LES MÊMES, .JOSEPH
JOSEPH
Monsieur...
LAPLACE, avec un peu W humeur.
Eh bien ! quoi ?
joKErn.
C'est monsieur de Urémont qui vient d'arriver.
LAPLACE
Ail! niDfi Dieu! c'est vrai, je n'y songeais plus... ( ogHr.)
Vous voyez à quoi vous m'exposez, monsieur le conile... je néglige mes cliens les plus piécietix. C'est voire purent, ce monsieur Ernest de lirémonl doiil je vous parlais ce mutin.
SAINT-VALEIIY.
Comment, notaire, vous voulez m'abandonner aussi?
LAPLACE
Non, mais voyez dans que! embarras je suis... au fait, pour la bonne nouvelle que j'ai à lui apprendre, rien ne presse, (ù Joseph.) Excuse-moi auprès de monsieur de Brémont : dis que je suis en aflaire; prie-le de vouloir bien m'atlendre un moineat... va donc... va donc...
JOSEPH, à part en rentrant dans l'étude.
Si ça pouvait se r'arrangcr, je ferais aussi ma liquidation
{Il sort.)
SAINT-VALERY
Mon cher monsieur Laplace, je n'ai plus d'appui que vou» seul,., retenez-la, parlez-lui... voyons, n'est-il plus d'espoir.-'
tAPLACB.
Si fait, [comme frappé d'une idée subite.) Attende» donc... oh ! quelle idée! cela serait hardi... mais la petite barouoe mérite bien cela.
SAINÏ-VALERY.
Comment ?
LAPLACE
Mon cher comte, vous êtes sauvé, partez sur-le-champ.
SAINT-VALERV.
i*'>itir!... non parbleu, je reste, je veux m'altacher à ses pas, ta miivre partout, dût-elle fuir au bout du monde.
' ■• LAPLACE
Vous ne me comprenez pas... au fait, j'extravague... il me vient trop d'esprit, je ne me comprends pas moi-même.
SAINT-VALERY , impatient.
Expliquez- VOUS donc, notaire.
LAPLACE
Une scène de comédie... un coup de dé... On vous •iclu.-'le , on VOUS fuit... vous vous éloignez, c'est tout simple... votre voiture part... on vous croit bien Icln... je vous présente sous le nom de monsieur de Brémont, qui est son parent et le vôtre ; elle ne pourra refuser de le voir... et ma foi, le reste vous regarde.
SAINT-VALERY
Délicieux! je comprends... ah! notaire , je vous embrasserais pour cette heureuse idée.
LAPLACE
Ne perdez pas une minute. (Joseph entre pur lo porte latérale à droite.)
JOSEPH
Monsieur, madame ia baronne demande si vous ètfis seul... bien seul ?
SAINT-VALERY
Quel espoir!
JOSEPH
Comme elle va partir, elle veut prendre congé de vous, et vous donner pour la liquidation les signatures dont vous avez besoin.
SAlKT-VAtERY.
Tout est fini.
LAPLACE
Du courage donc! (rf Joseph.) Oui, je suis seul... dis que je suis jeul... va vite... [Joseph sort.) Le hasard nous sert à merveille... entrez dans ce cabinet... je me charge de vous donner la réplique.
SAiNT-vALEBY, hors de Lui.
II se pourrait! ah! mon cher monsieur Laplace, vous êtes ma providence; mais vous me devez bien cela.
lAPlACE.
Allons, partez vite. [Saint- Valéry sort par laportc dsagauche; Laplace redescend la scène.) Ouf! ces amans-là me donneront une pleurésie... mais si elle l'épouse après l'avoir vu, quel triomphe!