‹ Le barbier de Seville, Le mariage de Figaro, La mire coupable;Chapitre 66 sur 288 · ROSINE, BARTHOLO · texte numérisé non relu

ROSINE, BARTHOLO

BARTHOLO rentre avec de la lumière.

Ah ! Rosine, puisque vous n'êtes pas encore rentrée dans votre appartement

ROSINE

Je vais me retirer.

BARTHOLO

Par le temps affreux quil fait, vous ne reposerez pas, et j'ai des choses très pressées à vous dire.

ROSINE

Que me voulez-vous Monsieur? N'est-ce donc pas assez d'être tourmentée le jour?

BARTHOLO

Rosine, écoutez-moi.

Demain je vous entendrai.

BARTHOLO

Un moment, de grâce.

ROSINE, à part.

S'il allait venir!

BARTHOLO lui montre sa lettre.

Connaissez-vous cette lettre?

ROSINE, la reconnaît.

Ah! grands Dieux!...

BARTHOLO

Mon intention, Rosine, n'est point de vous faire de reproches: à votre âge, on peut s'égarer; mais je suis votre ami ; écoutez-moi.

ROSINE

Je n'en puis plus.

BARTHOLO

Cette lettre que vous avez écrite au comte Almaviva...

ROSINE, étonnée.

Au comte Almaviva !

BARTHOLO

Voyez quel homme affreux est ce Comte : aussitôt qu'il l'a reçue, il en a fait trophée : je la tiens d'une femme à qui il l'a sacrifiée.

Le comte Almaviva !

BARTHOLO

Vous avez peine à vous persuader cette horreur. L'inexpérience, Rosine, rend voire sexe confiant et crédule; mais apprenez dans quel piège on vous attirait. Cette femme m'a fait donner avis de tout, apparemment pour écarter une rivale aussi dangereuse que vous. J'en frémis ! le plus abominable complot entre Almaviva, Figaro et cet Alonzo, cet élève supposé de Bazile qui porte un autre nom, et n'est que le vil agent du Comte, allait vous entraîner dans un abîme dont rien n'eût pu vous tirer.

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