CL
resser, pour lé rnusi piste, au théâtre.
^h^Kf
Nota. — S'adresser, pour l^ftiusique,. à^M^ Jabin, biQift^caire el
Une salle basse. Au fond, deux portes ouvrant sur un grand salon. A droite, deuxième plan, porte latérale. A gauche, troisième plan, idem. Au fond, une cheminée. A gauche, un canapé, au premier plan ; au deuxième plan, une fenêtre grillée, fauteuils.
/ SCENE l. 2-
B4UDEL0T, endormi smr le campé, ÉAMEtlN , entrmt par la droite*
HAMËLlN.
Monsieur le comte !... il ne répond pas... C'est moi, Hamelin, votre geôlier ou plutôt votre hôte... { S' approchant.) Il dort... Au fait, après uile journée Comme celle-ci, le sommeil lui est bien dû... Pauvre garçon î quel sera son réveil? Aussi, Dieu me préserve d'en hâter le moment...
Air de M. Delille. {Le'^hemin du Presbytère,)
La vie, hélas ! est un triste combat,
Dans lé febmmfell, tîieu noiis doiiiié îâ irhè.
Puisqu'ici bas on n'est heureux qu'en rêve,
Dormez encor, dormez, noble soldat î {Bis.)
L'heure s'envole, usez par îa pensée
Tous les BbiJheufè, gloire, t^làlsir, âhittW}'
Qu'un songe encore à votre âme glacée.
Avant demain rende un dernier beau joitr^ „ j.,, « -,-,^ ,
La vie, hélas I etc.
Ilva se retirer, quand Amélie entr'ouvre doucement la porte de droite. En l'aj^rcevant, elle pousse un petit cri.
/ J SCEXffi: II. 5
BAUDELOT, endormi, SÉAMELIN , AMÊLÎEj uh m'quet h la main.** .» , ..a
HAMELIN. '., ,A'i) f''
Vous ici, Amélie ! que voulez-vous? ..,
AMELIE.
Je voulais... Je venais... je vous chëfêhîS^,'iAbn àbii.
HAMELIN i
Dans quel but ?
AMÉLIE
Je craignais que le prisonnier ne manquât de quelque chose, et je venais vous prier...
HAHELIN.
Vous voyez que je vous ai prévenue... et pour un homme qui vous tombe sur les bras un jour de fiançailles, j'espère qu'on le * Bandelot, Hamelin. i' v ^ >w n.i i> iivv^^- \\,\ 3 . *• Bauilelot, Hamelin, Amélie. • ' vi e*> l- Odo^ ^^t,^: ]' '' li
SCËÎ^EÏi' ■ ■ ^^ 3
tf«gftb 9vec égards... J'aurais pu le loger dans quelque coin du #âle&w.;i> mais rhumanité..,
AMÉLIE, sôilnant.
^il.^#i î^"^ pi^ié qiië je vous al faite....
BAMELIN,
fwHÊ TÉ^s o'omme je l'ai exaucée... Il a pour prison cette :;^3e bM»t ^i fait suite au grand salon... aussi, vous verrez 3vMnbieii '^ous serons gênés si tous nos convives acceptent les îm^tions... Mais vous l'aurez voulu; tout est bien*.. Venez-
AMBLIB.
Auriez-vous regret de votre courtoisie?... Un malheureux jeune homme, vaincu, garrotté, traîné ici par vos soldats I... Car c'est votre compagnie qui l'a fait piisonuier^ m^fi^-'^on dit.
HAHEUN. ,
Hélas î oui ; hier, je reçus avis qu'une troupe de partisans s'était réfugiée à la ferme des Britêcîies; malgré l'ennui que j'avais de m'éloigner de vous, je dus faire mon devoir, et je partis avec trois cents hommes... N^à-t-il jpas remué ?
AMÉLIE
Non, rien.
HAMELIN
Arrivés devant la métairie, tibùs entendons un bruit d'enfer qui partait de l'intéHéUr ; c'était dés jurements, des piétinements, des bruits d'armes... à croire que tout un régiment se tenait derrière la porte... Après un long siège, elle cède sous nos efforts, et nous entrons, cherchant du sabre et du fusil cette troupe qui nous avait tenu tête si longtemps... Mais jugez de notre surprise quand ,au lieu d'une armée, nous ne trouvons qu'un beau jeune homme au visage doux et paisible^ qui déjeunait tranquillement... « A votre santé, nous dit-il en vidant son dernier verre; il n'y a que moi dans cette maison. Je vous remercie de l'honneur que vous m'avez fait de me combattre en si grand nombre... Vous m'avez vaincu... fusillez-moi!... je suis prêt...
AMÉLIE
Noble cœurî... Et les autres?
HAMELIN
Les autres, femmes et vieillards pour la plupart, s'étaient enfuis pendant qu'il couvrait leur retraite...
AMÉLIE
Mais ceux qui avaient barricadé la ftOïte?
HAMELIN
Ceux-là... c'était lui seul... Après avoir crié comme cinquante, il avait fait l'ouvrage de cinquante ; jusqu'au moment où^ accablé do fatigue, il s'était mis à table en nous attendant,,.
ft. LE BAL DU PRISONNIER.
AMÉLIE
Et c'est ainsi que vous Tavez trouvé?
HAUELIN.
Oui ; mais, frappés de son courage, nous avons décidé que le comité de salut public prononcerait sur lui. . . je ?*ai conduit au château ; et, maintenant, j'attends un ordre ^ouir M i/yrer.. . Mais comme vous voilk émue
AMÉLIE
En effet, ce récit m'a vivement touQhé^,tc Et qae décidera le comité ?
/^HAMELiN. {Il remonte la scène, Amélie passe ài{ cÔté de Ba/udéUft,) Hélas î î niJ .-V^'J^v
n'.îîr;-', -V' AMÉLIE.
Oh ! c'est affreux ! si jeune, si brave t si b... {S*approchmi*) Que vois-je I le comte dûJ)erval I
IP hahelin/ Vous le connaissez ?
AMÉLIE
Oui, je le vis une fois, à la tête de son régiment.
HAHELIN.
Quand cela ?
AMÉLIE. ';}^fA;f« *sl
Oh 1 il y a bien longtemps... c'était à la dernière revue que passa mon père.
HAMELIN
Ah I mais ce triste incident ne doit pas nous faire oublier notre bonheur... je veux dire le mien... car bientôt vous serez ma femme... ma femme I vous, une héritière des de Mailly I et moi, Hamelin, un fils de paysan, un homme du peuple, un capitaine de la République !
AMÉLIE
Un honnête homme, mon ami I
HAMELIN, souria/nt.
C'est juste, j'oubliais mon honnêteté... la noblesse d'aujourd'hui... noblesse à vilains... Mais nos convives nous attendent... AMÉLIE, pensive.
A Allons...
' HAMELIN, au moment de sortir, jette wn dernier regard vers Baudelot et voit à terre le bouquet qu'Amélie a laissé tomber près du prisonnier.
Décidément, vous êtes troublée... Q
/}: * Baudelot, Amélie, Hamelin.