DERVILLE , JENNY
DERVILLE
L'ai-je bien entendu? Eh quoi! madame, cr? n'est plus Le Baiser au porteur. z
iS
votre tnnie , c'est vous seule qui vous opposez à noire mariage!... douteriez - vous encore de ma tendresse ?...
JENNÏ.
J'aurais grand tort en effet , après les preuves que vous m'en avez données, après le récit héroïque que nous venons H 'entendre , et dont je vous prie de me répéter certains détails.
DERVILLE
Non , n'en parlons plus, je vous en conjure ; nous voilà re::is : votre tante n'est plus la... je ne sais comment vous faire un aveu qui va renverser ma réputation ; mais je veux vous devoir à vous même... à mon amour, et non pas à un mensonge.
JEKxSV.
Que dites-vous ?
Qu'il faut que j'aie été protégé par le liazard le plus heureux et le plus étonnant... car, dans tout ce qu'on vient de vous raconter... il n'y a pas un mot de vrai. jenkt, a part , en riant.
Allons , du moins... il est honnête homme... {haut j affectant la surprise ) Comment ! monsieur,..
DERVILLE
Oui , madame ; il faut que j'aie, de par le monde ,, quelque cousin qui porte mon nom, et qui soit bon sujet... il aura voulu relever l'honneur delà famille j, par un trait expiatoire... mais je ne veux pas lui ravir une gloire qui lui appartient... ni prendre sur moi une responsabilité aussi grande ; car enfin , une réputation comme celle-là est trop difficile à soutenir.
JENNY
Quoi ! monsieuj...
DERVILLE
Pardonnez-moi ma franchise... je ne me suis jamais fait à vos yeux meilleur que je n'étais.-. Eh bien! oui... je l'avoue ; une femm jolie a toujours le don de me plaire... vous ne pouvez en douter, puisque je vous adore... Mais comment ai-je su que vous étiez la plus aimable des femmes? par la comparaison...! e n'est pas, d'après le système de votre tante , une admiration aveugle et exclusive... c'est
une tendresse motivée... et franchement, n'est-il pas ponr vousplus ilatteur d'être aimée par quelqu'un qui s' v connaî t ?
JENNT.
C'est-à-dire que je dois vous savoir gré , même de vos infidélités ?
DEUVILLE.
Non, ce n'est pas tout-à-fait cela que je prétends; mais, après l'a v eu que je vous ai fait , vous deve^ ajouter foi à mes discours : car il serait aussi trop injuste de ne croire qu'à ce qui m accuse. Eh bien ! j'ai pu être étourdi, extravagant.., jamais je ne fus infidèle; jamais, Jenny , je n'ai cessé de vous aimer ; et je vous promets le même amour , la même franchise... je commence dès aujourd'hui; car, vous le voyez-, je m'expose à vous perdre, plutôt que de vous tromper.
jenjvy , lui tendant la main.
Derville , vous êtes un aimable homme; et quels que soient vos tons, si vous en avez... je n'ai plus de mémoire... pour me les rappeler ; mais promettez moi que, dorénavant , pas la moindre étourderie , pas la moindre aventure... Ce que je crains le plus, c'est de fixer les regards; J^ £î| c'est de me trouver mêlée dans les propos, dans les dis- H cours du monde; et voilà ce qui m'a tant choquée dans cette ij* aventure de Louise, qui, du reste, n'était qu'une plaisanterie... mais, si pareille chose devait se renouveler... (S
DERVILLE
Je consens à perdre tous mes droits... je renonce à votre * main, si désormais je donne lieu au plus léger propos.,...; Je cours retrouver votre tante, et lui l'aire part de tout mon bonheur. ( // sort. ) 8» ">