Laroche-Flavin, p. 283 et suiv. . 319 et G
o. Encyclopédie, au mot : Grand1 Chambre.
G. Dans l'ordonnance que Philippe de Valois rendit contre les usuriers, le 21 janvier 1830 (Ord., t. II, p. 59-60), il dit :
« Laquelle ordonnance, faicte et publiée en « noslre palais , à Paris, là où toutes manières « de gens et de toutes les parties du monde « viennent, les uns pour apprendre et demander
tenir la justice des plaids de la porte. Louis X, nommé le Hutin, fils de Philippe le Bel (1314-1316), l'abandonna complètement à cet usage, auquel il sert encore. Il a une très-vaste antichambre nommée aussi la grand'salle ; elle servait autrefois aux grandes solennités, lorsque les rois y demeuraient. C'est là que les
« droit, les autres pour veoir Testât de gou- « verner justice , dont plusieurs diverses par- « ties du royaume ne demeurent guair es, sans se « traisner devant notre conseil, etc. »
Par un écrit de janvier 1358 (Ord. , t. III, p. 310), le roi Jean II confirme au concierge du Palais, alors (nostre ami et féal escuyer Philippe de Savoisy) , tous les privilèges et franchises dont lui et ses prédécesseurs jouissaient ou avaient joui. L'art. 1er lui donne moyenne et basse justice audit palais et dedans le pourprés et appartement d'iceluy palais. Lui ou son lieutenant devait (art. 2) juger, sans distinction de rang des coupables, tous les crimes et délits commis en dedans de l'enceinte et des dépendances du palais. Il avait aussi (ib. art.) l'inspection sur toutes les boutiques établies dans le palais et dans les galeries du palais, et il connaissait de tous les contrats , ventes , etc., conclus dans le palais et dans la circonscription. Nul autre que lui ne pouvait là-dessus juger ou
envoyés étrangers étaient reçus et que l'on fêtait les noces des enfants de France. Actuellement les avocats ont l'habitude de se promener dans cette salle des Pas- Perdus, et de conférer entre eux ou avec les parties. De cette grande salle, on arrive dans la grand'chambre bâtie par saint Louis ; elle a reçu de Louis XII la
exercer une compétence temporelle, excepté les gens des comptes de monseigneur et les nôtres (de Charles V, fils du roi régent, et du duc de Normandie) , de Parlement et des requestes de Palais, ou aucuns commissaires députez par eux, ou aucuns d'eux et aussi exceptés les maistres de l'hostel de mondit seigneur et les nostres, tant que mondit seigneur et nous serons audit palais. Ainsi, il paraît que le roi demeurait alors quelquefois dans le Palais de Justice. L'écrit même est cependant daté du Louvre (Faict et donné au Louvre lès Paris). Il y a, après Part. 10 : « Nous considérons ledit palais « royal estre et avoir esté le principal hostel de « nostre très-cher seigneur et père, et des roys de « France, ses prédécesseurs et les nostres, etc. » La place de concierge du Palais subsista jusqu'à la Révolution ; il était nommé bailli du Palais ; sa compétence s'étendait ainsi seulement à la circonscription du Palais de Justice. (V. Encyclopédie, art. : Concierge du Palais.)
forme et l'aspect actuels ; saint Louis y donna des audiences publiques. La salle où, plus tard, la section criminelle du Parlement tint ses séances (la Tournelle), était la chambre à coucher de saint Louis, où il coucha le jour de son mariage. Par un terrible revirement du destin, la Grand'- Ghambre, d'où les oracles de la sagesse judiciaire se répandaient par la France, devait plus tard servir de salle d'audience au Tribunal révolutionnaire. Elle fut plus tard rendue à son ancienne destination, car elle fut employée aux séances de la Cour de Cassation. Par le décret de l'Assemblée constituante du 13 mars 1791, la grand'chambre du Parlement fut cédée à la Gour de Cassation, qui y fut installée le 20 avril de la même année. (Desenne, t, III, p. 126.) Plus tard, le Tribunal révolutionnaire y tint ses séances, mais le décret du 6 messidor an III la rendit à la Cour de Cassation.
Au-dessus de la Grand'Chambre, se trouvaient les Archives où étaient conservés les chartes et les registres. Sous les voûtes du Palais de Justice sont les prisons de la Conciergerie, où sont gardés les accusés
de crimes justiciables de la Cour d'Assises (1). La reine Marie-Antoinette fut
î. Dans récrit de Jean II, qui a été cité cidevant, on trouve à l'art. 2 : « Et a et doit (le « concierge du Palais) avoir prisons et ceps au « dit Palais, pour y mettre et tenir les malfai- « teurs qui se mefïbnt ès lieux dessus dits. »
Quand le Roi se rendait au Palais de Justice, on remettait à ses officiers les clefs de la Conciergerie ; les postes étaient relevés par les troupes royales.
Lajuridiction du concierge du Palais s'exerçait sur une vaste étendue.
Voici comment s'exprime la déclaration octroyée au sire de Savoisy :
«Le dit concierge, à cause de ladite conciergerie, a, prend , peult et doibt prendre , exercer et percevoir, seul et pour le tout , pour lui et ses officiers audicl Palais et dedans le pourpriz et appartenances d'iceluy Palais, tout ainsi comme il se comporte et estend de toutes parts, jusqu'à la rivière de Seine d'un costé et d'autre, et pardevant, depuis le missel ou goulet qui est au bout du Grand Pont : ainsy, comme ledict Palais se comporte du costé d'iceluy tout en hostels, comme en avens et au dessoulz d'iceux . jusques à la rivière pardevant Saint-Michel et aussi en retournant en la rue de la Calende, et ès hostels d'icclle rue , aussi comme elle se comporte, jusques à la ruelle que l'on dit Orberie, et descendant par icelle, pardessus ladietc
détenue dans cette prison, d'où elle ne sortit (le 16 octobre 1793) que pour monter sur l'échafaud. Après le retour de la famille des Bourbons, la chambre de cette reine a été convertie en Chapelle expiatoire.
Dans la Cité, on trouvait : la rue de la Galendre , de la Barillerie (plan de Lacaille, 1714), la rue Sainte-Anne, devenue rue Boileau (décret du 9 avril 1851),
rivière, tout comme il y a terre seiche tout autour dudict Palais, ainsi comme il se comporte du costé des Augustins et d'autre part, vers le Ghastelet de Paris , jusques au Grand Pont et goulet haut et bas, toute justice , juridiction et seigneurie moyenne et basse, en tout cas, et excepté l'exécution des cas criminels, pour lesquels il conviendra de faire exécutions corporelles, auquel cas ledict concierge ou les gens gardant et exerçant sa justice sont tenus de rendre le malfaiteur tout jugé, s'il est lay, au prévôt de Paris, dehors la porte dudict Palais, sur la chaussée, pour en faire exécution,, en retenant les meubles du malfaiteur, si aucuns en sont trouvés sur lui : et s'il est clerc ou prêtre, le rendre à l'official de Paris ou autres , ses juges ordinaires chargés de ses meffaits (*). »
* M. George Guifîrey, l'Ancien Palais de Justice, la Conciergerie.
— iî —
la court et place de dedans le Palais, la rue du Quay de l'Isle du Palais, quai des Orfèvres regardant vers les Augustins situés sur le quai opposé, la rue du Harlay, la place Dauphine, la rue du Quay de l'Isle du Palais, du côté de la Mégisserie, aujourd'hui quai de l'Horloge, de la Huchette (1)"
La Tour de l'Horloge a été récemment restaurée par MM. Duc et Pommey, architectes du Palais.
Le premier président du Parlement habitait, au fond de la rue de Jérusalem, un hôtel, qui avait autrefois servi de demeure au bailli du Palais (2).
Le monument, élevé dans la salle des Pas-Perdus à la mémoire du vertueux Maleshcrbes (3), a été seul]) té par Bosio et Cortot. — Le roi Louis XVIII voulut
1. Estât, noms et nombre de toutes les rues de Paris, en 1G3G, par Alfred Franklin. (Paris, 1873, Willem, éditeur.)
2. Itinéraire archcol ogique de Paris, par M. de Guilhermy. (Paris, Bauce, 1855.)
3. Ce monument a été défendu contre l'émeute, en 1830, par l'énergique attitude du jeune avocat Hortensius Saint-Albin, depuis devenu conseiller et doyen de la Cour de Paris.
acquitter une dette de reconnaissance envers l'ami, le conseiller et le défenseur de Louis XVI, en composant lui-même l'inscription latine inscrite sur le soubassement du monument.
Une inscription gothique constatait qu'un des bâtimens de la Cour des Comptes avait été construit, en 1486, par les maîtres correcteurs des comptes, Pierre Jouvelin, Nicolas Viole. Nous la reproduisons ici :
L'an Mil CCCC IIIIXX et VI Par Mess™ du Grant Bureau
Fut ordonné de cens rassis Faire ce corps d'ostel nouveau
Qui fut divisé ainsi beau Par les correcteîtrs de céans Lesquels y plantèrent leur sceau Comme gens en ce lieu séans.
L'un d'eux fut nommé Maistre Pierre
Et l'antre ot nom Maistre Nicole, Leurs surnoms, qui eu venlt en querre, C'estoit : Jouvelin et Viole; Ils firent si Ion contrôle Prenant garde sur les ouvriers, Que tout fût fait, lien m'en r école, En moins d'un an et demi entiers
Dans la première chambre de la Cour d'Appel de Paris, se trouve un bon tableau, dû au pinceau de Jean Van Eyck de Bruges. Au centre, le Christ est sur la Croix; à sa droite, la sainte Vierge, soutenue par deux femmes, puis saint Jean- Baptiste et saint Louis; à gauche, saint Jean l'Évangéliste , saint Denis , saint Charlemagne; au-dessus, le Saint-Esprit et le Père Éternel, entouré d'Anges. Dans le fond, plusieurs groupes de personnages, la ville de Jérusalem, la tour de Nesle, le Louvre flanqué de son donjon et les bâtiments du Palais de Justice (1).
La Grand' Chambre (2), ou Chambre des plaids, est une des constructions de saint Louis dans le Palais. Elle fut nommée Chambre Dorée depuis que Louis XII la fit réparer : les voûtes en étaient en bois, ainsi que les piliers : entre les espaces s'élevaient les statues des Rois de France.
1. De Guilhermy, Itinéraire archéologique de Paris. (Bauce, éditeur, 18uî3.)
2. M. de Marnas, avocat général près la Cour de cassation : Discours de rentrée, prononcé le 3 novembre 1857.
Le Tribunal révolutionnaire y tint ses séances. Détruite par un incendie (1618), cette salle, reconstruite alors par Desbrosses, fut réparée, en 1817, par Saint- Louis de Peyre. [Saint-Victor, t. I, p. 75 et suiv.)
Le principal corps de logis du Palais (1) de Justice et la tour qui est au-devant furent bâtis après l'incendie du Palais de Justice (1776). La direction des bâtiments fut confiée aux architectes Moreau, Desmaisons, Couture et Antoine (2). (Saint- Victor, t. I, p. 75.)
Au Palais de Justice était la Chambre des seigneurs des Comptes, des Trésoriers, des Receveurs, du Concierge et autres officiers du Bailliage du Palais. La Chambre des Comptes était installée au-dessus du bâtiment du Parlement, qui avait vue sur la Sainte-Chapelle et le jardin du Bailliage du Palais. (Voir l'ordonnance de
1. Bibliothèque nationale de Paris. (Département des manuscrits, S. F. 5097- 4310 - 4312.)