M"^ CAGIN, OUVRIERS ET OUVRIÈRES
CIIOELR.
Air de Bonaparte à Brienne.
En tout faut d'ia prudence , R'posons-nous quelques inslaus , Et suspendons la danse Par les rafraîchissemens.
CROCIIAllD.
L'cciiseil esl sakitaire , On doit soigner ^plai^ir.
De peur qu'il ne s'allère, Faisons le rafraîchir.
CHOIUR.
En tout ihut d' la prudence, Etc. , etc.
CROCHARD
Dieu! fii-je dnnsc ! m'en suis-je donne'... Et les entrechats. . . Qui est-ce qui a observé mes entrechats?. , .
AUGUSTE
Ah ! moi , je nVn ai pas perdu un seul.
CROCHARD
Avez-vous remarque comme je relomjjiis toujours sur la pointe?
AUGUSTE
Oui, sur la pointe de mes pieds.
CROCEARD.
Qu*est-ce qu'ils faisaient là , vos pieds?
BASSINET
Ah! ah! Crochard , le tait est que pour uo ze'plivr , vous avez le poids. . •
AUGUSTE
Il n'y a que la mesure qui lui manque.
CROCnARD.
Ah î très-boaue , la plaisanterie. ( A paît. ) Te ne peux piis souffrir ce garçon-là. . , il est caustique, il njarclie en d.insant, et il a des gants glaces. . . C est un sournois.
AUGUSTE, à pari.
Ma foi, sans la petite Pauline, qui est cliarmnnle et dont je suis amoureux. , . je passerais une soirée un peu trop agitée.
OLYMPE , à matin me de Revel.
Vous vous ennu} ez , n'est-ce pas , madame?
M™® DE REVEL
Mais non , pas tant. . . sauf les con'iusions , je n'ai pas à me plaindre. Il est vrai que j'avais un danseur qui a eu pour moi beaucoup de soins , beaucoup de prévenances • . .
OLYMPE
M. Auguste? C'est vrai qu'il est très-galnut. . .
M™* DE REVEL
Ah 1 il s'.ippelle Auguste!
CROCHARD, de'houvhniit (In ridiv.
Mère Cagin . votre cidre moussc-t-elle ?
M™° CAGIN.
Pas mal. . . c'est du virux. . .
CROCIIARI).
Allons, gare les taches , mesdemoiselles.
LFS DEMOISELLES s\'loigtient.
Ah! pas de bêtises.
CROCIIARO.
Tiens!... ça ne mousse pas du tout... C'est cgnl... Jeunes sens , tics rafr.iîchisscmcn-^ aux d;imcs et des mar-
rons h ceux qui ont soif, ça ne fera pas de mal. . . On doit avoir le gosier sèche.
BASSINET
D'autant plus qu'on danse dans le sëcheoir... Ça prouve qu'il est bon. {Les Jeunes gens distribuent des ra~ Jrafchissemens. )
CROCHARD
Mes amis, tout en buvant un coup , je vas vous chanter quelque chose. Le Cidre et hs Marrons, romance nouvelle.
BASSINET
C'est ça, Crochard, chantez-nous la romance du Cidre.
CROCHARD
Silence. . . je commence.
ylir nouveau ds M. Jjocàe,
Le riche a besoin de Champagne, Pour s'armer contre les chagrins ; j L'ennui , qui toujours l'accompagne , Le suit au milieu des festins.
L'artisan boit de la piquette.
Quand il veut se mettre en goguette, {bis.') Vive kfrjoie et les chansons, Avec le cidre et les marrons !
Hëlas ! chez plus d'une comtesse ,
Cliez plus d'un amant du grand ton.
J'ai vu s'endormir la (eudresse
Sur le canapé du salon.
Chez nous, dans une humble chambrette ,
L'amour est toujours en goguette, {bis.j (i)
Tout s'anime par des chansons ,
Avec le cidre et les marrons.
La France a changé sa bannière ;
Mais à l'impôt, toujours soumis,
Je vois encore à la barrière
Le vin jaugé par les commis.
Ce n'est pas nous , gens de guinguette ,
Que le budjet met en goguette , {bis.) {i)
Mais tout finit par des chansons,
Avec le cidre et les marrons.
( I ) BAss INET , pendant te point d^ orgue.
C'est la plus belle voix de la société !
(a) BAssiivET , après une cadence perlée que fait CrocàarJ,
j'ai beaucoup connu un mouton qui chantait comme ça !
BASSIKET.
A la santé des dames! ( Ils boivent. )
CROCHARD , à Auguste, Eh î bien , jeune homme , vous ne buvez pas ?
AUGUSTE
Si fait. ( A part, ) Ils appellent ça du cidre! . . .
CROCHARD
Comment le trouvez-vous?
AUGUSTE
Excellent! {A part.) poar du vinaigre.
CROCHARD
En voulez- vous encore ? ( On entend la clarinctle. )
I AUGUSTE
Merci . . .
CROCHARD
Dites donc, les amis, je crois entendre les accords encliaiiteurs de la clarinette.
AUGUSTE , à part.
Si je pouvais au moins danser encore avec Pauline.
BASSINET , à madame de Rrçcl.
Mademoiselle, seriez-vous susceptible d'une conlredanse ?
M™'' DE REVEL
Oui , monsieur. . . Il faut bien se résigner.
OLYMPE, à part. Ah ' Bassinet qui l'invite; il croit me faire bisquer.
BASSINET
Elle enrage.
AUGl STE.
Cet imbécile de Bassinet qui m'a provenu! C Csl bien, je m'en vengerai. ( A Oljmpe. ) Mademoiselle. . .
OLYMPK.
Volontiers , Monsieur.
BASSINET
Encore avec Auguste. . . Oii ! le r;rhpfiiirr. le rncheniirc!... Cette idcc-Ià détruit le rrpos ilc ma vie (iepuis ce malin.
M"" CAGIN.
Bassinet... vous savez que je comple sur vous pour faire les crêpes.
BASSINET
Oui , mère Cagin. . . Dans un instant je suis à vous , et à la friture.
CROCHARD
Allons, enfaus.