LE MATIN
( Collection de Mm-e la Baronne N. de Rothschild.)
LA COLLECTION DAVILLIEIL
Cabinet des antiques du Palais impérial, où j’ai été assez heureux pour la distinguer il y a quelques années. La statuette d ' Arion est justement célèbre. La Gazette 1 lui a consacré un éloge et une gravure qui nous dispensent de revenir sur cette admirable sculpture. C’est encore au même maître qu’est dû ce beau bas-relief de l’ Adoration des Rois, reproduit dans cet article. Les figures sont, il est vrai, d’un relief moins élevé que dans les panneaux de bronze du tombeau de Délia Torre, mais c’est bien la même manière. Une autre épreuve de la même composition fait partie de la collection de M. le comte W. Pourtalès, à Berlin1 2. L’école vénitienne du xvie siècle doit encore revendiquer, dans la collection Davillier, un magnifique buste d’empereur romain, peutêtre un Lucius Verus. On ne peut rien affirmer, parce que les artistes de la Renaissance n’étaient pas toujours très scrupuleux dans la traduction des types de l’antiquité qu’ils interprétaient. C’est l’œuvre puissante d’un sculpteur qui ne s’éloigne pas encore trop des traditions et de la consciencieuse exécution de l’école de Padoue. Ce n’est pas le produit d’un travail massé et traité déjà par larges plans comme seront les ouvrages de sculpture postérieurs cà Sansavino et à Vittoria. M. le comte W. Pourtalès, de Berlin, possède aussi un autre exemplaire du même buste3.
Les médailles, paix et plaquettes réunies par le baron Davillier forment des suites très intéressantes. La place nous fait défaut pour en démontrer en détail la valeur. Bornons-nous à dire qu’il avait groupé quelques ouvrages des principaux médailleurs des xve et xvr siècles. Nous citerons seulement les pièces que nous n’avons vues que chez lui : Un grand médaillon représentant une femme en buste, les cheveux ondés, bordure avec décor de palmettes, œuvre inédite ; un portrait fantaisiste d’Annibal, médaillon de grand module avec cette légende : anibal cartagixensis, et le petit portrait d’une femme en costume du xvr siècle, dont le type rappelle celui des mulâtresses. Parmi les nombreuses plaquettes nous remarquons : le Petit ensevelissement du Christ d’après l’estampe de Mantegna; une épreuve en bronze de la pierre gravée de Laurent de Médicis {Bacco in Nasso) agrandie par Donatello pour décorer la cour du palais Riccardi à Florence; une Mise au tombeau d’un style char-