CHOIX DES MALADIES D ETUDES I
virulence vis-à-vis de la bactérie en expérience. Pour faciliter les explications nous adopterons une échelle de virulence fixée comme suit :
0, virulence nulle vis-à-vis d'une bactérie donnée, soit cultures normales de la bactérie en bouillon et sur gélose, quelle que soit la quantité de filtrat de déjections qu on y ajoute ;
-f-, virulence faible : culture en bouillon de la bactérie à laquelle on a ajouté le filtrat, paraissant normale ; l'étalement de cette culture sur gélose, après incubation, donne une culture en nappe parsemée de quelques plages ; quelques germes bactériophages virulents ont donc attaqué des bactéries et formé des colonies ;
, virulence moyenne : culture de la bactérie à laquelle a été
ajouté le filtrat, à peu près normale en bouillon; l'étalement de cette culture sur gélose après incubation, donne, soit une culture en nappe de la bactérie parsemée de très nombreuses colonies de Bactériophage, soit des fragments de culture bactérienne à cause du très grand nombre de colonies du Bactériophage ;
-| — I — \- , virulence forte : on obtient la lyse de l'émulsion bactérienne en bouillon mais avec culture secondaire constante. Les réensemencements sur gélose restent stériles ou ne donnent que de rares colonies de la bactérie ;
+H — I — h 5 virulence extrême : lyse totale et en général permanente en bouillon ; réensemencements sur gélose toujours stériles.
On pourrait évidemment établir une échelle de virulence plus serrée (c'est d'ailleurs ce qui a été fait pour les courbes qui seront données où l'intervalle entre la virulence nulle et la virulence extrême a été partagé en dix échelons, toujours suivant l'aspect des cultures, le nombre plus ou moins grand de colonies du Bactériophage, et l'étendue de la plage qui est en rapport avec la virulence), pratiquement l'appréciation est suffisante avec quatre échelons, étant surtout donné le fait de l'extrême variabilité de la virulence du Bactériophage dans l'organisme d'un même individu d'un moment à un autre.
L'expression : Shiga -| — | — | — f-, Hiss +? Flexner o, Typhique -| — [-, Para A o. Para B o, Coli -j — | — f-, signifiera donc que le Bactériophage contenu dans le filtrat obtenu avec les déjections d'un individu présente une virulence extrême vis-à-vis du bacille dysentérique de Shiga, une virulence faible vis-à-vis du bacille dysentérique de Hiss, une virulence moyenne vis-à-vis du bacille typhique et une virulence forte vis-à-vis du Colibacille, aucune
l3o LE BACTÉRIOPHAGE
action sur le bacille dysentérique de Flexner ni sur les paratyphiques A et B.
DYSENTERIE BACILLAIRE
Mieux que toutes les explications les courbes ci-jointes montrent les relations qui existent entre Tétat du patient et la virulence du Bactériophage intestinal vis-à-vis de la bactérie pathogène. Le tracé supérieur donne le nombre de selles par 24 h., trait simple pour les selles non sanglantes, trait double pour les selles muqueuses et sanglantes.
Les cinq cas donnés comme exemple ont été traités à l'hôpital Pasteur, j'ai donc pu les suivre avec toute l'attention nécessaire et obtenir des prélèvements aussi répétés que les recherches l'exigeaient : au moins un, souvent plusieurs, au cours de chaque journée (i). J'ai choisi pour ces exemples des cas de gravité diverse; dans tous, j'ai isolé des selles le bacille de Shiga au début de la maladie.
I. Germaine Mel., 16 ans (fig. 1). Dysenterie très légère. Pensionnaire dans une institution où se trouvaient une trentaine de jeunes filles. Du 12 au 22 juillet une vingtaine de ces pensionnaires présentent des troubles intestinaux à début brusque, se traduisant par une diarrhée abondante, avec amendement rapide des symptômes ; un ou deux jours après le début tout était rentré dans Tordre. Dans deux cas seulement une ou deux selles contenaient dos traces de sang. Dans le but d'établir le diagnostic, la directrice fut priée d'envoyer une malade à l'hôpital, dès le premier symptôme.
Germaine Mel. entre à l'hôpital le 18 juillet. De la première selle émise à l'arrivée je pus à grand'peine isoler un bacille présentant les caractères biochimiques du bacille de Shiga, mais inagglutinable ; ce ne fut qu'après trois passages sur gélose que l'agglutination put être obtenue (i pourSoo).
Comme on le voit sur le tracé, les selles séreuses, de 17 le pre-
(1) Je liens à remercier les sœurs, infirmières à l'hôpital Pasteur qui, avec une complaisance inlassable^ ont effectué les nombreux prélèvements qui m'ont permis de suivre l'état des malades.
DYSENTERIE BACILLAIRE
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