‹ Le banquet Laurier [microforme]Chapitre 3 sur 5 · PREMIER MINISTRE DU MANITOBA · texte numérisé non relu

PREMIER MINISTRE DU MANITOBA

M. le Président, Mesdames et Messieurs,

Je ne vous infligerai pas l'ennui d’un discours à cette heure du matin ; mais je désire remercier ceux qui ont été assez aimables pour m'envoyer une invitation d'être ici ce soir. :

Je me souviens d’avoir pris un très vif intéret dans les élections du 23 juin dernier. Je me souviens qu’en recevant les rapports télégraphiques le soir de ce grand jour, je fus, mousieur, fier de la vieille province de Québec.

Applaudissements). Je me suis alors demandé comment mon bon ami, le

remier Ministre, avait pu avoir un si grand succès dans cette province. Monsieur, j'ai la réponse ce soir dans le magnifique auditoire que je vois devant moi, Je crois sincèrement qu'avec une armée comme celle que je vois devant moi, il est possible de vaincre dans toutes les provinces du Dominion. Je regrette d’avoir à faire des excuses pour la province où j'habite. Je regrette que nous n’ayons pas envoyé à M. Laurier un plus fort contingent de partisans. Nous aurions dû faire mieux. Mais, des causes locales il n'est pas nécessaire pour moi de vous les expliquer—ont amené le résultat dont je parlais, il y auninstant. Je me console jusqu’à un certain point par la pensée que l'erreur alors commise, peut être réparée.

Vous avez proposé, monsieur, la santé des législatures. S'il est une chose qui puisse vous intéresser ce soir, c’est bien, j: ne crains pas de le dire, la législature du Manitoba. Cette législature vous a peut être fourni quelques occasions de trouble ; mais, telle qu’elle est, monsieur, j'y appartiens depuis dix huit ans, et nous avons fait de notre mieux pour développer la grande province des Prairies.

Les espérances du Canada sont au Manitobà.

Nous croyions et nous croyons, comme quelqu'un l’a dit ici ce soir, que les espérances du Canada reposent sur le développement de cette vaste région. (Appl.) Telle a été la première impression qui a frappé mon esprit

- quand je mis le pied. pour la première fois sur le sol du Manitob:. J'ai foi en l'avenir du Manitoba. J'aime le Manitoba. .

Pour rien au monde, je ne voudrais en aucune facon compromettre la prospérité et le progrès de ma province. (Appl.) Quiconque, par ses paroles ou ses actes, entraverait l'élan toujours grandissant de cette prospérité et de ce progrès, serait l'ennemi de tous les bons principes auxquels tout homme d'honneur doit tenir. (Appl.

3 Vous m'excuserez probablement si je vous dis un mot du Manitob1,

NDWAV

te heure du matin ; es pour m'envoyer

les élections du 23 rts télégraphiques le province de Québec.

ent mon bon ami, le ans cette province.

litoire que je vois -omme celle que je es provinces du Doprovince où j'habite.

in plus fort contins, des causes locales r—ont amené le réjusqu'à un certain e réparée.

tures. S'il est une le crains pas de le s a peut être fourni monsieur, j'y appareux pour développer

fanitob?à.

l'a dit ici ce soir, que ement de cette yere a frappé mon esprit Manitob:. J'ai foi

on compromettre la conque, par $es pant de cette prospéprincipes auxquels

, mot du Manitoba,

et peut-être aussi, M, le Premier Ministre, m'excuserez-vous, connaître à vous et à vos collègues quelques uns de nos besoins. $ mission du tarif i cette commission à li iter spécialement ce soir à ven

grands développement : i ie qui je suis certain

] ( que nos amis de la commission du tarif industrie, Il

est inutile pour moi d’entrer dans beauc

ble Premier Mini

j .P industrie, en dépit des rés jusqu'ici, n'est encore qu’à l’état d'enfance. s

Les industries agricoles dû Manitoba.

En 1895, avec 25,000 agriculteurs, avec b

: ç *auCcoup moins de population que vous n’en avez dans la ville de Montréal, nous avons produit

} \ | ÿ K Hox. M. GREENWAY.

60,000,000 de boisseaux de

que dans la province du Manitoba sans parler des territoires adjacents, nous pouvons porter cette l ité di

rables, vous aurez Probablement une idée de la nécessité qui s'impose de ne pas négliger cette “petite” industrie, (Appl.) J'ai dit que le Manitoba était eneore à l’état d’e sieur, les enfants causent parfois beaucoup de (Rires et appl.) Ils font souvent beaucoup de br que tel a été le cas pocr nous.

Maintenant, monsieur le Président, je ne m'étendrai pas longtemps sur ce sujet, mais vous me pardonnerez si je prends cette position ; c'est que dans le développement de cette région, il ne s’agit pas aujourd'hui du sentiment d’une province contre une autre province, d'un intérêt contre un

autre intérêt: Parcequ'en développant le Manitoba, vous augmenterez la prospérité générale du Canada eten particulie

r le bien-être de cette bonne ville de Montréal, Et si je vous dit que ce développement peut s'opérer

nfance. Eh | bien, mon difficultés à leur famille.

uit, et je crains en vérité

si je vous fait

qui est actuellement à l'œuintention de visiter le Manitoir dans notre région.

| uis un de ceux qui n’ont jamais eu foi en !a protection, Mais, Monsieur, nous une industrie capable de éjà accompli quelque chose et n'oublieront pas cette oup de détails ; mais stre que dans notre ultats étonnants “obtehus

rapidement au moyen d’une politique it rip qu'il faudra nécessairement adopter dans un avenir prochain—vous admettrez l’imporsance âu sujet dont je vous entretiens dans le moment.

Les industries agricoles du Manitoba sont encore dans leur état de eunesse, et je fus fier d'entendre hier soir un homme qui a passé quelque temps dans ma province, me dire qu’il n'y a pas au monde &* pays plus susceptible de développement que le Manitoba. (appl.) Jecrois, messieurs, qu'il vous est possible de me fournir 25.000 autres colons qui obtiendront le même résultat que celui obtenu en 1995. (appl.)

Je désire maintenant vous déclarer que je ne vous ennuierai pas longtemps (Cris de : continuez! continuez! ) Je pourrais vous donner encore beaucoup d’autres exemples de l'étendue de nos ressources et de nos richesses, ‘ ; Outre l'industrie des grains, il existe beaucoup d'autres intérêts. Nous

avons l’industrie laitière, et l'élevage des bestiaux qui sont capables d'un

développement égal à l'industrie des grains. Toutes ces choses tendront à augmenter la prospérité générale du Canada.

Je suis heureux de reconnaître que le nouveau gouvernement, sous la direction de mon honorable ami, semble s'intéresser beaucoup à notre pays.

Après avoir exprimé ces sentiments, je suis sûr que vous ne m’accuserez pas d’avoig fait quoi que ce soit, durant mon terme d'office, qui ne fût pas,—selon ma conviction et ma conscience, —dans les meilleurs intérêts du Manitoba,

Question des Ecoles.

. Et maintenant, monsieur le président et messieurs, vous vous attendez probablement a ce que je vous dise un ‘mot à propos de la question des écoles. (Appl) Des dix-huit années que j'ai passées dans la législature du Manitoba, j'en ai passé la moitié comme chef du gouvernement, Eh bien ! monsieur, quand je suis entré en fonctions comme premier ministre, j'ai constaté, sous le rapport de l'éducation, un état de choses que je ne crus pas conforme aux meilleurs intérêts du pays. J'ai constaté que le système d'écoles alors existant ne répondait pas aux besoins de ce pays. Nous avons invité toutes les races et toutes les religions à faire cesser ies anciennes rivalités pour nous aider à édifier une nation dans ces lointaines prairies, et nous avons doté la population d'un système d'écoles efficaces.

Nous nous mîmes à l'œuvre, et des plaintes nous furent faites à l'effet que nous privions une certaine partie de la population de ses droits.

Il y eut des plaintes contre notre législation, et notre législation— vous le savez, c'est un fait appartenant désormais à l’histoire—a été maintenue.

Cette question n’est pas nouvelle pour vous. Vous en avez entendu parler. (Rires) Bien que je n’aie pu comprendre tout ce que le premier ministre a dit ce soir, —mon éducation, sous ce rapport, a été quelque peu négligée, (rires)—j'ai pu le suivre suffisamment pour me pénétrer des déclarations qu'il a faites (applaudissements) et des sentiments qu'il a exprimés quand il a dit que notre désir à tous était de devenir Canadiens. (Applaudissements prolongés.)

Je connais, dans le Manitoba, un grand nombre de mes m'éifleurs amis qui sont d’origine française. Ce sont de braves citoyens, de grands hommes. (Appl.) Ils sont exactement de l'étoffe des hommes dont nous

que qu'il faudra nécesdrasttrez l'imporgance

ore dans leur état de e qui a passé quelque monde d@* pays plus ) Jecrois, messieurs, olons qui obtiendront

us ennuierai pas longs vous donner encore

ssources et de nos ri-

l’autres intérêts. Nous

ui sont capables d’un

ces choses tendront à

ouvernement, sous la er beaucoup à notre

que vous ne m'’accurme d'office, qui ne 18 les meilleurs inté-

s, vous vous attendez s de la question des es dans la législature 1 gouvernement. Eh me premier ministre, de choses que je ne

J'ai constaté que le

besoins de ce pays.

ligions à faire cesser nation dans ces loinl'un système d'écoles

furent faites à l'effet n de ses droits.

| notre législation— istoire—a été main-

us en avez entendu it ce que le premier rt, a été quelque peu r me pénétrer des y sentiments qu'il a : devenir Canadiens.

bre de mes meilleurs citoyens, de grands s hommes dont nous

pi ce règlement peut ou non, donn

avons besoin, et je le déclare ici sr i moindre chose qui put nuire aux aider den

cherchèrent

y eut des extrémistes qui ont dunuts pr ( Îlen fut ainsi jus.

second jugement du Conseil Pre Fe

a été émis, et nous fûmes com-

Pas qu'il nous fut possible d'obeir à cet PE der en 4 Nons ne crûmes

Avec la connaissance i

ce que nous avion ï © NOUS AVONS Cru qu'il n'était pas dans He Le ge ais, monsieur le président, nous avons dit alo

oses antérieur À

actuel, en adoptant u tique di a été par le premier ministr ét (acc!) P ne politique différente de ceile k

eh ve avaient envoyé une commission en 1895 et lc denis Mai il d His disposés à accepier ce que Lo Vs a eclarérent que si nous ne le faisions pas ils ad re nière d h latrice, Nous avons pensé que ce n'étai ‘he i ET barre ge gens raisonnables. ren à ; * Laurier, lui, est venu à n i !

faire pour rencontrer les vues de ï RE

Quêtes vous disposés à Nous lui avons fait con-conclu un arrangement à

Les Uatholiques seront consultés sur le choix des Livres

des livres d'école.

Président, qu’il me fau ulent même pas s’assu 'est bien pénible, mais eo! er satisfaction. (Cris de Honte | Hcate |

Pba, je dois dire qu’en dehors de < comme cela ; pour l'honneur du Mani-

ire à de deux ou trois i Pre de position qui ait élevé la voix contre Mu Peine

rouve des extrémistes qui ne ve

Ce règlement assure certains privilèges à la minorité du Manitoba ; il lui garantit desinstituteurs là où il y a assez d'élèves ; il lui garantit l'en. seignement de sa fangue e\ autres avantages dont les ultra protestants pourraient dire : “Pourquoi lui donner de pareils privilèges ?” N'est-ce pas la preuve indéniable de rotre bon vouloir et de notre générosité à l'égard de la minorité ? (Appl.)

La majorité agira de bonne foi et avec &énérosité.

Je parle ici au nom du peuple manitobain et je déclare de nouveau, en vous priant de prendre note de ma déclaration, que c'est notre intention d'appliquer le système en toute bonne foi ct générosité, et non pas d’encourir la responsabilité de fermer-cinquante ou soixante écoles et de laisser les élèves de ces écoles croupir dans l'ignorance, Ce sont les adversaires du règlement qui assument cette responsabilité. Et, encore, s’il leur atri. vait de temps à autre de suggérer quelque moyen de rencontrer leurs vues davantage,nous serions disposés à considérer leurs recommandations. (Appl.)

Vous comprendrez facilement, monsieur le président, que c’est là le résultat des vues que j'ai exposées en disant que mon désir le plus ardent est d'édifier nos institutions sur un arrangement à l'amiable entre les différentes classes qui composent notre population, Nous voulons attirer les Canadiens frapçais de la province de Québec au Manitoba. Nous voulons y attirer les éinigrants anglais d'Ontario ; nous voulons y attirer les émigrants européens ; nous voulons y attirer toutes les races pour en faire avant longtemps un grand peuple, parce que, monsieur le président, notre

climat ne se prête pas seulement à la culture des blés, mais à la culture des hommes, (Appl)

Qu'il me soit permis une fois de plus, Monsieur le président, de vous remercier bien cordialement de l'occasion que vous m'avez fournie de rencontrer ce soir une pareille affluence de citoyens distingués. A la vérité je ne suis arrivé ici qu’à la onzième heure, mais je n’en ai pas moins apprécié l'intérêt de cette réunion. Comme règle générale je n'attache pas grande importance aux banquets; mais s’il en fut jamais un qui m'inspirât le sentiment national, le sentiment canadien, c’est bien celui de ce soir. (appl.)

J'ai déjà eu le plaisir de rencontrer l'Hon. Wilfrid Laurier dans des assemblées au Nord Ouest, il y a quelque temps, et j ai profité de l’occasion pour dire alors comme je lai mainte fois repété dans la suite, que l'Hon. Wilfrid Laurier serait assurément le futur Premier Ministre, (appl.)

Je ne m'étais pas trompé ; aussi l'espoir de la population du Nord- Ouest s'est-il a1gmenté de tout le changement qui s'est produit dans le gouvernemeut € ÜUitawsz, Nous voyons poindre l'aurore de jours meilleurs et je pris d: déjà nou: ::vons vu le soleil se lever. (Appl.)

Il ne sau:5it y avoir de doute sur ce point, que l’avenir nous réserve de bien plus grandes choses que ne nous en a données le passé, Je me rap: pelle le temps où j'étais’à la chambre des Communes à Ottawa, à l'époque où l'honorable Alexander MacKenzie était premier ministre, Je me rappelle aussi les élections de septembre 1878, et le dégoût qui me fit im’en-

fuir au Nord Ouest, pour échapper à la politique. Mais j'y étais à peine depuis quelques mois.que le tourbillon m'avait ressaisi. Je n'ai jamais regretté cependant d’être allé me fixer au Manitoba. Les intentions de cette province ont pu être mal comprises et même entravées dans une certaine mesuré, mais nous qui sommes uni° par un même intérêt'et une même - aspiration de grandeur nationale, nous sommes tous d'accord pour constituer un grand pays qui s'étendra d’un océan à l’autre. . Merci, messieurs, de votre bienveillante attention, (Appl. prolongés.)

orité du Manitoba ; il ; il lui garantit l'en.

ultra protestants pourlèges ?” N'est-ce pas e générosité à l'égard

ec générosité.

déclare de nouveau, ie c'est notre intention té, et non pas d'enite écoles et de laisser e sont lea adversaires encore, s’il leur arri.

rencontrer leurs vues mmandations. (Appl.) sident, que c'est là le n désir le plus ardent miable entre les difous voulons attirer les Manitoba. Nous vouvoulons y attirer les es races pour en faire ur le président, notre , mais à la culture des

le président, de vous n'avez fournie de renngués. À la vérité je ai pas moius apprécié n'attache pas grande qui m'inspirât le senii de ce soir. (appl.) rid Laurier dans des ai profité de l’occasion 8 la suite, que l’Hon, nistre, (appl.) opulation du Nords'est produit dans le rore de jours meile lever. (Appl.) venir nous réserve de > passé, Je me rap.

à Ottawa, à l'époque ministre, Je me rapyoût qui me fit m'en- Mais j'y étais à peine aisi. Je n'ai jamais Les mntentions de travées dans une cer- > intérêt et une même l'accord pour consti-

(Appl. prolongés.)

Page 1