BAUDELOT, HAMELIN
BAUDELOT, sans descendre ta scène.
Pardon de vous avoir fait atteindre, capitaine, je m'étais endormi. Maintenant, je suis prêt à vous suiyf^»
HAMELIN
Il tfest pas encore temps. . i ) î
BAUDELOT
Quel motif tous amène, en ce cas ? parlez, je vous écouté.
HAMELIN, descendant.
Un motif intéressé... Je viens vous demander conseil.
A moi?
HAMELIN
Oui. {Jouant V indifférence,) Nos convives sont partis... Amé lie repose en ce moment... mille pensées bizarres me couraient par l'esprit, et, comme je ne vous croyais guère plus endormi que moi, j'ai pris la liberté de venir causer avec vous. {D'un ion naturel.) Je ne vous gêne pas?
BADDELOT.
Nullement... Aussi bien, j'avais à cœur de vous remercier... Votre bal était charmant, capitaine.
HAMELIN
Vous êtes bien bon... mais ce n'est pas de mon bal que je viens vous parler... C'est de... mademoiselle deMailly... ma fiancée...
BAUDELOT
Ahl
HAMELIN
Oui, mon cher comte... Il m*est venu des scrupules... des doutes...
BAUDELOT
Sur mademoiselle de Mailly?
HAMELIN
Ehl mon Dieu!,.. La pauvre enfant dort... {Appuyant,) Je vous l'ai déjà dit, aussi paisible, aussi calme sans doute que je suis agité... Non, ce n'est pas d'elle qu'il m'est permis de douter, c'est de moi.
De vous?
HAMELIN
Vous allez me comprendre... Je suis fils de laboureur, monsieur le comte, et si la guerre a fait de moi un capitaine, elle m'a laissé rude, gauche, maladroit; en un mot, le plus paysan du monde, je le sais. Et, voyez-vous, ce même Hamelin qui va épouser l'héritière des de ÎWailly, une comtesse, un ange, une sainte vierge...
BAUDELOT
Vous en parlez avec amour, capitaine.
HAMELIN
Non... avez amitié... Cela vous étonne... {Avec effort,) Je me sens pour elle une tendresse de père, rien de plus... et je voudrais la voir heureuse... Mais, je vous l'avoue... je doute fort qu'avec moi...
BAUDELOT
Ce scrupule vous honore assurément, mais peut-être le poussez-vous trop loin... Mademoiselle de Mailly appréciera tout ce qu'il y a en tous de noblesse, de générosité, et son estime...