DERVILLE, PHILIPPE
PHILIPPE
AU \ monsieur , quelle nouvelle !
Eli Lien ! qu'est-ce que tu as donc?
PHILIPPE
JSi vous saviez qui je viens de rencontrer... vous ne pourrez jamais le deviner.
DERVILLE
Raison de plus pour que lu me le dises tout de suite.
PHILIPPE
.Te Aiens de voir un superbe landau , dans lequel étaient Mad. la baronne de Vervelles et sa nièce.
DERVILLE
Jeany!.. Jenny dans ces lieux! et quel motif peut Turaeuer?
PHILIPPE
C'est ce que je me suis demandé... mais le plus étonnant, c'est que ces dames, en m'apercevant, ont fait un geste de joie et de surprise... Philippe, m'a dit la tante, est-ce que ton maître, le colonel Derville, serait ici? Oui madame la baronne, ai-je répondu en m'inclinant... Ah ! quel bonheur ! annonce-lui notre arrivée ; ou plutôt non, ne lui dis rien, nous allons le surprendre , et c'est nous qui irons lui faire visite.
DERVILLE
Ou est-ce que tu m'apprends-là?..." Jenny qui ne voulait
plus me revoir!., la baronne qui avait rompu mon maria^el.. Aii ca, voyons . e^-tu bien sûr?
Tenez, monsieur... voici ces dames, qui vous l'attesteront mieux que moi.
«f'KlVF Vï-
O^-EJil^fiJ lit
Les Prcccdens, STad. DE VERVELLES, JENNT.
derville, h part, les regardant.
T a raison ce sont bien elles... j'ai peine à contenir
ma joie.
M ad. DE VERVELLES.
Allons, ma nièce, avançons.
DERVILLE
En croirai-jc mes yeux?., (à Alad. de Vervelles) C'est vous que je revois ! c'est vous madame, dont la présence vient consoler le cœur d'un malheureux exilé...
jeteur y.
Certainement, monsieur, ce n'est pas moi...
Mad. DE VERVELLES.
Taisez-vous, ma nièce, et laissez-moi parler... colonel, nous étions loin de vous soupçonner en ces lieux; car nous y venions tout uniment pour renouveler le bail de plusieurs de nos fermiers; mais je pense qu'on ne peut jamais trop tôt réparer ses torts , et je viens vous faire mes excuses.
DERVILLE
À moi!...
Jehay.
Je ris de son étonnement.
Mad. DE VERVELLES.
Oui, colonel... la sublime action que vous avez faîte, m'a touchée de tendresse et d'admiration.
DERVILLE
Qu'est-ce qu'elle dît donc?
Mad. DE VERVEELTS.
Et je ne me pardonnerai jamais d'avoir pu vous accuser , dans le moment môme où vous nous donniez un si bel exemple de grandeur d'âme et de chasteté.
derville, à part.
Àii ça!... il y a quelque quiproquo! {haut) Je vous avoue, madame, qiio de pareils éloges...
JEJNJVY.
Eh! oui, ma faute, vous voyez bien que vous embarrassez monsieur... vous le faites rougir... et il vaut mieux ne pas lui parler de cette admirable action. derville, d'un air modeste.
Admirable... Admirable;., au bout du compte , qu'r.i-je fait? {bas à Philippe) car enfin , je ne serais p:is fâché de savoir...
PHILIPPE
Ni moi non plus... v'ià la curiosité qui me prend.
Mad. DE VERVELLES.
Allez, colonel , nous savons tout... celte petite Louise^ ma fermière, était venue souvent au château elle n'avait pu vous voir, sans prendre pour vous de tendres sentimens.
Vraiment !
Air du premier Pas.
Premier couplet.
(à part.)
Serait-ce moi ?
Àh ! grands dieux ! quand jyjpense, Si j'avais su. . . V
Mme DK VERVELLES.
Fidèle à votre foi , On vous a vu , modèle de constance, Sans intérêt protéger l'innocence.
derville , bas à Philippe.
Ce n'est pas moi. . . (bis)
Deuxième couplet.
Mme DE VERVELLES.
De ion hymen voulant hâter l'approche , De la doter vous vous fîtes la loi En lui donnant , bienfaiteur sans reproche , Trois mille francs tirés de votre poche. fiiRViLLK , bas à Philippe, mofirant son gousset. Ce n'est pas moi. (6
iG
PHILIPPE
Qu'est-ce que cela vous fait? .. laissez-la croire.
Mad. DE VERVELLES.
Au moment où je vous ai surpris, elle vous témoignait sa reconnaissance; et c'est moi qui ai mal interprété ce baiser paternel...
DERVILLE
Paternel !... c'est le mot... mais comment avez-vous pu savoir de pareils détails ? moi , d'abord je n'en avais parlé à personne.
i -- JENKY.
Je lecroisbien e*t pour cause.
Mad. DE VERVELLES.
Mais c'est Louise elle-même...
DERVILLE
Louise ?...
Mad. DE VERVELLES.
Oui, monsieur... c'est Louise qui, en présence de ma nièce ^ nous a raconté toute cette histoire.
derville , à Jennj,
Comment, madame ? il serait vrai! ...
jenny, froidement.
Oui , monsieur j il est vrai que Louise nous a dit tout cela.
Mad. DE VERVELLES.
Bien mieux... grâce à vos mille écus, elle a épousé votre protégé... elle est maintenant madame Bastien... et cette action vous a rendu tous vos droits.
DERVILLE
Il se pourrait ! ( embrassant Jenny ) Ah ira
chère Jenny !... ( puà , a Mad. de Vervelles.} Ah ma tante !
Mad. DE VEP.VELI.ES.
Air : Dans ce castel d:me de haut lignage. Que faites-vous ? quel transport vous anime P
DERVILLE
Ne puis-je pas , dans ce jour fortuné , Toutes les deux, vou6 embrasser sans crime 1 On m'accusait , et tout est pardonné !
Un doux espoir me ranime et m'égaye , Sur l'avenir me voilà rassuré.
(Regardant ta tante.) Car , malgré -moi, si le passé m'effraye ,
(Regardant Jcnny. )\ Par le présent mon cœur est enivré.
Il est donc vrai, ma chère tante? tous les nuages sont dissipés... vous consentez à mon bonheur.
Ma I. DE VERVELLES,
Eh! mais... quant à moi, je n'y vois point d'obstacles... Après une action comme la vôtre, moi, qui vous parle, je vous épouserais les yeux fermés.
derv ille , effrayé.
Ah Dieu!... {se reprenant ) C'est bien aussi ce que je ferais, madame... si j'en étais là.
Mad. DE VERVELLES.
Oui, mais ce n'est pas de moi, c'e.^t de ma nîè"e qu'il s'agit... elle n'est pas encore décidée... elle voudrait des preu\es encore plus grandes, s'il est possible; et puis le major Valbrun qui lui fait la cour , est aussi fort aimable... enfin, tâchez de la persuader*, je vous laisse a. ce elle... je vais au château, où mon homme d'affaires m'attend , pour terminer avec me-, fermiers.
DERVILLE
Adieu, ma chère tante... Philippe , suivez madame la baronne.
( Philippe et madame de Vervelles sortent. )