LA PRÉSENTATION AU TEMPLE
(Bas-relief en bols de l’école vénitienne. Fin du xv« ou commencement du xvic siècle.)
xvie siècles serait interminable. Nous ferons principalement remarquer les suivants : le David vainqueur de Goliath, dont une autre épreuve se voit au musée Correr de Venise, travail padouan ou vénitien, que Davillier supposait être de Vellano; une Vénus de la même école padouane;
1. Tome XLI, année 1880, p. 162-165 et dans la Notice sur le baron Davillier par M. Eudel, p. 23.
GAZETTE DES BEAUX-ARTS
un Saint Sebastien, moins fin, mais venant des mêmes ateliers, ainsi que plusieurs satyres assis; un petit Génie portant deux vases et à cheval sur un tonneau, excellent travail florentin; un charmant Persée , jolie figurine du xvie siècle, dont la Gazette des Beaux-Arts a déjà fait la réputation1 et dans laquélle le sculpteur a utilisé l’attitude de la statue antique de l’Antinoüs; une colombe pareille aux oiseaux et autres animaux de bronze qui décorent une salle du musée du Bargello; un superbe chandelier d’une très bonne fonte du xve siècle ; un peigne de bronze doré coulé sur un ivoire du xvie siècle, de style allemand, transformation curieuse dont il existe plusieurs autres exemples2; enfin un délicieux encrier vénitien porté sur des pieds affectant la forme de harpies, décoré, sur l’une de ses faces, par la représentation d’une bataille et, de l’autre côté, par le sujet reproduit dans un dessin qui accompagnera ces lignes.
Nous nous garderons d’omettre le bas-relief du Triomphe de la Mort, faisant partie de la suite des Triomphes de Pétrarque, suite dont le Louvre possède une pièce, le Triomphe de l’Amour, donné par M. His de la Salle. Ces Triomphes étaient édités à plusieurs exemplaires et furent exécutés à la fois en ivoire et en bronze. Les éditions d’ivoire étaient destinées à décorer les panneaux de coffrets d’ébène ou de marqueterie. Le Triomphe de la Mort, en ivoire, figure sur un coffret conservé dans la cathédrale de Gratz, en Styrie, et publié par M. Iohann Graus3. Un autre exemplaire du même Triomphe , également en ivoire, appartient à M. Malcom, de Londres, et a été exposé, en 1879, au Burlington-Club.
Nous sommes obligé de ralentir notre marche précipitée. Nous nous trouvons en face des œuvres de Riccio que le collectionneur était parvenu à conquérir. Voici un petit buste où le maître padouan s’est représenté. Sa physionomie est bien facile à reconnaître, grâce au soin qu’il a pris de nous transmettre son image par une médaille qu’on lui attribue et surtout grâce aux portraits qu’il a insérés dans la composition de son fameux chandelier de Sauf Antonio. L’épreuve du baron Davillier, qui est excellente, vient du Cabinet de Janzé. Une autre épreuve se voit, à Vienne, au
1. En le gravant, t. XIX, p. 326 et 2"’° période, t. X, p. 304. Il est également gravé dans la Notice sur le baron Davillier par Ht. Eudel.
2. On trouve dans la même collection deux plaquettes fort intéressantes qui ne sont pas autre chose que dos moulages exécutés à la Renaissance sur des ivoires du moyen âge. L’un représente Dieu le père bénissant, de style grec; l’autre Y Entrée de Jésus à Jérusalem, de stylo gothique.
3. Die zicci Relliquienschreine in Dôme zu Graz. 1882, in-8°, p. 15.