SCENE III
Les Mêmes, FRÉDÉRIC, suivi de PIRCH.
[Frédéric a son habit bl u ordinaire , sans décor ations*y ses botes >ont couvertes de poussière; Pirch est aussi en uniforme très-simple et en désordre. )
FRÉDÉnic, bas à Pirch.
Ils sont seuls maintenant, nous pouvons les interroger.
pir.cn , bas.
Je voj;s en conjure, sire, de la prudence ; j'ai cru voir un parti de cosaques de l'antre côté de 1 Oder.
Frédéric , haut.
Eh bien, mes petits amis, est-ce que vous avez peur de nous?
ans A, intimidée.
Dam' ! monsieur, quand on ne connaît pas les personnes.
péters, passant devant elle.
Du tout, on n'a pas pour; mais on est bien aise de savoir qui Ion reçoit chez soi, surtout quand on se permet d'entrer par des portes dérobées.
Frédéric, riant.
Ah ! ah ! des porte? dérobées... aune grange, vous êtes bien défiant, mon petit bonhomme.
péters, offensé.
Mon petit bonhomme, eh bien! il est joliment familier!
Air : Quand on s'y prend bien poliment.
Mais voyez donc, voyez donc comme
C'monsieur prend un air important.
Ah ! ça, pourm'app'ler p'tit bonhomme,
Vous n'êtes déjà pas si grand.
Petit bonhomme est un mot qui me blesse, Petit bonhomme est une impolitesse,
Et je vous le dis hautement,
Si l'on pouvait d'viner souvent
A qui certain discours s'adresse^ , On parlerait plus poliment.
frédiïhic, pirch, ensemble.
Oui, s'il savait à qui cela s'adresse, Il parlciait plus poliment. (£<£.)
FÎ.ÉDÊRIC*
Dites-moi, c est bien ici le village de Rutvven?
ANNA
Oui, monsieur.
FRÉDÉRIC
Vous n'y avez Vu 7 cbpuis ce matin, a cun corps de l'armée prusiieime?
PÉTERS
Pas un uniforme !
Frédéric, bas a Pirch.
C'esi inconcevable, (haut) Ecoule, Péters.
PÉTERS
Il s.'.it mon nom.
FRÉDÉRIC
Dos que ton oncle Freemann sera de retour , tu me Fenverras.
PÉTERS
Mon oncle Freemann ?
ANNA
Vous le connaissez.
Du tout.
PÉTERS
Vous le demandez.
FRÉDÉRIC
Justement, pour faire connaissance. N'est-ce pas un ancien hussard ?
Oui, monsieur.
Honnête ) Comme le Roi.
Brave?
ANNA
FRÉDÉRIC
PÉTERS
FRÉDÉRIC
PETERS
Comme un régiment.
FRÉDÉRIC
Qui vient de perdre un procès?
PÉTEÏlS.
Quoi, vous savez aussi?
Frédéric, mantrant la grange.
Parbleu, j étais là , tandis que lu prononçais ton jugement... et que tu cassais éelqi du bailli.
PÉTEUS.
Comment, monsieur {bas à Anni,)Vav exemple, estil indiscret d'écouter comme ça aux portes?
FRÉDÉRIC
Occupons-nous du plus pressé, je prends ton auberge .
PÉTLllS.
Qu'est ce que c'est? vous prenez mon auberge?
Frédéric, relevant la tête.
Tu ne la refuseras pas, j'èsjtère, à deux officiers de Frédéric?
ANNA
De Frédéric !
pétizrs, vivement.
Bien au contraire, tout ce que je possède... tout ce que j'ai... Dieu ! des officiers du Roi!
FRÉDÉRIC
C'est bien , fais-nous préparer un logement et à diner.
ANNA
Air : Un homme 'pour faire un tableau.
Nous n'avons qu'du lard et du pain.
FRÉDÉRIC
Je m'en contenterai, ma chère.
PÉTERS
Dans notre cave y n'y a plus d' vin.
FRÉDÉRIC
Eh ! bien , je boirai de l'eau claire.
J'n'avons qu'un logement tout petit.
FRÉDÉRIC
Je le prendrai, vaille que vaille.
VILLE DE BRUXELLES - STAD BRUSSEL Arc&ves - Archicf
IO
FÉTBRS.
Ft pas un mat'las dans un lit.
FBÉDÉHIC.
Je dors comme un roi sur la paille.
PÉTERS
Oh! alors ! vous serez servi clans la minute ( à Anna ) Viens vite, ma petiîe Anna.
pirch , bas a Péter s.
Surtout le plus grand silence sur notre arrivée. ( Ils sortent ).