‹ Le bal du prisonnier, comédie-vaudeville en un acte. Par Léon Guillard et Adrien Decourcelle. Représentée, pour la première fois, à Paris, sur le théatre du Gymnase, le 27 octobre 1849Chapitre 2 sur 13 · SCÈNE ni · texte numérisé non relu

SCÈNE ni

BAUDELOT, seul, toujours couché ; il a les mains liées au dos. On dit que tout ce que Dieu a fait est bien fait : je voudrais bien savoir pourquoiiî a fait les mouches.... [Aune mouche qui le lutine.) Eh bien !... mai? c'est une lâcheté, madame; on ne s'attaque pas ainsi à un pauvre gentilhomme dont les mains sont attachées... Voyons, allez-vous-en et laissez-moi dormir!... {Il referme les yeux ; après un temps,) Encore ? vous ne comprenez donc pas qu'on me fusille à Nantes demain à six heures du matin, et que, si vous m'empêchez de reposer, je serai pâle comme un malfaiteur?... Allez, vous êtes une mouche bien mal élevée ! {Il se lèvej et en poursuivant la mouche, il arrive devant la fenêtre.) Tiens! une jeune fille habillée de blanc... une mariée sans doute... Elle est belle I très-belle... elle lève les yeux de ce côté. Comme elle est pâle I elle sait sans doute qu'il y a un prisonnier ici... une larme dans ses yeux... une larme pour moi, peutêtre... Oh ! {Il lui fait un gracieux salut.) Dieu vous garde, madame 1 La noble et charmante créature l {Il retourne lentement à un fauteuil à droite.)

Dans une tour obscure.

Un roi...

{La mouche revient,) Ah ! décidément, la position n'est plus tenable... Holà I quelqu'un ! holà!

Page 1