‹ Le barbier de Seville, Le mariage de Figaro, La mire coupable;Chapitre 79 sur 288 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

FIGARO, SUZANNE

FIGARO

Dix-neuf pieds sur vingt-six.

SUZANNE

Tiens, Figaro, voilà mon petit chapeau : le trouves-tu mieux ainsi?

FIGARO lui prend les mains.

Sans comparaison, ma charmante. Oh! que ce joli bouquet virginal, élevé sur la tête d'une belle fille, est doux, le matin des noces, à l'œil amoureux d'un époux!...

SUZANNE se retire.

Que mesures-tu donc là, mon fils ?

FIGARO

Je regarde, ma petite Suzanne, si ce beau lit que Monseigneur nous donne, aura bonne grâce ici.

SUZANNE

Dans cette chambre?

FIGARO

Il nous la cède,

SUZANNE

Et moi je n'en veux point.

Pourquoi ?

Je n'en veux point.

Mais encore?

Elle me déplaît.

On dit une raison.

FIGARO

SUZANNE

FIGARO

SUZANNE

Si je n'en veux pas dire?

FIGARO

Oh ! quand elles sont sûres de nous î

SUZANNE

Prouver que j'ai raison, serait accorder que je puis avoir tort. Es-tu mon serviteur, ou non ?

FIGARO

Tu prends de l'humeur contre la chambre la plus commode, et qui tient le milieu des deux appartements. La nuit, si Madame est incommodée, elle sonnera de son côté; zeste, en deux pas, tu es chez elle. Monseigneur veut-il quelque chose? il n'a qu'à tinter du sien; crac, en trois sauts me voilà rendu.

SUZANNE

Fort bien ! mais, quand il aura tinté le matin, pour te donner quelque bonne et longue commission ; zeste, en deux pas il est à ma porte, et crac, en trois sauts...

FIGARO

Qu'entendez-vous par ces paroles?

SUZANNE

Il faudrait m'écouter tranquillement.

FIGARO

Eh qu'est-ce qu'il y a? Bon Dieu !

Il y a, mon ami, que las de courtiser les beautés des environs, Monsieur le Comte Almaviva veut rentrer au château, mais non pas chez sa femme ; c'est sur la tienne, entends-tu, qu'il a jeté ses vues, auxquelles il espère que ce logement ne nuira par. Et c'est ce que le loyal Bazile, honnête agent de ses plaisirs et mon noble maître à chanter, me répète chaque jour, en me donnant leçon.

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