BAUDELOT, AMÉLIE
i^ AMÉLIE, entrant par ki porte de droite, d'wne voix brève. / \ ^ ^ 1 Monsieur le comte, fuyez I y
j BAUDELOT.
Fuir ! quand vous êtes là ?...
AMÉLIE
Ne me regardez pas, ne me répondez pas... fuyez 1
BAUDELOT
Vous oubliez, madame...
AMÉLIE
Ecoutez, il n'y a pas de temps à perdre.... Tout à l'heure monsieur Hamelin m'a quittée brusquement... je lui ai demandé où il allait... Donner quelques ordres, m'a-t-il répondu... Des ordres, vous comprenez : une voiture, des chevaux... Nantes!... Alors je n'ai plus rien examiné... Voici la clef de la grille... pas un mot... partez, je vous l'ordonne... à genoux !
BAUDELOT
Vous savez bien que c'est impossible...
AMÉLIE
Comment ?
BAUDELOT
Monsieur Hamelin ne m'a point rendu ma parole, il m'a laissé mon épée... c'est impossible I
AMÉLIE, regardant la porte avec effroi.
Oh ! mon Dieu I (Elle pousse le verrou.)
BAUDELOT
Que faites-vous ?
AMÉLIE
Mais ils vont vous tuer 1
BAUOELOT.
Eh I madame t je suis rrioihs à ptaindre que vo^us ne pensez... je termine en ce raomehl la piiis belle huit que j'aie j;imais passée... J'ai été trop malhelireiik jusqu'ici pour n'en pas apprécier toute la valeur, et je rends grâce à DièU qui me fait si douce la fin d'une si triste vie 1.;.
Att^BLtË.
Vous vous ttouvez hëuireux ?
BAUbfeLOT.
oui, biëft îiëiirèiil^ car jb voiié ai viiQ qiieiques heures h pieirtë, il -eçi; Vi^âi; bail ce pëil dô iërapSi in a suffi pour vous
AMELIE.
Monsieur... -^'"
BAUDELOTV \)i)-\H
Oh! je puis voviglç ^ire< madame e*^ voue pouvez m'eritendre sans rougeur... cet amour-là n'a rion d'insultant pour vous, puisqu'il n'a pas le temps d'être, puisque la tombe en ensevelira l'aveu; c'est assez pour moi d'avoir pii vous ouvrir moi^ cœur, je n'espérais pas tant... Ainsi, soyez lieliretisë dli bbîihëiir que vous m'avez donné., (jémélie pléiiH en silence.) Des larmes! oh! madame... ç'fifl traiment trop de piiiéi.. (/< pasëe derrière elle et se retrouve à droite. ) ? a^î
AMÉLIE. , ,ntnor
De la pitié, dites-vous?
,,. . .« BAÙDÈLOt.
"■ ■ ' ' ' AMELIE.
Tenez, ne î^ous^occupez plus de moi et ne songez qu'à vous... Pour la dernière fois^ partez, sinon, je reste ici.^.
BAUDBLOt.
Mais, madame... '.\n
. JkllÉLlB; / r-'-/.> Oîi.
Ma résolution est prise, ma réputation, mon honneur sont entre vos mains, c'est h vous de décider.
BAUDBLOt^- H
Amélie! par glrâce!;;; ' "^
AMÉLIE
Ah 1 vous êtes feàhs |)itiê ! Qui vous Retient? Lo point d'honneur, nest-ce pas?...Vou§eraigri6z ^ile l'on rie dise : lia eu peur de la mort et il est parti... Eh Dlerj, on ne dir^ pas que c'est 1^ pour qui vous a fait fuir, on dira que c'est râmoùr... je pâfs avec vous..,
BAUDELOT. ^^i-— -— — -~^
Que dites- VOUS? v.,/ , m .'^X
AMËLIB.
Vous vouliez mourir parce que vous n*aviez plus d'amis, de parents... parce que vous étiez seul sur la terre.». Eh bien, vous n'êt' s plus seul, maintenant... nous sommes deux^ Je vous aime!...
BAUDELOT
Vous l
AMELIE.
Myiintenant, vous partirez, n'est-ce pas ?... Je vous aime ! (0/i frappe à la porte de droite»)
AMÉLIE
Ciell...
HAMELIN, du dehors. l lU.
Monsieur le comte!
ASÉLIB.
Monsieur Hamelin I
BAUDELOT
Silence!
HAMELiN, du dehors.
Hoià ! monsieur le comte.
BAUDELOT
Je suis à vous, capitaine... {A Amélie en lui indiquant îe. ca^ binet.) Lh... là... je vous en prie, je vous en supplie!... {Il la pousse vers le cabinet de gauche.) \\V' \ .
HAMELIN, au dehors. \\^ î^ •
Eh bien ! {Bauàelôt ouvre la porte.)