SCENE PREMIÈRE
OLYMPE, Ouvriers.
OLYMPE , sur le devant ^ repassant une rohe\ trois ou quatre ouvriers posant des guirland s et arrangeant d s banfjuettes, puis madame Cagin,
CH(EUBS d'ouvriers.
yîir de la Dame Blanc/te,
Le plaisir nous appelle j Il laut, avec i:;aîté.
Signaler notre zi.Ie Lt noire aclivilc.
M™* CAGIN , tntranl pur une porti^ de culc. C'est bien , mes enfans. . . inainleuant allez vous habiller, vous n'avez que le temps; le bal est pour huit heures, et il en est sept et demi . . . Au revoir.
SCÈIVE II.
OLYMPE, M^« CAGI\.
OLYMPE
C'est drôle, que mon prcteudii , M. Bassinet, ne soit pnf
encore ici... il m'avait pourtant promis de Tenir nous aider... mais quand un homme est sûr de nous, c*est fini.
M'"^ CAGIlf.
Oh î moi , je sais où il est . . . je l'ai chargé de ramasser les fonds pour le bal. , . Je parie qu'il est encor« à courir chez les souscripteurs en retard?
OLYMPE
Qu'est-ce que c'est que les souscripteurs?
M™« CAGIN.
Dam', puisque nous donnons un bal populaire à quarante sols par tête au profit des Polonais. . . C'est M. Crochard , le tapissier , qui a mis ça en train.
OLYMPE
C'est vrai qu'il a toujours de bonnes ide'es.
M™** CAGIN. Eh! bien, est-ce que tu n'as pas Uni de repasser cette robe?
OLYMPE
Non, pas encore.
M™« CAGlN.
Ohî mon dieu, c'est désolant! M"»* de Revel a déjà envoyé trois fois pour Tavolr.
OLYMPE
Elle est donc bien pressée?. . .
M°*« CAGIN.
Les £;randes dames le sont toujours , uue jeune veuve surtout (ji.i n'a ij^'ca à taire. . .
OLYMPE
Un Costume complet u'ou>rièrcI ça ne peut pas tHie pour elle. . .
M™« CAGIN.
l^eul-élre , ça ne mitonnerait pas... Une fantaisie, un déguisement. . .
AIR : J'en gnetle un petit.
Quand ces gens-là veulnl se distraire , Ils oui toujours bfsolu t)c s'déguiser , 1.1 plus «l'un' à.i\u qui i.iil l;i licre , Comme une jjrist^lT vouilrail bien s'arA^cr.
Oui , chez les grands , la joie Ckt iguore'c , El d'nos costuiu's ils aim'at à se couvrir ;
Car ils croient avoir du i>laisir.
Dès qu'ils en portent la livrée.
Qu'est-ce que j'entends là, uh équipage? {Elle regarde à la fenêtre. ) C'est elle-même, c'est madame de Revel; elle se sera impatiente'e. La voiture arrive au galop.
OLYMPE
Si elle croit me faire aller plas vite ! . . . Pourtant roilà que j'ai fini.
M"*** CAGIN.
Ail! tant mieux, mettons vite tout ça eu ordre pour qu'elle n'^ùt plus qu'à l'emporter.
\^{ Elles arrangent la robe, la colhrcttc ^ etc. )
SCEiXE ÎII.
LES MÊMES, M™e DE REVEL , sulvie d'un douiCSlifjW'
va livrée.
M™^ CAGIN.
Comment! c'est vous, madame! vous vous êtes donne la peine. . .
M™*= DE REVEL
Il le faut bien; sans cela vous me feriez attendre jusqu'à deuiiiia.
lU™" CAGIN.
\ eus me f;rondez , madame? Aliî c'est égal, ce n'est p.»s ccIt (jui me fera perdre \otre prn(i(jtie; <|u;ind on bl. inclut quel({irun depuis ticnLe-cin(| ans....
M™« DE RBVEL.
Comment, depuis trenle-cin(j ans?
^1^"° CAGIN.
Je parle de la maison. . . J'ai bl.mclii volrr «.muir mère, votre mère, enfin toute la fiiniille.
M"**^ DE REVFL.
Pardon , ma bonne madame Ca^in, si j*^ >otis ai montra' lin peu d humeur, mais c'est qu'il s'agit d'une afTaire bien plus luipoitanle (jue vous ne pensez. Je vais au bd ce soir chez une de mes amies, un ])al ilef;uise , miisfjue, et
j'ai choisi ce costume, la robe de guiogamp et le petit bonet... C'est vrai, c'est nature... et ça me va bien, voilà le principal, parce que le jeune homme y sera aussi.
M™® CAGIN.
Le jeune homme?
M™® DE REVEL
Ah! c'est juste, vous ne savez pas qu'on vent me remarier. • . Oui , ma chère madame Cagin , on me persécute, c'est nne conspiration de famille , et ce soir je dois me trouver au bal avec mou prétendu que je n'ai jamais vu. . . Je veux tâcher de le connaître d'abord sans en être connue . . . comme dans les Jeux de V Amour et du Hasard ... Le moyen n'est pas neuf, mais c'est de la comédie, et moi j'en raffole.
OLYMPE
Oui, oui, je l'ai vue, celte pièce-là, c'est bien amusant, les Jeux de V Amour . . .
M™^ CAGIN.
Taisez-vous donc, Olympe.
Tout ce que je désire, c'est d'égayer un peu les approches de l'hymen; c'est une affaire si sérieuse! Vous verrez mou petit bonnet... il est gentil, tout simple... Un petit nœud seulement... Je l'avoue, je voudrais être jolie I . . . Ce jeune homme , on le dit aimable et bon. Oui , mais qui sait , un bon mari c'est si rare î J'ai dans ce carton h pea près tout ce qu'il me faut. En venant ici j'avais mou projet; je m'habillerai chez vous. - . Olympe me donnera des idées... elle se met très-bien dans son genre — Et puis mon déguisement n'en sera que plus secret. . . et je tiens surtout au mystère.
M™* CAGIN.
Certainement , madame , c'est avec le plus grand plaisir.
W™^ DE REVEL, au domestique, Joseph, posez-là ce carton et retournez à l'hôtel avec le landaw. . . je prendrai une voiture de place.
( Joseph pose le carton et sort. )
OLYMPE
Madame, si vous voulez venir dans ma chambre, je vais vous aider.
M"*' DE REVEL
Cela ne vous de'range pas?
M™^ CAGIN.
Non , madame , nos danseurs ne sont pas encore venns.
M™° DE REVEL
Vos danseurs? En effet , ces apprêts , ces guirlandes. . .
M™® CAGIN.
Nous avons aussi un bal . . . moins brillant que le vôtre , sans doute, mais chacun s*amuse à sa manière.
Et on fait bien. . . c'est la saison. . . Je vois qu'il faut me de'pécher... Olympe m'en voudrait si je lui coûtais une seule contredanse,
OLYMPE
Venez , madame, je vais vous conduire.
M AD. REVEL
AIR : Ai-ec sèeuritê.
Oui , sans perdre un moment, Ma loilette Doit être faite.
OLYMPE
Ah ! vous serez vraiment Fort mal dans mon appartement.
Je suis à bon marché, Logé , sous la toiture; Pour voir votre tournure, Je n'ai pas de Psycljé ; Ces meubles élégans Ne me font point envie i On peut s'tronver jolie Dans un' glac' de trois francs.
KNSEMBLE.
MAP. DE REVEL
Oui , sans perdre uu moment, .Ma loilette Doit être faite.
Le plaisir vous attend , Je ne vous prendrai qu'un instant.
OLYMPE et MAD. CAGIX.
Viciiez (
Allez { ^^^^^ "^ moment
Votre toilette
Sera faite ; Biais vous serez vraiment y
Fort mal dans! ^^ j appartement.
( Olympe et Mad, de Revel entrent dans la chambre d'Olympe, )