avec une goutte d'une culture en bouillon de bacilles de Shiga ; nous ajoutons au premier de ces tubes une goutte du mélange bactériophage-sérum anti, le second tube reçoit une goutte du premier tube après agitation^ le troisième une goutte du second. Nous avons donc une série de trois tubes, ensemencés avec du Shiga, contenant une dilution de plus en plus étendue du mélange sérum-bactériophage. Après 24 h. de séjour à 370, on obtient une culture normale de Shiga dans les trois tubes; les ensemencements de ces cultures sur gélose donnent également des cultures normales. Jusqui'ci le principe lytique semble bien détruit.
Il4 !<£ BACTÉRIOPHAOE
Poursaivoo8 l'expérience : remettODs les trois tubes à Tétave. 24 h. plus tard, la lyse commence dans le premier de ces tubes, un ensemencemeni sur gélose reste stérile. Les deux derniers tubes, par contre, renferment encore une culture normale de bacille de Shiga. Replaçons encore les tubes à Tétuve.
24 h. après, c'est-à-dire trois jours après le début de l'expérience, la lyse se manifeste à son tour dans tes deux derniers tubes; tous les réensemencements sur gélose restent stériles.
Le Bactériophage n^esl donc nullement détruit sous l'action du sérum antibactériophage, son pouvoir était simplement inhibé d'une manière passagère.
L'expérience montre de plus qu'il s'agit d'une véritable action inhibitive, portant sur la totalité des ultramicrobes bactériophages, qu'en d'autres termes, la lyse tardive n'est pas provoquée par la reviviscence de certains ultramicrobes particulièrement résistants, puisque la lyse se produit même dans le dernier tube qui n'a reçu, par suite des dilutions successives, qu'une quantité infime d'ultramicrobes.
La présence dans le sérum antibactériophage d'une anti-lysine va nous permettre d'obtenir un renseignement au sujet de la nature de la virulence de l'ultramicrobe.
Ëxp. — Dans une émulsion de bactéries de la septicémie du buffle, introduisons une goutte d'une culture du Bactériophage actif pour cette bactérie, puis 10 gouttes du sérum antibactériophage-SmcA, c'est-à-dire d'une quantité de sérum empêchant totalement la lyse dans une émulsion de bacilles de Shiga. D'autre part faisons un témoin sans sérum. La lyse s'opère normalement et parallèlement dans les deux tubes, donc le sérum anti n'exerce ici aucune action inhibitive.
L'action inhibitive ne s'exerce que vis-à-vis de la souche de Bactériophage qui a servi à préparer l'animal qui a fourni le sérum anti (i). D'un autre côté nous savons que toutes les souches du Bactériophage ne diffèrent entre elles que par la virulence, dirigée vers telle ou telle bactérie, et acquise par accoutumance. Il s'en suit que la lysine sécrétée par le Bactériophage n'est pas la même pour les diverses bactéries, puisque l'antilysine ne neutralise que la lysine de la souche qui a servi à la préparation de l'animal qui a fourni le sérum. Chaque espèce bactérienne nécessite donc pour être lysée la
(i) Il est évident que si l'on faisait agir le sérum antibactériophage-SaiGA sur un bacille voisin, sur lequel le bactériophage aurait une certaine activité, on pourrait observer une action inhibitive plus ou moins marquée.
LE SÉRUM A.NT1BÀGTÉRI0PHA.GE Il5
mise en œuvre d'une lysine spécifique : la virulence vis-à-vis d'une bactérie donnée est, en dernière analyse, le pouvoir possédé par le Bactériophage de sécréter une lysine spécifique pour cette bactérie. Les espèces bactériennes sont réparties par groupes, dans chaque groupe les diverses espèces qui le composent présentent entre elles des caractères communs, par exemple, nous avons le groupe coli^ \
le groupe typhique (typhique et paratyphiques), le groupe dysentérique (bacilles de Shiga, de Hiss, deFLEXNER, etc.), ces trois groupes eux-mêmes sont assez proches les uns des autres ; nous avons d'autre part le groupe des pasteurella (bactéries des diverses septicémies hémorrhagiques : choléra des poules, barbone, etc.), le groupe Staphylocoque, etc. Chaque espèce bactérienne nécessite pour être attaquée la sécrétion d'une lysine spécifique : la différence entre chaque lysine spécifique sera peu marquée en passant d'une espèce bactérienne à une autre dans le même groupe ou dans un groupe voisin, le Bactériophage s'accoutumera rapidement; une souche quelconque du Bactériophage est en effet généralement active pour toutes les bactéries des groupes les plus voisins. Par contre l'accoutumance sera bien plus difficilement acquise pour passer d'une bactérie d'un groupe à une bactérie appartenant à un groupe éloigné.
D'un autre côté le Bactériophage parasite normalement les bactéries intestinales qui constituent son milieu de culture habituel : il gardera donc longtemps la faculté héréditaire d'attaquer les bacilles du groupe coli-typhique-dysentérique, même s'il se développe pendant de nombreuses générations aux dépens d'une autre espèce bactérienne.