‹ Le bal d'ouvriersChapitre 9 sur 15 · M"^ CAGIN, OUVRIERS ET OUVRIÈRES · texte numérisé non relu

M"^ CAGIN, OUVRIERS ET OUVRIÈRES

CIIOELR.

Air de Bonaparte à Brienne.

En tout faut d'ia prudence , R'posons-nous quelques inslaus , Et suspendons la danse Par les rafraîchissemens.

CROCIIAllD.

L'cciiseil esl sakitaire , On doit soigner ^plai^ir.

De peur qu'il ne s'allère, Faisons le rafraîchir.

CHOIUR.

En tout ihut d' la prudence, Etc. , etc.

CROCHARD

Dieu! fii-je dnnsc ! m'en suis-je donne'... Et les entrechats. . . Qui est-ce qui a observé mes entrechats?. , .

AUGUSTE

Ah ! moi , je nVn ai pas perdu un seul.

CROCHARD

Avez-vous remarque comme je relomjjiis toujours sur la pointe?

AUGUSTE

Oui, sur la pointe de mes pieds.

CROCEARD.

Qu*est-ce qu'ils faisaient là , vos pieds?

BASSINET

Ah! ah! Crochard , le tait est que pour uo ze'plivr , vous avez le poids. . •

AUGUSTE

Il n'y a que la mesure qui lui manque.

CROCnARD.

Ah î très-boaue , la plaisanterie. ( A paît. ) Te ne peux piis souffrir ce garçon-là. . , il est caustique, il njarclie en d.insant, et il a des gants glaces. . . C est un sournois.

AUGUSTE, à pari.

Ma foi, sans la petite Pauline, qui est cliarmnnle et dont je suis amoureux. , . je passerais une soirée un peu trop agitée.

OLYMPE , à matin me de Revel.

Vous vous ennu} ez , n'est-ce pas , madame?

M™® DE REVEL

Mais non , pas tant. . . sauf les con'iusions , je n'ai pas à me plaindre. Il est vrai que j'avais un danseur qui a eu pour moi beaucoup de soins , beaucoup de prévenances • . .

OLYMPE

M. Auguste? C'est vrai qu'il est très-galnut. . .

M™* DE REVEL

Ah 1 il s'.ippelle Auguste!

CROCHARD, de'houvhniit (In ridiv.

Mère Cagin . votre cidre moussc-t-elle ?

M™° CAGIN.

Pas mal. . . c'est du virux. . .

CROCIIARI).

Allons, gare les taches , mesdemoiselles.

LFS DEMOISELLES s\'loigtient.

Ah! pas de bêtises.

CROCIIARO.

Tiens!... ça ne mousse pas du tout... C'est cgnl... Jeunes sens , tics rafr.iîchisscmcn-^ aux d;imcs et des mar-

rons h ceux qui ont soif, ça ne fera pas de mal. . . On doit avoir le gosier sèche.

BASSINET

D'autant plus qu'on danse dans le sëcheoir... Ça prouve qu'il est bon. {Les Jeunes gens distribuent des ra~ Jrafchissemens. )

CROCHARD

Mes amis, tout en buvant un coup , je vas vous chanter quelque chose. Le Cidre et hs Marrons, romance nouvelle.

BASSINET

C'est ça, Crochard, chantez-nous la romance du Cidre.

CROCHARD

Silence. . . je commence.

ylir nouveau ds M. Jjocàe,

Le riche a besoin de Champagne, Pour s'armer contre les chagrins ; j L'ennui , qui toujours l'accompagne , Le suit au milieu des festins.

L'artisan boit de la piquette.

Quand il veut se mettre en goguette, {bis.') Vive kfrjoie et les chansons, Avec le cidre et les marrons !

Hëlas ! chez plus d'une comtesse ,

Cliez plus d'un amant du grand ton.

J'ai vu s'endormir la (eudresse

Sur le canapé du salon.

Chez nous, dans une humble chambrette ,

L'amour est toujours en goguette, {bis.j (i)

Tout s'anime par des chansons ,

Avec le cidre et les marrons.

La France a changé sa bannière ;

Mais à l'impôt, toujours soumis,

Je vois encore à la barrière

Le vin jaugé par les commis.

Ce n'est pas nous , gens de guinguette ,

Que le budjet met en goguette , {bis.) {i)

Mais tout finit par des chansons,

Avec le cidre et les marrons.

( I ) BAss INET , pendant te point d^ orgue.

C'est la plus belle voix de la société !

(a) BAssiivET , après une cadence perlée que fait CrocàarJ,

j'ai beaucoup connu un mouton qui chantait comme ça !

BASSIKET.

A la santé des dames! ( Ils boivent. )

CROCHARD , à Auguste, Eh î bien , jeune homme , vous ne buvez pas ?

AUGUSTE

Si fait. ( A part, ) Ils appellent ça du cidre! . . .

CROCHARD

Comment le trouvez-vous?

AUGUSTE

Excellent! {A part.) poar du vinaigre.

CROCHARD

En voulez- vous encore ? ( On entend la clarinctle. )

I AUGUSTE

Merci . . .

CROCHARD

Dites donc, les amis, je crois entendre les accords encliaiiteurs de la clarinette.

AUGUSTE , à part.

Si je pouvais au moins danser encore avec Pauline.

BASSINET , à madame de Rrçcl.

Mademoiselle, seriez-vous susceptible d'une conlredanse ?

M™'' DE REVEL

Oui , monsieur. . . Il faut bien se résigner.

OLYMPE, à part. Ah ' Bassinet qui l'invite; il croit me faire bisquer.

BASSINET

Elle enrage.

AUGl STE.

Cet imbécile de Bassinet qui m'a provenu! C Csl bien, je m'en vengerai. ( A Oljmpe. ) Mademoiselle. . .

OLYMPK.

Volontiers , Monsieur.

BASSINET

Encore avec Auguste. . . Oii ! le r;rhpfiiirr. le rncheniirc!... Cette idcc-Ià détruit le rrpos ilc ma vie (iepuis ce malin.

M"" CAGIN.

Bassinet... vous savez que je comple sur vous pour faire les crêpes.

BASSINET

Oui , mère Cagin. . . Dans un instant je suis à vous , et à la friture.

CROCHARD

Allons, enfaus.

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