SCENE IX
LES MÊMES, M°^« CAGIN, OLYMPE, apportant des bouteilles et des verres qu'elle met sur la table,
M™^ DE REVRL.
Ehl bien, cette clef. . .
M™= CAGIN.
Je suis désole'e, impossible de la retrouver.
M™^ DE REVEL
Comment... je serais condamne'e à passer la nuit!... Dieu ! que je suis contrariée !
AUGUSTE
Pour la première , mademoiselle, rappelez-vous-en.
M™^ DE REVEL
Oui, monsieur, oui, c'est convenu. {A part, ) Allons, il faut prendre son parti.
OLYMPE, à part.
Tiens , cette grande dame qui a déjà fait une connaissance. . . C'est qu'il est très-bien, ce garçon-là. iM°^« DE REVEL, bas à madame Cagln, Tâchez donc de me débarrasser de ce jeune homme qui me poursuit. . . qui me tourmente.
M°e CAGIN.
Venez , mademoiselle.
M™^ DE REVEL
Appelez-moi PauHne.
M^^ CAGIN.
Venez, mam'zelle Pauline... allons un peu voir le bal. . . ça nous distraira.
AUGUSTE
Elle s'appelle Pauline.
OLYMPE
Py vais aussi, moi, Bassinet m'attend.
AUGUSTE
Il faut pourtant que je m'informe auprès de mademoiselle Olympe. {Olnnpe i.'a suivr' sa mère et madame de Revel; Auguste l'arrête et la ramène. )
scÈrvE X.
AUGUSTE, OLYxMPE.
AUGUSTE
Ecoutez donc, petite.
OLYMPE
Comment, petite?
AUGUSTE
Pardon, je veux dire mademoiselle Olympe.
OLYMPE , à jyarf.
Qu'est-ce qu'il me veut donc, le beau coleur?
AUGUSTE
Vous connnissez cette jeune personne qui vient de sortir avec votre mère, mademoiselle Pauline?
OLYMPE
Oui, je la connais depuis long-temps. . . Vous la trouvez jolie. . . n'est-ce pas?
AUGUSTE
Jolie, comme vous.
OLYMPE
Vous meniez.
AUGUSTE
Non, parole d'honneur, c'est la vérité.
OLYMPE
Laissez donc, il y a tant de ve'rites qui ne sont pas des verilcs. . . Mais c'est e'gal , vous m'avez Wni d'un bon en-
tant, je ne veux pas vous tromper ni vous induire , et si j'ai un conseil à vous donner^ c'est de ue plus la regarder et de la fuir comme une syrène.
AUGUSTE
Pourquoi doue cela?
olympe;
Parce que c^est clair. . . Vous êtes un homme susceptible d'attachement. . . Il y a des hommes comme ça... j'en ai connu, . . Et ça ferait Totre malheur.
AUGUSTE
Mais au moins dites- m'en la raison.
OLYMPE
D'abord elle va se marier.
AUGUSTE
Vraiment. {A part.) Ce sera plus drôle.
OLYMPE
Je vous le re'pète, cette femme-là vous serait très-pernicieuse. . . Jetez vos vues ailleurs; il y en a ici qui la valent bien et qui vous correspondraient davantage.
AUGUSTE
Gomment , vous voulez que je Toublie?
OLYMPE
Il me semble que ce n*est pas difiicile.
AUGUSTE
Certainement si je trouvais dans une autre ce qui me plaisait en elle, de la douceur , beaucoup de douceur. . .
OLYMPE
Cherchez bien.
AUGUSTE
AiR : Le beau Lycas.
Ses rcguds sont pleins de malice,
Et pourtant elle a très-bou cœur j
Drjà , de sa bonté propice,
J'ai reçu plus d'une faveur :
J'ai pressé sa main dans la mienne!
Ce boubeur , quoique bien léger,
( Il lui 1)7 end la main . )
Qui pourra m'en dédommager?
OLYMPE , â part.
Ah ! laissons ma main dans la sienne , C'est pour le sauver du danger.
fOLYMPi;.
Oui , laissons ma main dans la sienne^ C'est pour le sauver du danger.
j^memute i j^uguste.
I On laisse sa main dans la mienne , \ C'est pour me sauver du danger.
AUGUSTE
Même air,
A mon ardeur, à ma tendresse, D'abord je la vis s'opposer. . .
Mais elle sut , avec adresse, Me laisser ravir un baiser.
Je regrette un tel artifice.
Ue ce bonheur , trop passager , Qui saura me dédommager ?
OLYMPE, à part.
Allons, faisons un sacrifice, C'est pour le sauver du danger.
OLYMPE
Allons , faisons un sacrifice , Fnsemble. J C'est pour le sauver du danger.
AUGUSTE
Elle va faire un sacrifice.
C'est pour me sauver du dangei .
( // l'emùrojsse. )