‹ Le barbier de Seville, Le mariage de Figaro, La mire coupable;Chapitre 47 sur 288 · LE COMTE, ROSINE, BARTHOLO · texte numérisé non relu

LE COMTE, ROSINE, BARTHOLO

ROSINE, avec une colère simulée.

Tout ce que vous direz est inutile, Monsieur. J'ai pris mon parti; je ne veux plus entendre parler de musique.

BARTHOLO

Écoute donc, mon enfant : c'est le Seigneur Alonzo, l'élève et l'ami de Don Bazile, choisi par lui pour être un de nos témoins. — La musique te calmera, je t'assure.

ROSINE

Oh ! pour cela, vous pouvez vous en détacher :si je chante ce soir!... Où donc est-il ce maître que vous craignez de renvoyer? Je vais, en deux mots, lui donner son compte, et celui de Bazile. (Elle aperçoit son

amant : elle fait un cri.) Ah !...

BARTHOLO

Qu'avez-vous ?

ROSINE, les deux mains sur son cœur, avec un grand trouble

Ah! mon Dieu, Monsieur... Ah! mon Dieu, Monsieur...

BARTHOLO

Elle se trouve encore mal ! Seigneur Alonzo !

ROSINE

Non, je ne me trouve pas mal... mais c'est qu'en me tournant... Ah!...

LE COMTE

Le pied vous a tourné, madame?

ROSINE

Ah ! oui, le pied m'a tourné. Je me suis fait un mal horrible.

LE COMTE

Je m'en suis bien aperçu.

ROSINE, regardant *e Comte.

Le coup m'a porté au cœur.

BARTHOLO

Un siège, un siège! Et pas un fauteuil ici ? ^n va le

chercher.)

LE COMTE

Ah ! Rosine !

ROSiNE.

Quelle imprudence !

J'ai mille choses essentielles à vous dire.

ROSINE

Il ne nous quittera pas.

LE COMTE

Figaro va venir nous aider.

BARTHOLO apporte un fauteuil.

Tiens, mignonne, assieds-toi. — Il n'y a pas d'apparence, Bachelier, qu'elle prenne de leçon ce soir; ce sera pour un autre jour. Adieu.

ROSINE, au Comte.

Non, attendez : ma douleur est un peu apaisée, (a Barthoio.) Je sens que j'ai eu tort avec vous, Monsieur : je veux vous imiter, en réparant sur-le-champ...

BARTHOLO

Oh! le bon petit naturel de femme! Mais après une pareille émotion, mon enfant, je ne souffrirai pas que tu fasses le moindre effort. Adieu, adieu, Bachelier.

ROSINE, au Comte.

Un moment, de grâce! (a Barthoio.) Je croirai, Monsieur, que vous n'aimez pas à m'obliger, si vous m'empêchez de vous prouver mes regrets en prenant ma leçon.

LE COMTE, à part, à Barthoio.

Ne la contrarions pas, si vous m'en croyez.

BARTHOLO

Voilà qui est fini, mon amoureuse. Je suis si loin de chercher à te déplaire, que je veux rester là tout le temps que tu vas étudier.

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