CHO»X DES MALADIES D ÉTUDE
Au point de vue de Timmunité, l'étude des maladies humaines' offre un inconvénient : Thomme est intangible pour Texpérimentateur, la simple observation est seule permise ; d'un autre côté Tétude d'une maladie humaine, la typhoïde ou le choléra, par exemple, chez ranimai réfractaire, et ils le sont tous, ne peut conduire qu'à des résultats illusoires. L'étude de la maladie animale permet au contraire toutes les expériences de vérification sur Tanimal naturellement sensible lui-même, là, Terreur n'est plus possible. Seulement cette méthode de travail est beaucoup plus compliquée : la maladie ne vient pas à vous, il faut aller à elle.
L'étude de la typhoïde et de la dysenterie nous permettra de montrer par l'observation le rôle du Bactériophage au cours de la maladie, nous retrouverons les mêmes phénomènes au cours des maladies animales et nous pourrons, avec ces dernières, tenter toutes les expériences de vérification qui confirmeront ce que la simple observation nous aura montré.
Pour se rendre compte de Tinfluence du Bactériophage sur l'état morbide, une méthode qui consisterait à rechercher au hasard Tac-^ tivité du Bactériophage dans un échantillon de matières prélevées à
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un moment quelconque ne pourrait conduire à aucun résultat ; il faut prendre le malade à un moment aussi proche que possible du début de la maladie et pratiquer chaque jour, jusqu'à guérison complète, Texamen des déjections. Les résultats journaliers sont ensuite traduits en une courbe qui est superposée à celle qui exprime l'état général : nombre de selles pour la dysenterie, température pour la typhoïde. La comparaison de ces deux courbes permet de tirer une conclusion. Cette manière d'opérer nécessite un travail considérable, on doit pourtant s'y soumettre, car c'est la seule qui autorise une conclusion.
Nous avons vu au cours des précédents chapitres que la virulence d'une souche du Bactériophage était bien rarement limitée à une seule espèce bactérienne, mais s'exerçait en général, avec une intensité variable, sur plusieurs espèces appartenant au même groupe ou à des groupes voisins.
Il aurait été pratiquement impossible, vu la longueur des opérations, de rechercher la totalité des bactéries attaquables par un Bactériophage isolé à un moment donné des déjections d'un patient ; je me suis donc limité à rechercher systématiquement dans chaque cas la virulence du Bactériophage vis-à-vis de la bactérie pathogène en cause, et cela sur une souche type de cette bactérie entretenue depuis longtemps au laboratoire, et sur la souche provenant du patient lui-même, ainsi que vis-à-vis de B, coll. Eventuellement j'ai étendu la recherche aux bactéries appartenant au même groupe ou à des groupes voisins.
Nous savons que la virulence de diverses souches du Bactériophage vis-à-vis d'une bactérie donnée est loin d'être constante, elle varie suivant une gamme qui va de zéro à une activité telle qu'il suffit d'ajouter quelques germes à une émulsion chargée de cette bactérie pour obtenir en 3 ou 4 h. une lyse totale et permanente : toutes les bactéries étant alors détruites. Entre ces deux limites, virulence nulle et virulence extrême, tous les intermédiaires sont possibles. Une virulence faible, nous l'avons vu, est susceptible d'être exaltée in vitro, mais, en ce qui concerne l'étude de l'immunité, ce qui nous intéresse c'est la virulence présentée par le Bactériophage dans l'organisme au moment même de l'observation, soit la virulence actuelle du Bactériophage contenu dans le filtrat directement obtenu avec les déjections, à un moment donné de la maladie.
Comme nous l'avons vu également, l'aspect des iîultures du Bactériophage, en bouillon et sur gélose, nous permet d'apprécier sa