PREMIER EUPATRIDE
Ce peuple! Cela sait hurler à pleine voix.
DEUXIÈME EUPATRIDE
Oh! laissons l'âne braire et tenons bien les brides!
DÉMOS, aux deux Eupairides Hé bien! On n'est pas fier ce soir, les Eupatrides!
PREMIER EUPATRIDE, se détournant Mon boucher!
{L' Archonte-roi à Démosihènes, auquel il a parlé tout bas Jusqu'alors)
C'est au nom de tout ce peuple, au nom D'Athènes rassemblée au pied du Parthénon, Pour acclamer en toi celui dont la Déesse Éclaira les conseils, inspira la sagesse. C'est au nom de la ville entière, que je viens T'apporter ce laurier! Tous tes concitoyens. Du vif amour de qui cet or est le symbole, Pour cet humble présent ont donné leur obole!
(// remet à Démosthènes une couronne de lauriers d'or)
LA FOULE
Péan! Gloire à lui! Gloire à jamais! Gloire à lui!
{Acclamations) Il va parler!
PREMIER EUPATRIDE, haussant les épaules A Khéronée il s'est enfui!
DEUXIÈME EUPATRIDE
Tiens! Lais est ici!
LAïs, à part Dieux! Ce corbeau qui passe!
S'il le voit!...
PREMIER EUPATRIDE, à Laïs
Que suis-tu du regard dans l'espace?
l'enfant, sur les bras de sa mère Maman! Vois l'oiseau noir posé sur ce fronton!
LAÏS, lui saisissant le bras Tais-toi! Tais-toi!
LA MÈRE, furieuse, à Laïs Parler à mon fils sur ce ton!
démosthènes Athéniens! Merci pour cet honneur suprême! Ce laurier, qui me vient de la Ville que j'aime Par-dessus tout, sera désormais mon trésor Le plus cher!...
DEUXIÈME EUPATRIDE, à son compagnon
Le plus cher... s'il est vraiment en or!,..
Mais je ne puis, ici, porter cette couronne. Car ce laurier revient au peuple qui le donne, Car, si je le reçois, il l'a, lui, mérité Plus que moi, mieux que moi!
LA FOULE, protestant en un long murmure Non!
DÉMOSTHÈNES
La Postérité Dira que si parfois, — trop souvent! — Démosthènes Crut bon de conseiller aux citoyens d'Athènes, Des efforts tels que nul n'en pourrait accomplir De pareils, — ils les ont accomplis sans faiblir! Je fus la voix qui dit: «Voici la route à suivre!» Mais vous. Athéniens, vous dont le nom doit vivre A jamais glorieux dans les esprits humains. Vous fûtes les vainqueurs, qui suivent les chemins Les plus ardus, les plus étroits, les plus pénibles. Jusque sur des sommets altiers, inaccessibles A d'autres qu'aux enfants bien-aimés de Pallas!
LA FOULE, e'clatant en acclamations lo Péan! lo Péan!