‹ Le baril d'olives, comédie-vaudeville en un acteChapitre 7 sur 26 · FRÉDÉRIC , PIRCH · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC , PIRCH

Frédéric , les regardant s'en aller.

Ces enfans m'intéressent : il faudra que j'eclaîrcis?» l'histoire de ce procès. ( à son page) Eh bien î mon pauvre Pirch, tu parais tout découragé.

pirch .

Ah ! sire ! quelle journée ! votre armée dispersée ; les Russes vainqueurs ! et...

FRÉDÉRIC

Oui, il nous souviendra de Kunesdorff.

Air : du Dieu des bonnes gens.

Mon cher aroi, cette défaite , Ici, pour moi, n'a rien de surprenant;

La fortune est femme et coquette:

Et Frédéric n'est pas du tout galant.

PIBCH.

Sollikoffpeut en montrant quelque audace, Etre dans huit jours à Berlin.

FRKDÉB1C.

Àh I mon ami, si j'étais à sa place,

Moi, j'y serais demain. {pis.)

Eu tous cas, si j'étais dépouillé de mes états , je me flatte du moins qu'il n'y a pas de souverain qui ne voulCu me prendre pour son général.

PIRCH

Eh quoi ! sire, vous pouvez conserver encore votre gaîtéj les avant-postes de l'ennemi couvrent déjà l'autre rive de l'Oder; ce n'est que par un prodige que vous avez pu gagner ce village sans être reconnu.

FRÉDÉRIC

Dis par ton courage et ta présence d'esprit, mon cher Pirch ! franchement pour un soldat nouvellement sorti des pages, j'ai été fort content de toi.

pirch , modestement.

Air : Comme il m aimait.

Je vous suivais, (bis)

FI1KDKBIC.

Chacun t'a vu dans la bataille, Partout où grondaient les mousquet*.

PIRCH

Je vous suivais, (bis)

FRÉDÉRIC

Frappant et d'estoc et de taille, On te trouvait sous la mitraille.

piR-cn , vivement.

Je vous suivais, {ter)

Frédéric, lui frappant sur ï épaule.

Sois tranquille f au surplus.... nous prendrons bientôt une revanche éclatante.*, Le général Fink a mes ordres, tout est prévu.... et cv petit échec va donner aux Russes une confiance qui leur sera f„ taie !.. Mais je suis excédé de fatigue. Pirch ( montrant la grange) , je vais me reposer une heure .. tu prendras ma place après..*

PIRCH

Eh! quoi, sire, d;ins cette misérable grange?

FRÉDÉRIC

J'y serai parfaitement ! h la vérité , je crois que je n'aurai pas beaucoup de monde à mon petit coucher; mais c est juste, quand cela va mal, les courtisans ne se montrent guère, (montrant ï intérieur de la grange). Dispose là tout ce qu'il faut pour écrire. ( Pirch tire de sa poche

un portefeuille avec une écritoire, et entre dans la grange^ )

FRÉDÉRIC,, SClll.

Freemaun ! ancien hussard ! ce procès m'occupe maigre moi; il faudra que je sache la vérité, et s'il était victime d'une injustice... Corhleu î je ne le souffrirais pas!....

A m nouveau de M. Blanchard.

uand de ses jours il fit le sacrifice Pour le maintien de mon Iront; et des lois , Il dut au moins compter sur ma justice, Et c'est à moi de défendre ses droits. Fier des succès de sa patrie, Un soldat généreux oublie Le prix qu'il devait obtenir. . . [bis.) Mais son roi doit s'en souvenir.

Un courtisan vient vanter ses services, TA par l'intrigue arrache des bienfaits ; Mais le soldat couvert de cicatrices, Souu're en silence et ne se plaint jamais.

„>-Ali ! quand son courage fidèle Se lait et jamais ne rappelé Son sang , versé pour me servir... (bis.) C'est à moi de m'en souvenir.

( Pirch reparaît. )

Pircîi, pendant que je vais reposer , parcours ce village, informe - toi de la situation des Russes, et sache si ma garde s'est ralliée sur Goritz... Ah ! prends aussi quelques renseignemens sur ce Freemann, dont le procès occupe tant les esprits.

PlllCH.

Eh! quoi, sire, au milieu des dangers qui vous environnent.... lorsque votre propre sûreté exige...

Frédéric, sévèrement.

Monsieur, c'est toujours le moment de réparer une injustice.

Air : Vaudeville de la robe et les hottes.

Je ne sais pas si la victoire M'abandonnera sans retour , Dans tous les cas il est une autre gloire Que je dois briguer en ce jour.

Lorsqu'en retraite il me faut battre , Aux malheureux je puis encor songer ; Si je n'ai plus d'ennemis à combattre

J'ai des sujets à protéger.

Allez , monsieur. ( Pirch s'incline et sort ) Et nous , passons dans ma chambre à coucher... elle n'est pas brillante\m;ûs j'espère bien que demainvnon ami Soltikoff n'aura pas même le temps de jouir d'un aussi bon lit. (// entre dans la grange; des qu il a disparu^ on entend en deli ors la voix de Pélers ).

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