‹ Le bactériophage; son rôle dans l'immunitéChapitre 74 sur 78 · co/i · texte numérisé non relu

co/i

Bacill Shiga

e dysenlé Flrxner

rique Hiss

• Typhique

Bacille Para A.

Para B.

Bac t.

barbone

gaUinaram

lO

ai

aa

6 et 7, bœufs vivant en France dans une région indemne de maladies épizootiques ;

8 et 9, taurillons vivant en Cochinchine dans des régions indemnes d'épizooties (42 autres examens comparables) ;

10 et 1 1, buffles vivant dans des régions indemnes de barbe ne (i4 autres examens comparables) ;

12 et 1 3, buffles sains vivant dans des régions où sévissait le barbone (24 autres examens comparables) ;

i4 et i5 (à titre de comparaison), buffles malade (i4) ou mort (iS) de barbone ; huit autres examens ont été eff*ectués,.cinq étaient comparables à ceux qui sont donnés comme exemples, dans trois je n'ai pu constater la présence du Bactériophage ; s'il existait il était inactif vis-à-vis des huit bactéries test ;

16 et 17, cochons vivant en Cochinchine dans une région où sévissait le barbone;

18 et 19, cochons vivant à Paris ;

20 et 2 1 , cochons vivant en France dans une ferme infectée de typhose aviaire (4 autres examens comparables) ;

22 et 23, lapins vivant en cage à Tlnstitut Pasteur (4 autres examens comparables) ;

24 et 25, chèvres vivant à Paris.

En somme, chez tous les animaux sain§ examinés, j'ai constaté la présence du Bactériophage doué de virulence vis-à-vis de Tune ou de l'autre des bactéries intestinales prises comme test.

Ces examens montrent qu'en milieu épizootique le Bactériophage intestinal des animaux réfractaires est généralement doué de virulence pour la bactérie cause de l'épizootie, par contre le fait ne se produit jamais en dehors des foyers.

L'activité de l'ultramicrobe bactériophage vis-à-vis d'une bactérie donnée ne peut s'expliquer que par suite -d'une culture aux dépens de cette bactérie. Les recherches de la virulence de Tultramicrobe chez les animaux séjournant en milieu épizootique ou en milieu indemne, vis-à-vis de la bactérie agent de l'épizootie considérée, sont entre autres preuves, concluantes à cet égard ; les expériences in vitro sont d'accord avec les observations faites sur les animaux^ Tous les faits concordent pour montrer que dans l'organisme l'ultramicrobe bactériophage cesse d'être actif vis-à-vis d'une bactérie peu de jours après la destruction de cette bactérie. Chez les ani-

l86 LE BACnbUQPHAGE

maux, ringestion de bacilles typhiques, paratyphiques, et surtout dysentériques doit être extrêmement fréquente puisque chez ces animaux le Bactériopbage intestinal est, à part de rares intermittences, doué de virulence pour Tune ou Fautre de ces bactéries.

De l'ensemble des résultats il semble se dégager qu'il se produit chez le Bactériopbage des « covirulences » ou « virulences accessoires » s'étendant sur les bacilles appartenant au même groupe que le bacille envahisseur : par exemple le Bactériopbage exaltant sa virulence pour le Bacille dysentérique de Shiga doit être à même d'attaquer, quoiqu'à un degré moindre, le Bacille de Flexner ou le Bacille de Hiss ou les deux à la fois. On s'expliquerait difficilement d'une autre manière que la virulence apparaisse simultanément pour plusieurs bacilles du même groupe. Ces covirulences s'étendent généralement sur des espèces bacillaires qui présentent entre elles le phénomène de coagglutination.

Chez l'Homme également, bien moins exposé à la contagion par suite de son mode de vie, l'activité de Tultramicrobe bactériophage pour les bacilles typhique, paratyphiques et dysentériques est très fréquente : chaque fois qu'elle se produit, ce ne peut être que l'indication d'un début d'infection qui passe généralement inaperçu : le Bactériopbage, par suite d'une adaptation rapide, détruit les germes envahisseurs avant toute multiplication (i).

L'ultramicrobe bactériopbage est un hôte normal de l'intestin de tous les animaux : d'autre part nous avons vu qu'il jouit d'une très grande vitalité ; grâce à son exiguïté, il peut certainement filtrer à travers des terrains qui arrêtent les bactéries. Tout montre qu'il doit être extrêmement répandu dans le milieu extérieur : tout ce qiii est susceptible d'être contaminé à un moment donné par des déjections d'un animal quelconque, doit le contenir : il doit exister partout ou il y a des êtres vivants : dans le sol, les cours d'eau et l'Océan (2).

(i) Il semble que, même chez les animaux réputés réfractaîres, il se produise parfois ud retard dans raccoutumance du Bactériopbage: on a signalé, par exemple, des cas de dysenterie à bacille de Shiga chez le Cheval, dans les pays tropicaux.

(2) Dumas Ta isolé d*un échantillon de terre et dans Peau de conduite de la ville de Paris.

La constatation de la présence du Bactériopbage dans certaines eaux pourrait parfois offrir un certain intérêt, quant à l'origine de ces eaux.

Page 1