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Le Ballet à travers les ages

e l'ail de danser est un des traits qui distinguent l'homme des autres bètes. « Tous les animaux se remuent, sautent, pour montrer leur joie; l'homme seul le l'ait en cadence. » a dit Platon: ou, du moins, si les animaux dansent, tels les ours, ce n'est pas spontanément et pour leur plaisii personnel, mais parce que l'homme le leur a appris, et â coups de bâton. Don l'on peut dire qu'en ce bas monde nous seuls nous dansons: c'est, à l'état sauvage, une des principales supériorités du nègre sur le goril

L'homme a toujours dansé. 1 es écrivains,

dit Lucien, l'apprendront que la danse date de l'origine de l'univers, et qu'elle est aussi ancienne que l'amour. • ('.elle danse a pris des formes diverses selon les temps, les lieux, le caprici caractère el l'âge des peuples. I n jour, l'idée e--! venue à un certain nombre de gens qui dansaient isolement de se réunir, de Caire concorder ensemble leurs danses, de former avec elles des (ig res, de

donner à ces figures un sens symbolique, el cela a produit ce que nous appelons

aujourd'hui le Ballet.

Mais notre ballel actuel n'esl qu'un type spécial el restreint, une dégénérescence;

c'esl là un point à bien établir. D'abord ce n'est plus qu'un spectacle indifférent en soi, «pie nous donnent des gens gagés dont c'est le métier; ensuite c'esl simplement l'union de la mimique dansante et muette et de la musique. Or ce fut longtemps et presque partout une chose bien plus compliquée, non seulement spectacle théâtral, mais aussi œuvre religieuse, sacrée, et devoir social pour les plus dignes et les plus belles. En outre, le chant y était intimement lié, et, avec le chant, la poésie lyrique, car autrefois l'on ne chantait pas seulement ce qui ne vaut pas la peine d'être entendu.

La danse, par cette union intime, jadis surtout, avec la vie, par son universalité, est une des expressions les plus spontanées d'un temps ou d'un pays; à plus forte raison le ballet, par son caractère symbolique. De sorte que suivre les ballets à travers les âges et la civilisation est presque faire l'histoire de ces civilisations, de leurs fables, de leurs croyances, de leurs mœurs, de leur esthétique, de tout ee que Ton appelle de ce mot vague: le génie d'un peuple. D'où l'intérêt du sujet; mais sujet si vaste que nous ne pouvons avoir ici la prétention de l'épuiser, ni même de le parcourir en entier. Nous nous efforcerons seulement, ayant pris quelques points typiques, d'être le plus précis possible; nous laisserons, le plus souvent que nous pourrons, parler les contemporains qui ont vu, et, si nous ne disons pas tout ce qui fut, nous tenterons de ne rien dire qui n'ait pas été.

L'A NTI OUÏT K

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