LA VIERGE ET L'ENFANT JESUS
(Bas-relief en pierre do l’école italienne. xve siècle.)
autre bas-relief de pierre grise ou noire, pietra serena ou lavagna, a encore pour sujet la Madone et date de la même époque. Un roi de pierre blanche, sculpté au xvc siècle et revêtu du costume usité sous Charles Vil, représente l’art français. La statue n’est pas d’une grande finesse d’exécution, mais fort intéressante par les détails de l’habillement.
marbre. — Le premier monument à nommer est d’un caractère archaïque très prononcé. La Vierge, drapée à l’antique, assise sur un siège
GAZETTE DES BEAUX-ARTS
garni d’un lourd coussin, les pieds posés sur le scabellum , tient sur ses genoux l’enfant Jésus bénissant. Cette image est empreinte encore de la manière antique et procède d’une école conservant le style traditionnel, bien qu’elle ne rappelle pas exclusivement le style grec de Byzance. Il me paraît très difficile de la dater avec sûreté. On peut cependant affirmer quelle nous représente le type consacré à la Mère de Dieu par l’iconographie religieuse de l’Italie avant les modifications apportées par l’école gothique. Le Christ enfant qui surmonte le retable sculpté par Desiderio da Settignano pour l’autel du Sacramento, à Saint-Laurent de Florence, a provoqué de nombreuses imitations dès lexvc siècle. Une de ces imitations, due à quelque artiste contemporain du maître et malheureusement bien éprouvée par des accidents, a été recueillie par le baron Davillier. Le piédestal, trouvé isolément, ne fait pas partie de la sculpture. C’est un agréable spécimen de l’art du portraitiste au xve siècle que ce fier profil de jeune homme dont nous donnons une reproduction. Il a été acheté à Milan. Un médaillon de femme, la tête coiffée de bandeaux de cheveux ondés, d’un travail plus dur, émane vraisemblablement d’une école du nord de l’Italie. Nous signalons enfin, dans cette série, un bas-relief représentant un buste d’empereur romain, la tête laurée, largement traité. C’est un morceau très décoratif de la fin du xve siècle ou du commencement du xvp. Au bas de ce portrait de fantaisie on lit cette légende : iiadrianus augustus. La cuirasse est couverte d’un riche motif d’ornement.
Bois. - — Nous passerons sans insister sur une bonne série de sièges, de bahuts et de coffres du xvie siècle, sur un magnifique soufflet historié de la même époque1, pour arriver de suite cà un bas-relief de grandes dimensions dont le sujet est la Présentai ion au Temple. Ce panneau, tout rempli du style des Bellini, est à cataloguer parmi les meilleures œuvres de l’école vénitienne de la fin du xv° siècle et du commencement du xvie. Il possède au suprême degré le goût du terroir qui l’a produit et l’accent de son pays d’origine. Si le bas-relief de la même époque et de la même école, appartenant autrefois à M. His de la Salle et aujourd’hui au Louvre, est d’un dessin plus fin, plus serré, plus élégant, le panneau de M. Davillier fait connaître, en revanche, une période de puissance et d’épanouissement dans la sculpture vénitienne de la Renaissance.
Bronze. — C’est par le nombre et l’importance des sculptures de bronze qu’éclate la richesse' de la collection Davillier. La plus ancienne est la statuette d’un chevalier du xne siècle représenté avec son armure. Cette figurine équestre, d’un travail grossier, est extrêmement curieuse
U Gravé, dans la Notice sur le baron Davillier par M. Eudel, p. 57.