‹ Le banquet Laurier [microforme]Chapitre 2 sur 5 · DISCOURS · texte numérisé non relu

DISCOURS

Prononcé par:l'Honorable Premier Ministre du Canada, au Barque! qui lui a été donné à Montréal, le 30 Décembre 1896, en réponse au toast porté en son honneur par le Président du Bansunt, ms

| (Rapporté par M. L. A. Cussox, Sténographe Officiel),

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

Malgré les paroles trop flatteuses, beaucoup trop flatteuses, dont le président s’est servi à mon égard en vous proposant cette santé, il peut m'être permis de dire sans aucune fausse vanité, que ce banquet, de bien des manières, dépasse de beaucoup le cadre des démonstrations ordinaires. Dans nos mœurs politiques un banquet est une chose d’occurrence quotidienne ; mais, si l’on prend en considération les circonstances solennelles dans lesquelles nous sommes placés, peut-être est-il permis de SUpposer que les échos de ce banquet se répercuteront à travers les âges, et que l’on s’en souviendra encore, à une époque, ‘où, depuis longtemps peut-être, tous ceux qui sont ici présents auront été appelés à rendre leurs comptes devant ce tribunal suprême devant lequel on peut toujours Compter sur la suprême jr ‘se, sur la suprême équité,

Messieurs, en regarduu: autour de ces tables je vois ici des représentants de toutes les classes de la société, la banque et la haute finance, les puissantes corporations de chemins de fer et de navigation, les grandes industries manufacturières, le commerce, les professions libérales, la classe agricole, les classes ouvrières, et, “last, though not least,”

la jeunesse, la jeunesse qui toujours d’instinct se tourne vers les généreuses pensées, les nobles actions.

Si, Messieurs, les classes de notre société sont toutes représentées ici comme elles le sont, dans des circonstances aussi solennelles que celle où nous nous trouvons en ce moment-ci, il doit y avoir une raison pour cela, et la raison, si je ne me trompe —et je crois que je ne me trompe pas—la raison c’est que toutes les classes de notre société, à l'heure qu'il est, sont

avides d'entrer enfin dans une période de prospérité, dont ñous avons été trop longtemps exclus par des luttes, nécessaires sans doute, mais dont il faut sortir, Toutes les classes, dis-je, sont d'opinion que le gouvernement d'aujourd'hui, le 8ouvernement libéral, dans sa courte carrière, à

‘* Réforme et Conciliation.’

Quand nous sommes allés devant le peuple, nous avions en tête de notre programme deux articles principaux : ‘“ Réforme et Conciliation."” Nous avons été six mois au pouvoir, et je crois que nous avons déja démontré, et nous.le démontrerons davantage encore, que libéralisme ne

“signifie pas révolution, que réforme ne signifie pas perturbation, et que la conciliation est exempte de faiblesse, comme elle est exempte de violence. (Applaudissements.)

Nous avions deux questions principales dont il fallait nous occuper : la réforme du tarif et la question des écoles du Manitoba.

La Réforme du Tarif.

Quant à lx question de la réforme‘du tarif, c'est une œuvre à accomplir, c’est une œuvre qui s’accomplit dans ce moment-ci ; mes collègues, le ministre des finances, le ministre du commerce et le contrôleur des douanes, sont à s'occuper d’une enquête qui portera ses fruits ; et, quand le temps sera arrivé, le parti libéral démontrera qu'il est pos-

sible d’alléger le fardeau du peuple, de donner une mesure de réforme, sans mettre en péri les intérêts qui existent maintenant ; non-seule. ment sans les mettre en péril, mais en leur donnant un développement qu'ils n’ont pas encore eu jusqu'ici.

La Question des Ecoles.

Quant à la question des écoles, Messieurs, —et, vous le savez, c'est la question qui, à l’heure qu'il est, dans la province de Québec, préoccupe, entre toutes, non-seulement les esprits, mais les âmes et les cœurs—nous avions à la régler de quelque mañière, nous avions à essayer une tâche qui n'avait pas été accomplie par nos prédécesseurs pendant les six années qu'ils avaient eu cette question entre leurs mains.

La première chose que nous avons faite a été de nous adresser au gouvernement du Manitoba, et maintenant, quelque soit le jugement que l'on porte sur la condtite du gouvernement, au moins ce n’est pas sans quelque satisfaction que je puis dire que nous avons obtenu du gouver-

. nement du Manitoba, des concessions qui permettent à la minorité cathoque d’avoir dans les écoles, l’enseignement de sa foi religieuse et l’enseignement de sa langue maternelle. (Applaudissements)

Des Concessions raisonnables.

Maintenant, si l'on me dit que ces concessions ne sont pas suffisantes que ces concessions ne sont pas telles que nous aurions pu les espérer, je dis à tous ceux qui s'occupent de l'avenir de leur pays, à tous ceux qui portent un cœur patriote dans leur poitrine : au moins nous avons obtenu quelque chose, et qu'est-ce qu'ont obtenu ceux quisont venus avant nous? Si l'on me dit : ces concessions ne sont pas suffisantes, qu'il me soit permis an moins de les expliquer, qu'il me soit permis d'en donner la raison. Si l'on me dit que ces concessions ne sont pas “suffisantes, je puis .dire

que ces concessions sont raisonnables à bien des points de vue, 66

UE es 0

ons en tête de Conciliation."” us avons déja ibéralisme ne ation, et que : exempte de

1ous occuper :

ivre à accomles collègues, Dntrôleur des s fruits ; et, qu’il est posde réforme, ; non-seule.

veloppement

avez, c'est la C, préoccupe, cœurs—nous er une tâche dant les six

| adresser au igement que est pas sans 1 du gouvernorité cathose et l’ensei-

s suffisantes s espérer, je us ceux qui vons obtenu \vant nous ?

me soit perer ia raison.

e puis dire de vue, et

que si elles sont appliquées avec libéralité, administrées ave: géné

par le gouvernement provincial du Manitoba, comme je sais qu'elles le serunt, il sera prouvé qu'elles sont un remède beaucoup plüs efficace que ne pourrait jamais l'être aucune loi de coercition passée par le gouvernement suprême d'Ottawa.

Une once de conciliation valait mienx qu’une tonne de coercition.

Maintenant, messieurs, voici la première occasion qui m'est donnée de m'adresser à mes compatriotes de la province de Québec depuis que nous avons complété les négociations que nous avons entreprises avec le gouvernement du Manitoba ; est-ce trop demander de vous, est-ce trop demander de votre attention, est.ce trop demander surtout de nos concitoyens d'origine britannique, qui peut-être ne comprennent pas la langue française, qu'il me soit permis de mettre devant vous,les raisons qui nous ont amenés à croire que la moindre concession donnée par le gouvernement du Manitoba, qu'une seule once de conciliation valait mieux qu'une tonne de coercition par le gouvernement suprême d'Ottawa,

Sar quoi l’on s'appuie pour dire que les concessions ne sont pas satisfaisantes.

Maintenant, messieurs, je ne saurais me déguiser une chose, et je ne suis pas Homme à me déguiser les difficultés qui se présentent devant moi—je ne serais pas digne de la position qui m'a été confiée par la confiance de mes compatriotes si dans une circonstance comme celle-ci, ou dans aucune autre circonstance, je fermais leë yeux sur les dangers, je fermais les yeux sur la position que nous occüpons maintenant dans le Pays—je suis obligé de reconnaitre que les concessions que nous avons obtenues du gouvernement du Manitoba ne paraissent pas suffisantes à des autorités de la plus haute importance, à des autorités que nous, catho- . Lu liques, sommes habitués à révérer, que je révère, même quand je ne par- me tage pas complètement leur manière de voir en politique ; je suis obligé de vous dreque je sais que ces concessions-là ne paraissent pas suffisantes. Et sur quoi se base-t-on pour dire que ces concessions-là ne sont pas suffisantes ? La raison qu'on nous donne est celle-ci ; C'est que d’après le jugement du Conseil Privé, —le juzement du Conseil Suprême de l'Empire—les catholiques du Manitoba avaient droit non pas simplement à une concession de ce genre, mais qu'ils avaient droit à la restaura tion complète de leurs écoles séparées, telles qu'elles existaient avant 1890.

Pourquoi les Conservateurs ont-ils offert le compromis du mois de mars 1896 ?

Voilà, messieurs, le langage qui nous est tenu aujourd’hui par les chefs du parti conservateur, voilà le langage que nous entendions naguère à Cornwall et à Stormont, bien que les électeurs de Crrnwall et de Btormont aient su pénétrer vivement à travers ce qu'il y a de sophisme dans cet avancé : c'est là le langage que tenaient les chefs du parti con-

, Servateur aux électeurs de Cornwall et de Stormont ; mais si c'est 1à la

nr LE fc re nf à de don: ui Loi * Li

% \ LA ns —

vérité, si en réalité le jugement du Conseil Souverain de l'empire, du plus haut tribunal que nous ayons parmi nous, prescrivait, non pas comme un droit impreacriptible, mais simplement comme un devoir moral, au parlement fédéral, de rétablir les écoles séparées, pourquoi au nom. du bon sens, l’ancien gouvernement, les chefs du paru conservateur allaientils au mois de mars dernier, offrir un compromis 21 gouvernement manitobain ? Car, messieurs, au mois de mars dernier, comme vous le savez, le gouvernement de l'époque, le gouvernement de Sir MacKenzie Bnwell, envoyait des commissaires au Manitoba,—Sir Donald Smith, M. Dickey et M. Desjardins,—pour offrir quoi ? pour mettre la main sur les épaules du Manitoba, et contraindre le gouvernement de la province à restaurer les écoles séparées telles qu'elles existaient avant 1890 ? Non, non, mais simplement pour offrir un compromis,

Or, Messieurs, ce n’est pas tout ; on offrait un comp.omis, un compromis beaucoup moins avantageux que les concessions qui nous vnt été accordées par le gouvernement du Manitoba, et quoique les concessions qu'il nous accordait aiors fussent beaucoup moins avantageuses que les concessions qui nous ont été faites spontanément par le gouvernement du Manitoba, toute la presse, remarquez-le bien, toute la presse qui aujourd’hui nous attaque et nous représente comme des hérétiques et des infdèles, traîtres à notre race et à notre religion, parce que nous avons obtenu et accepté ces concessions du gouvernement du Manitoba, toute cette presse, dis.je, accepiait le compromis et prétendait que c'était un règlement plus satisfaisant même que le bill remédiateur.

Les faits plus éloquents que les contradictions de la presse conservatrice.

Messieurs, on oublie vite sur ce continent, on oublie vite dans ce pays-ci, on oublie vite, surtout dans une tourmente électorale comme celle que nous avons traversée depuis quelque temps, Mais, après tout, les faits sont là, et voici, par exemple, ce qui était dit par la presse qui nous attaque :

La ‘“Minerve,”pour commencer par la “Minerve” (rires et applaudissements), la “Minerve” quiavujourd'hui jette feu et flammes, en appelle à tous les préjugés, à toutes .es passions, parce que nous avons obtenu des concessions de la part du Manitoba, la ‘ Minerve,” en parlant du compromis Dickey, infiniment moins satisfaisant que le nôtre, la ‘ Minerve ” disait ceci au mois de mars dernier :

‘ “La proposition du gouvernement fédéral a été aussi loin qu'il est possible d'aller, sans sacrifier les droits essentiels confirmés par le jugement du Conseil Privé.”

Un autre journal, qui se donne anjourd’hui comme l'organe des catholiques de la provinre d'Ontaric, mais que je regarde, moi, bien plutôt comme l'organe du parti conservateur de la province d'Ontario, le ‘Catholic Register,” qui, lui aussi, nous attaque dans chagne numéro qu'il publie, disait encore :”

“Pour rencontrer tous les désirs, les commissaires de la Puissance

auraient pu soumettre le bill remédiateur et demander à ce qu'il fut passé comme loi provinciale, car les droits qui sont mentionnés dans la

citation du rapport des Commissaires comprennent tous les droits qu'une

loi réparatrice était destinée à assurer et à procurer à la minorité.”

M 2, ptit ©

y l'empire, du non PAS COWME oir moral, au | au nom. du ateur allaienternement mavous le savez, Kenzie Bnwell, th, M. Dickey ur les épaules ## À restaurer Von, non, mais

, un compronous ont été es concessions euses que les vernement du se qui aujours et des infus avons obba, toute cette ait un règle-

ns de la

vite dans ce torale comme is, après tout, la presse qui

t applaudisseappelle à tous btenu des vont du comproa ‘Minerve ”

loin qu'il est s par le juge-

\ime l'organe rde, moi, bien d'Ontario, le > numéro qu'il

; la Puissance

à ce qu'il fut

ionnés dans Ia r droits qu'une

norité.?

Le “Catholic" Register,” dans un autre numéro, disait ceci : “Les propositions soumises par les Commissaires de la Paissance

avait 50, il y eût une maison d'école ou au moins une chanibre à leur disposition, où un instituteur catholique pourrait leur donner l’enseignement.”

Y a:t.il une grande différence entre ces: Propositions, et celles qui nous ont été faites par le gouvernement du Manitoba ?

Aujourd'hui c'est un crime d'accepter ces propositions-là dans ce temps-là c'était un acte méritoire.

Le ‘True Witness,” disait de son côté :

“ En raison de la position prise par le gouvernement fédéral sur la législation remédiatrice, plusieurs pouvaient concevoir quelles propositions l'on pourrait faire qui seraient acceptables à la minorité, Bien que ne Cortenant pas tout ce que contient la mesure qui est maintenant devant la Chambre des Communes, Ja modération de la demande faite par les catholiques dans ces Propositions sera une surprise pour tout le monde, Peut-on trouve: quelque chose de plus raisonnable que cela? La minorité, en se montrant disposée à accepter pareil règlement, a prouvé qu’elle était désireuse dans son cœur d'éviter tout conflit et de voir la paix rétablie.”

Maintenant, Messieurs, vous connaissez quelle est la position des organes qui aujourd’hui nous font la guerre, qui aujourd’hui nous dénoncent.

Les deux compromis.

Mais on‘dira peut.être : Il y a une différence entre les propositions des ‘'ommissaires Smith, Desjardins et Dickey et les concessions qui ont été tites par le gouvernement Greenway.

Quelle est-elle cette différence ?

Messieurs, voici ce que disait la proposition faite par les Commissaires Conservateurs : —

“Dans les villes et les Villages où il y a 25 enfants catholiques ro. mains, dans les cités où il y en a 50, les syndics seront obligés de fournir

une école séparée ou un äppartement separé où ils auront un professeur catholique.”

Maintenant, voici les dispositions d par le gouvernement Greenway :

Partout où il y aura 10 enfants professan: le culte catholique ro-

main, il sera loisible aux prêtres, à 34 heures de l'après-midi, d'entrer dans le, écoles et d'y donner l’

es Concessions qui sont proposées

pas simplement pour enseigner la religion rithmétique, le grammaire, la géographie, et toutes ces matières-]à,. (Applaudissements.) Maintenant, Messieurs, ce n’est Pas tout: partout où il y aura dix.

enfants de langue française, ces enfants-là recevront une éducation française.

ST PTE Ep

Mais on dira encore: Ce’n’est pas tout ; il y avait dans lés propopositions du gouvernement Green way des propositions qui ne se trouvent päs dans l’arrangement qui vous est proposé. On demandait, par exeinple, dans les conditions proposées par les Commissaires du gouvernement fédéral, une école Normale. C'est vrai On demandait une représentation sur le bureau d'éducation, C’est vrai. On demandait un inspecteur catholique. C'est vrai, c'était demandé. Maïs les Commissaires n'ont pas insisté sur ces propositions-là, les Commissaires s’en sont rapportés à la bonne foi, à la justice, à la générosité du gouvernement provincial ; ils n’ont pas insisté sur ces conditions là.

Que voyez-vous dans la ‘Minerve’? Que voyez-vous dans les organes conservateurs? Vous voyez que c'est une accusation contre nous que nous n'avons pas insisté sur les écoles normales, que nous n'avons pas insisté sur la représentation des catholiques dans le bnreau d’éducation.

Non, nous ne l'avons pas fait, parce que je sais, de source certaine, que le gouvernement provincial est disposé à faire main basse des anciennes difficu'tés qui trop longtemps ont séparé les protestants des catholiques et à donner à ces derniers justice égale et droits égaux, réprésentation sur le bureau d'éducation et représentation également parmi les inspecteurs d'écoles.

Cependant, pour avoir accepté du gouvernement provincial du Manitoba beaucoup plus que ce qu'on lui demandait le printemps dernier, au nom de la religion, nous sommes dénoncés- comme traîtres a notre race et à notre religion.

Divergences d'opinion respectabies.

Mais ce n'est pas tout. Discutons cette question-là d'une manière calme ; rappelez-vous que sur cette question-là, comme sur:bien d’autres, peut-être sur cétte question-là plus que sur d’autres encore, il y a des divergences d'opinion respectables, il y a des gens qui ne pensent pas comme nous, et dont le cœur est profondément meurtri, peut-être, parce qu'ils n'ont pas obtenu tout ce qu'ils croyaient être pour eux la justice. Je respecte ces convictions-là. Je ne m'adresse pas à la presse conservatrice; je n'ai rien à dire à la presse conservatrice ; mais en dehors de la presse conservatrice il y a une autre presse. Nous sommes des libéraux; moi, je suis un libéral, de l’école anglaise, comine je l'ai proclamé bien des fois ; non-seulement je suis libéral de l’école anglaise, mais, pourquoi ne l'affirmerais-je pas ‘aujourd’hui, je suis né dane la religion catholique, je suis un catholique, et je crois à la liberté, comme Montalembert y a cru, comme Lacordaire ya cru; les évêques, les prêtres, les religieux, tous les hommes dans un pays constitutionnel! comme le nôtre, sont citoyens comme nous le sommes; ils ont droit à leurs opinions comme nous avons droit à nos propres opinions; ce que nous réclamons pour nous-mêmes, pour ma part, je suis toujours prêt à le leur accorder.

Il y a des différences honnêtes d'opinion ; essayons de nous entendre, essayons la conciliation jusque sur ce terrain-Jà, s’il est possible. Ici, dans la ville de Montréal, vous avez la presse religieuse,—je ne parle pas de la ‘ Minerve,” je ne parle pas de ces autres journaux qui depuis

ans lés propone se trouvent ait, par exeingouvernement ne représentait un inspec- Commissaires s’en sont rap- ‘ernement pro-

8 dans les oron contre nous » nous n'avons nreau d’éduca-

e certaine, que des anciennes les catholiques réprésentation "mi les inspec-

incial du Maniaps dernier, au a notre race et

d'une manière rbien d’autres, >, il y à des dile pensent pas eut-être, parce > pour eux la sse pas à la presse conser-

il y a une suis un libéral, non-seulement irmerais-je pas ‘un catholique, 1me Lacordaire es dans un pays le sommes ; ils ropres opinions; je suis toujours

e nous entendre, « possible. Ici, s—je ne parle

Lux qui depuis

Pas RES | . 4 :

17 A à dire + < + fe QE PT ER “ LR RE Ke

trop Jongtemps, exploitent À leur profit la religion, —mais laissez moi vous citer le nom d’un journal respectable, d'un journal qui est l'organe de l'élément religieux dans ce diocèse : je veux parler de la ‘Semaine Religieuse.” La ‘Semaine Religieusé ” est un organe dont il faut tenir Compte, parce que je suis convaincu que la ‘ Semaine Religieuse ” reflète l'opinion, les sentiments d'une partie considérable du clergé. La ‘Semaine Religieuse,” dans un article publié naguère, protestait contre le règlement proposé, parce que ce règlement, disait-elle, était en violation des droits garantis à la minorité par le jugement du Conseil Privé. Messieurs, si cette assertion était exacte, — je ne doute pas de la sincérité de celui qni l’a écrite, mais cette question-là est complexe, elle a plusieurs aspects, et il faut les discuter, —si cette assertion-là était exacte,

Si le juge-

dans le Manitoba, le débat serait clos, jugement du Conseil Privé.

Ce que déclare le jugement du Conseil Privé.

Mais, Messieurs, il faut le reconnaître, Conseil Privé ; le Conseil Privé n'a jamais déclaré qu'il y avait, de la part du gouvernement fédérai ou du parlement fédéral, non pas seulement l'obligation absolue, non pas simplement le droit positif, mais pas même l'obligation morale de rétablir leg écoles séparées, telles qu'elles existaient au Manitoba avant 1890.

Je ne puis mieux faire sur ce point que de citer, de rappeler encore une fois les termes mêmes du jugement du Conseil Privé. Le voici, en voici la conclusion finale ; voici le langage que tiennent les juges du Conseil Privé :

“La question nous est encore soumise si le Gouverneur-Général. en Conseil a le droit de promulguer les ordres remédiateurs qui lui sont demandés, ou s'il a juridiction en la matière ? —Leurs seigneuries ont

“décidé :— Que le Gouverneur Général en Conseil a juridiction, et qu'un appel est bien fondé ; mais le mode d’action à suivre doit être déterminé par les autorités auxquelles il a été confié par la loi, Il n’appartient pas à ce tribunal de décider quelle action précise devrait être adoptée ; le Caractère de cette action est suffisamment déterminé par la section 22 de l’Acte du Manitoba. Il n’est certainement pas essentiel que les statuts abolis par l’Acte de 1890 soient remis en vigueur ; le système d'éduca. tion établi par le statut de 1890 est sans doute satisfaisant pour Ja majorité, et répond aux besoins de la grande majorité de la population de la province ; tout sujet légitime de plainte serait enlevé si ce système était suppléé par des dispositions faisant disparaître les griefs sur lesquels

l'appel est fondé et modifié en autant qu'il pourrait être nécessaire pour donner effet à ces digpositions 1à, ” -

Voilà, Messieurs, le langage des juges du plus haut tribunal de l'empire. Vous ne voyez pas dans ce langage.là 1

ce n'est pas là le jugement du

‘que le système d'écoles aboli en 1890 doive être absolument rétabli,

citer, —et je le fais avec le plus grand respect, —J'opinjon de la ‘ Semaine.

Religieuse,” publiée dernièrement, il n’y a pas plus de quinze jours. En parlant des droits des catholiques, voici ce que disait ce journal: ,

‘ Qu'on leur rende donc justice entière, qu’on leur rende tous les droits dont ils ont été injustement dépouillés. L'école qu'il leur faut c'est l'école catholique, l’école à laquelle ils ont droit, aux termes même de la constitution. Si c’est vraiment la paix que l'on cherche, il y a un moyen bien simple de l'avoir : qu’on donne à nos frères du Manitoba le contrôle de leurs écoles, des districts scolaires catholiques, des livres catholiques, des maîtres et maîtresses catholiques, et l'exemption des taxes pour des écoles dont, en conscience, ils ne peuvent se servir, Tels sont les droits qui leur sont garantis par la constitution et le jugement du Conseil Privé ; ils ne se contenteront pas de moins.”

Voici le langage que l’on pose comme base de l'action qui doit être adoptée par le gouvernement fédéral, ou par n’importe quel gouvernement qui aurait à s'occuper de la question : c’est que les catholiques ont droit, un droit absolu, non pas simplement à l’enseignement religieux, ce que personne ne leur conteste, mais à un système d'écoles séparées et distinctes, pour eux-mêmes et pour eux seuls.

Maintenant, Messieurs, laissez moi vous dire que si c'est là l'opinion des catholiques de la province de Québec — je parle avec connaissance de : cause, que mes paroles soient entendues, qu'elles soient relevées même, s’il est possible de les relever — ce n'est pas là ce que demandaient les catholiques au Conseil Privé, au plus haut tribunal de l'empire.

M. Ewart n’a pas demandé devant le Conseil Privé la restauration des Ecoles séparées.

Je tiens iciet je vais vous lire la plaidoierie de M Ewart, l'avocat de la minorité devant le Conseil Judiciaire de l'empire. Le nom de M. Ewart est un nom bien connu dans la province de Québec ; il n'appartient pas à cette province-ci, mais je puis dire qu'il n’est guère d’endroit dans cette province où ce nom ne soit pas connu. M, Ewart a été l'avocat de la minorité depuis le commencement jusqu’à la fin de cette discorde malheureuse ; il a été non-seulement l'avocat de la minorité, mais la valeur de ses services a été proclamée par Monseigneur Taché et Monseigneur Langevin. Or, lorsque M. Ewart était devant le comité judiciaire du Conseil Privé, lorsqu'il était à plaider la cause de la minorité catholique, lorsqu'il demandait pour les catholiques la plénitude de leurs droits, demandait-il, comme il est dit dans cet article de la Semaine Religieuse, demandait-il le contrôle absolu des écoles ? demandait-il le système qui avait existé avant 1890 au Manitoba? demandait-il le système d'écoles separées qui existe dans la province de Québec ? demandait-il le système d'écoles séparées qui existe dans la province d'Ontario ? Rien de cela, Messieurs. Voici le langage de M. Ewart, et vous allez voir qu'il laissait au gouvernement fédéral la latitude la plus entière pour régler cette question:1à de manière à rendre justice à la minorité catholique, sans froisser les sentiments deda majorité de la province du Manitoba. Je cite du livre bleu qui contient la plaidoierie de M. Ewart devant le comité du Conseil Privé, page 287 : —

“Avant de clore — (il terminait sa plaidoierie, il avait exposé les ralsons par lesquelles il prétendait établir que le gouvernement fédéral

quinze jours, e journal:

rende tous les il leur faut c’est es même de la Il y a un moyen toba le contrôle res catholiques, taxes pour des sont les droits ent du Conseil

n qui doit être quel gouvernecatholiques ont ment religieux, :oles séparées et

est là l'opinion

connaissance de :

relevées même, demandaient les mpire.

seil Privé

Ewart, l'avocat Le nom de M,

; il n'appartient re d'endroit dans a été l’avocat de tte discorde malé, mais la valeur et Monseigneur té judiciaire du norité catholique, leurs droits, denaine Religieuse, l le système qui système d'écoles dait-il le système ) ? Rien de cela, voir qu'il laissait jour régler cette catholique, sans lu Manitoba. Je tdevant le comi-

avait exposé les rernement fédéral

mob

avait le droit d'intervenir dans cette question-là) — avant de clore, dit-il, Je voudrais dire un mot ou deux sur ce que nous voulons obtenir. La remarque en a déjà été faite, nous ne demandons pas d’adjudication sur l'étendue du remèlie qui peut nous être donné par le

gouverneur gnéral — (remarquez ces mots-là) — ‘nous ne demandons pas d’adjudication sur l'étendue du remède qui peut nous être donné par le Gouverneur

général ” — nous demandons simplement qu'il soit adjugé qu'il a droit d'entendre notre plainte et de nous donner quelque secours, s’il juge à Propos de le faire. Il peut se faire que les autorités fédérales ne jugent Pas Oprorun de nous réintégrer dans tons les droits et privilèges dont nous jouisstions avant la législation de 1890 ;bien que le système alors en vigueur eut reçu Ja sanction des, corps religieux les plus importants, l'approbation de tous les citoyens et qu'il eut fonctionné à la satisfaction générale pendant une période de dix-neuf ans, j'ajouterai bien que ce système, ou un système à peu près semblable, ait existé dans la province de Québec pendant un quart de siècle, il peut se faire que les autorités fédérales préfèrent le système d’Ontario, sur lequel le gouvernement exerce un contrôle plus rigoureux, contrôle qui est de fait très. absolu, da s lequel les livres sont Choisis par les inspecteurs nommés pat le gouvernement et où les règlemests scolaires se font par le gouverne. ment ; il peut se faire encore qu'an système soit établi qui permettrait aux Catholiques romains d'enseigner dans les écoles la religion des parents, sous des conditions spécifiées, sans encourir par là la privation des avantages conférés aux écoles publiques. Nous ne pouvons pas dire, et je n'ai pas reçu instruction de déclarer quelle serait l’étendue du remède qui sera demandé s’il est adj ugé que le Gouverneur Général a juridiction sur cette matière, mais je puis dire ceci, cependant : que nous n'avons aucun désir que la loi nous soustraie au contrôle de l’état,” ,

Voilà, messieurs, ce qui était demandé par M. Evwart, l'avocat de la minorité devant le comité judiciaire du Conseil Privé. Il ne demañdait pas d’être soustrait au contrôle de l'état, il ne demandait pas une or nisation séparée, il ne deman“ait pas le rétablissement des écoles telles qu'elles étaient avant 1890 : il ne demandait pas le système de Québec, il ne demandait pas le système d'Ontario ; mais il demandait simplement qu'il fût déclaré que le Gouverneur Général avait le droit d'entendre la plainte des catholiques et de rendre justice snivant qu'il apparaitrait au Gouverneur Général que justice était due.

Voilà, messieurs, l'étendue des droits qui étaient demandés par la minorité.

La fausse bravoure des Conservateurs.

Je sais bien une chose, je sais bien que le gouvernement du temps, le gouvernement de sir MacKenzie Bowell, lorsqu'il eut à s'occuper de ce jugement-là, donna à ce jugement une interprétation toute différente ; je sais bien que le gouvernement de £ir MacKenzie Bowell alla dans cette circonstance-là beaucoup plus loin que n'avait été la minorité elle-même jp je sais bien que dans cette circonstance-là le gouvernement de Sir Mac. Kenzie Bowell passa un ordre, qu'on a appelé l'ordre remédiateur, par

lequel il était commandé an Manitoba de rétablir les écoles séparées telles

qu'elles existaient avant 1890 ; Mais je sais une chose également, et vous

ÿ savez cette chose-là comme moi—il est toujours facile d'être brave lors-

qu'on est loin.du péril ; il y a des hommes qui sont toujours vaillants lorsqu'il n’y a pas de danger ; — je sais bien une chose, c'est que lorsqne le gouvernement de sir MacKenzie Bowell fut mis en face de son interprétation, il n’osa pas accomplir lui-même çe qu'il avait commandé au Manitoba,

Le gouvernement de Sir MackenzieBowell avait dit au Manitoba : Vous devez donner aux catholiques trois choses qui sont essentielles au système complet des écoles séparées, - c'est à-dire, une organisation indépendante, c’est-à-dire, l'exemption de taxes, c’est-à-dire encore, la participation à tous les octrois et à tous les deniers appropriés par la législature : voilà ce qui constitue des écoles séparées.

Voilà ce que le gouvernement de Sir MacKenzie Bowell commandait au gouvernement de.M. Greenway ; mais lorsque le gouvernement de M. Greenway n'eut pas voulu se soumettre. à l'arbitraire du gouvernement de Sir MacKenzie Bowell, Ssr MacKenzie Bowell, mis en face de sa propre interprétation, recula, et, au lieu de présenter un bill par lequel il aurait accordé ce qu'il avait déclaré être absolument essentiel à la minorité, au lieu de lai accorder l’exemption de taxes, une organisation indépendante et.sa part d'octrois publics, il n’accorda que deux choses, c’est-à-dire, l'ex. emption de taxes, c’est-à-dire, l'organisation indépendante ; mais les de: niers.publics, il n'osa pas le faire.

La Capitalation du Gouvernement Bovell.

Messieurs, c'était là ce qu'on appelait.la justice, c'était là ce bill qu'on nous présentait l’année dernière et qu'on appelait la justice due aux écoles des catholiques du Manitoba. Justice! je l'appelle simplement capitulation.

Ah ! je sais bien une chose encore, c'est que quelques-uns de mes amis ont cru qu'ils devaient voter pour cette loi-là, parce qu'elle contenait, comme ils l'ont dit, le principe des écoles séparées. Mais si elle contenait le principe, si elle contenait la proclamation du principe, ce que je ne nie pas, elle ne contenait pas la sanction du principe. Et, Messieurs, pourquoi législater, si ce n'est pour sanctionner un principe ? ‘Et, lorsqu'on vous présente une loi qui contient la proclamation d'un principe, mais qui ne dvnne pas à ce principe une sanction, cette loi est un leurre par lequel on prétend tromper l'électorat. Et c'était 1à,.Messieurs, la loi qu’on nous demandait ; c'était là la loi qu'on nous représentait comme une mesure de justice.

Messieurs, voilà ce que les catholiques du Manitoba ont eu à attendre du gouvernement conservateur. Telle étuit la situation lorsque nous sommes arrivés au pouvoir.

Oe que neus avons fait.

Lorsque nous sommes arrivés au pouvoir, il nous fallait. prendre cette question, et, pour ma part, Messieurs, j'ai toujours été d'opinion, — je le suis encore, —que la minorité religieuse dans ce pays, non-senlement la minorité, mais que ies pères de famille dans ce payé. ont droit d'exiger qu'on enseigne la religion à l’école, comme on enseigne l'arith. métique, la grammaire et autres matières séculières. (Appiaudissements.)

On peut bien me dire que l'arrangement que nous nous.proposonade

toujours vaillants » c'est que lorsqne ce de son interpréandé au Manitoba.

, dit au Manitoba :

nt essentielles au organisation indée encore, la partiés par la législa-

owell commandait gouvernement de > du gouvernement n face de sa propre ar lequel il aurait 1 à la minorité, au tion indépendante 8, c’est-à.dire, l'ex.

ante ; mais les de.

Bowell.

», c'était là ce bill la justice due aux ppelle simplement

2]ques-uns de mes arce qu'elle conteées. Mais si elle )n du principe, ce rincipe. Et, Mesner un principe ?

proclamation d'un tion, cette loi est Et c'était Jà,.Mesl'on nous représen-

à ont eu à attendre tion lorsque nous

us fallait. prendre 8 été pre e.pays, non-senlece pay. ont Ant n- enseigne l'arith.

\ppiaudissements.) | ROUS proposons de

faire"n'est pas saffisant ; On peut bien me dire qu'il aurait dû aller beau: coup pius loin qu'il ne va, — sur ce point je n'ai rien à dire dans ce moméntci, j'y reviendrai,-—mais je me rappelle un temps qui n’est pas très éloigné, éloigné de trois ans, éloigné de‘deux ans à peine, éloigné d'un an à peine, éloigné a peine de quelques mois où l'on disait sur tons les tréteaux de la province de Québec : Défiez-vous des libéraux du Canada, déflez-uous de l'école Laurier, de ses adeptes ; au fond, ils ne veulent pas de l’enseignement religieux, au fond, ce qu'ils veulent, c'est l’école nentre, c'est l’école athée, c'est proscrire Dieu des écoles. An moins, on ne peut: pas me faire ce reproche.là aujourd’hui, parce que si cet arrangement: là devient loi, le nom de Dieu sera prononcé dans les écoles du Manitoba: Non-seulement le nom de Dieu sera prononcé dans les écoles du Manitoba, mais les devoirs du chrétien envers son créateur et envers les créatures de Dieu seront également enseignés comme ils le sont dans la province de Québec ; ce sera le même catéchisme qui sera enseigné, comme il est enseigné ici, Sur ce point-là, au moins, j'ai quelque satisfaction à dire : Quelles que soient les accusations qu’on ait pu porter contre nous, À l’heure qu'il est, vous n'entendez plus ces aceusations-là.

Mais ce n'est pas tout, Nous avions l’une de deux choses à faire, noùs avions deux lignes devant nous ; NOUS pouvions nous servir des pouvoirsextrèmes de la constitution et essayer de rétablir par la force le système: d'énseignement religieux dans les écoles du Manitoba ; NOUS pouvions user

des voies de la conciliation. Messieurs, nous avons essayé de choisir des voies de conciliation.

Pas au système:

d'éco'es par lequel on enseigne la religion ; vous Croyez,. Vous: autres, que la religion doit être enseignée à la maison ou à l'église : faites-une con: cession à ceux qui, comme moi, croient que la religion doit être enseignée dus lesrécotes ; faites nous cette concession, faites:là, cette concession, à vos'concitoyens d'origine française.et de religion catholique ; mettez. de côté un peu de vos préférences, de vos convictions, et donnez à mes coreligionnaires et à mes compatriotes, non-seulement le droit d'avoir la relimais l’autte droit, Presque aussi cher peutêtre, d’avoir la langue maternelle, la langue française, également enseignée dans vos étoles. (Appl. prolongés.) Maintenant, Messieurs, supposons une chose :

; Supposons qu'au lieu de prendfe cette attitude-là, nous eussions dit : Nous avons le Pouvoir entre les mAïins, nous allons nous en servir, et nous allons imposer à la province

du Manitoba notre propre manière de voir ; nous allons ui imposer un système d'écoles séparées, Qu'est-ce qui serait arrivé? Ce qui serait arrivé, Messieurs, c'eut été la continuation de ce qui existe depuis six: ans au'Manitoba. À Manitoba, sur une population de 200,000 âmes, il ÿY à 20,000 catholiques, En 1890, les catholiques étaient représentés dans le gouverpement du Manitoba par mon ami, mon brave, mon excellent ami, James

Prendergast ÿ——(Appl.) il était le représentant des catholiques dans lé gou. Vernement de M. Greenway. Comme il désapprouvait la législation: du ast sort du. gouvernensigne honneur d’être te !) Mais, quand’ un

gouvernement de M Greenway, M. Prenderg ment. Aujoutd'hui, M. Prendergast a l'honneur, 4 l'i insulté‘ par la presse bleue. (Honte ! Honte ! Hon

anna ere ennnanenupanmen PTT te MT TE te de

— : mon een anne ee

homme a fait, comme M. Prendergast, le sacrifice qu'il a fait pour ses eonvietions, les insultes passent au-dessus de sa tête sans l’atteindre.

Les résultuts de la politique de conciliation.

M. Prendergast était le représentant de la minorité : il a cessé de l'être; il est sorti du gouvernement et depuis ce temps-là la minorité est en quelque sorte ostracisée dns la province du Manitoba ; o!le n’a pas de représentant dans le cabinet, toutes les lois se font sans son concours ; et cet état de choses-là continuant, la minorité française continuait de vivre dans l'isolement. Nous acceptons les concessions qui nous sont faites par le gouvernement du Manitoba, la politique de conciliation triomphe, et qu'arrivetil? C'est qu'immédiatement la minorité française et catholique peut reprendre sa place dans les conseils de la province du Manitoba ; c'est qu'immédiatement la porte est ouverte à la conciliation ; c'est qu'immédiatement la minorité reprend l’ascendant qu’une minorité peut toujours exercer dans la majorité, c’est que la porte est ouverte et l’on peut espérer que le régime, non seulement le régime, mais que les idées libérales qui triomphent dans le Canada aujourd'hui, qui trimphent dans la province de Québec, qui ont triomphé pendant longtemps dans la province d' Ontario, grâce au concours de cet homme éminent qui est aujourd'hui mon col!'ègue, Sir Oliver Mowat, on peut espérer que la minorité reprendra son ascendant. Et, messieurs, quand on songe qu’à l'heure qu’il est le premier ministre de ce pays,—où la majorité est protestante, —est un catholique, l’on peut bien espérer que cette politique de conciliation triomphera à Winnipeg comme elle a triomphé dans tout le pays. (Applaudissements prolongés.)

Voilà les raisons qui m'ont fait décider, pour ma part, à accepter ce premier installement, à accepter cette législation, ces concessions qui seront faites à nos compatriotes, plutôt que de continuer cet état de guerre et d’oitracisme qui paralyse le mouvement national qui doit se faire dans ce pays-ci.

Messieurs, pour avoir pensé ainsi, pour avoir agi ainsi, j'ai encouru la disgrâce de toute la presse conservatrice. N'’allez pas croire que cette disgrâce m'empêche de dormir, n'allez pas croire qu'elles trouble mon repos.

La Roche Tarpéienne et le Capitole.

J'entends dans la presse conservatrice le mot trahison, et par voie de consolation pour elle-même, eile me rappelle tous les jours que la Roche Tarpéienne n'est pas loin du Capitole. Messieurs, ce langage n’est pas nonveau dans l'histoire ; chaque fois qu'il s'est trouvé dans une crise politique des hommes de courage pour résoudre des problèmes jusque là restés insolubles, toujours les factieux, les aveugles ont appelé trahison ce qu'ils n'avaient pas su accomplir ou ce qu'ils n'avaient pas su comprendre. Quand Mirabeau, aux premiers jours de la Révolution Franç vise, essayait, d’une main, à entraîner la monarchie vers des réformes qui auraient pu la sauver, et que d’une autre main il ess1yait de contenir le flot toujours croissant de la démagogie, il y avait des gens là, des aveugles, des factieux pour crier trahison, pour lui rappeler à lui aussi que la roche Tarpéienne n'était pas loin du Capitole. « -

Messieurs, sans doute, nos questions brûlantes, si brûlantes qu'elles soient, ne sont rien comparées à cette grande tourmente qui a englouti la

a fait pour ses eontteindre.

iliation.

: ila cessé de l'être; ninorité est en quelle n’a pas de repré- >n concours ; et cet nuait de vivre dans s sont faites par le | triomphe, et qu'are et catholique peut lu Manitoba ; c'est

|; C'est qu'immédia-

eut toujours exercer

on peut espérer que

libérales qui triom-

la province de Qué-

nce d Ontario, grâce

ui mon coliègue, Sir

ira son ,ascendant.

premier ministre de tholique, l'on peut mphera à Winnipeg sements prolongés.) , part, à accepter ce concessions qui 8er cet état de guerre l qui doit se faire

i ainsi, j'ai encouru pas croire que cette v'elles trouble mon

itole.

ison, et par voie de jours que la Roche ngage n’est pas nons une crise politique jusque là restés jo é trahison ce qu'ils comprendre. Quand rise, essayait, d’une uraient pu la sauver, ujours croissant de s factieux pour crier rpéienne n'était pas

si brûlantes qu’elles ente qui a englouti la

“société ancienne,’ et dont les vibrations ‘tir dans toute l'Europe ; mais, s’il m'es -à cet état de choses, je dirai sim

Roche Tarpéienne ne m'effraie

» Après cent ans, se font encore sent permis de comparer notte société plsment: le Capitole ne m'éblouit pas, Pas, (Apl. frénétiques).

La liberté Civile.

J'ai voué ma carrière à Ja réalisation d’une idée ; j'ai pris l'œuvre de la confédération où je l'ai trouvée quand je suis entré j'ai juré d’y donner ma vie, et rien ne m'empêchera de continuer cette t4cée jusqu’au bout, de Préserver à tout prix la liberté civile sur laquelle repose......(applaudissements enthousiastes, frénétiques, délirants).…..,.sur

laquelle repose cet état de société conquis par nos pères au prix de tant de larmes et même de tant de sang.

eut-être que le résultat de mes efforts soit la roche Tarpéienne ; maïs si le

murmure, sans récrimination, sans plainte, certain que de ma tombe surgira l'idée immortelle pour laquelle je combats. (Appl. prolongés.) ! ;

Pour le règlement de cette question, de même q Jcitutes les autres questions qui peuvent survenir dans C2 pays, 'je ne m’adresse pas à une race, je ne m'adresse Pas à une classe, je ne m'adresse Pas à une religion, je m'adresse à toutes les races, je m'adresse a toutes les classes, je m'adresse à tou tes les religions.

Je suis d'origine française ;— Dieu merci ! Je suis d'origine française j— je suis catholique de religion. Vous voyez à côté de moi mes collègues protestants, anglais d'origine ; c’est sur eux que je compte, sur leur con- Cours, sur leur bonne volonté, pour faire triompher ces principes de os sans lesquels le Canada ne peut jamais être une nation. (Appl. proongés).

Je m'adresse à to à toutes les races, je m'a. dresse à toutes les religions ; mais s’il

est une classe entre toutes à laquelle je m'adresse, c’est À Vous, jeunes membres du Club Naïional, c'est à vous, jeunes gens, Ï

Vous êtes au début de la Carrière ; je suis bien plus avancé que vous f laissez moi vous donner un conseil, laissez-moi

Au cours de votre Vie, vous aurez bien

VOUS paraîtront peut-être une suprême injust Que jamais vos convictions

Prolongés.) vos convictions ne sont Pas seulement Immortelles, mais leur base

Vaillantes, calmes et ; MOntrez, comme i]nous faut montrer, que le catholicisme est Compatib'e avec l'exercice de la plus haute acception de la liberté ; Montrez cette fois, montrez toujours, que les catholiques de ce pays sa

uront rendre à Dieu ce qui est à Dieu, à César ce qui est à César.

M. Laurier reprend son siège au milien des applaudissements frénétiques de toute l'assistance. Pendant plusieurs minutes, les acclamations se sucrèdent, Tous les convives sont debout sur leurs sièges, agitent leurs serviettes en l'air, et les collègues du Premier Ministre se pressent autour de lui pour le féliciter.

résultat de mes efforts doit être la Roche

Page 1