‹ Le barbier de Seville, Le mariage de Figaro, La mire coupable;Chapitre 236 sur 288 · BÉGEARSS, LÉON, FIGARO · texte numérisé non relu

BÉGEARSS, LÉON, FIGARO

LÉON, se contenant mal.

Monsieur, Monsieur, un mot ? Il importe à votre repos que vous répondiez sans détour. — Floréstine est au désespoir. Qu'avez-vous dit à Floréstine?

BÉGEARSS, d'un ton glacé.

Et qui vous dit que je lui ai parlé? Ne peut-elle avoir des chagrins sans que j'y sois pour quelque chose?

LEON, vivement.

Point d'évasion. Monsieur. Elle était d'une humeur charmante ; en sortant d'avec vous on la voit fondre en larmes. De quelque part qu'elle en reçoive, mon cœur partage ses chagrins. Vous m'en direz la cause, ou bien vous m'en ferez raison.

BEGEARSS

Avec un ton moins absolu, on peut tout obtenir de moi : je ne sais point céder à des menaces.

LEON, furieux

Eh bien ! perfide, défends-toi ! J'aurai ta vie ou tu auras

la mienne ! (Il met la main à son épée.) FIGARO les arrête.

Monsieur Bégearss! au fils de votre ami?... dans sa maison, où vous logez?...

BEGEARSS, se contenant.

Je sais trop ce que je me dois... Je vais m' expliquer avec lui; mais je n'y veux point de témoins. Sortez, et laissez-nous ensemble.

LÉON

Va, mon cher Figaro ; tu vois qu'il ne peut m'èchapper : ne lui laissons aucune excuse.

FIGARO, à part.

Moi, je cours avertir son père, (il sort.) SCÈNE XX

LÉON, BÉGEARSS

LEON, lui barrant la porte.

11 vous convient peut-être mieux de vous battre que de parler. Vous êtes le maître du choix; mais je n'admettrai rien d'étranger à ces deux moyens.

BEGEARSS, froidement.

Léon, un homme d'honneur n'égorge pas le fils de son ami. Devais-je m'expliquer devant un malheureux valet, insolent d'être parvenu à presque gouverner son maître ?

LÉON, s'asseyant.

Au fait, Monsieur; je vous attends.

Oh ! que vous allez regretter une fureur déraisonnable !

LÉON

C'est ce que nous verrons bientôt.

BÉGEARSS, affectant une dignité froide.

Léon ! vous aimez Florestine; il y a longtemps que je le vois... Tant que votre frère a vécu, je n'ai pas cru de-

Page 1