M. DCC. L XXXVI
xUNGÉLiQUE est aimée d'Oronte et fort disposée à lui donner la inainj mais elle est soumise aux volontés d'une vieille tante , veuve depuis peu et riche , qui a encore la prétention de plaire et de vouloir être remariée avant de marier sa nîecc. Ce n'est même qu'en flattant son espérance à cet égard qu'on peut être admis chez elle , et avoir quelqu'accès auprès d'Angélique. Oronte a prié Léandre , son ami, de feindre de l'amour pour la tante , afin de lui faciliter , à lui , les moyens d'entretenir souvent Angélique de celui qu'elle lui a véritablement inspiré. Léandre s'ennuie bientôt de cet emploi. Poui s'en débarrasser , il veut introduire un jeune Marquis de sa connoissancc dans cette maison , et y faire venir de Bretagne un certain Baroa d'Albikxac , peu favorisé de la fortune , et ca-
a ij
î; sujet du baron D'ALBIKRAC.
pablc d'épouser la lante ; mais il ne peut arriver à Par's que dans quelques jours , et Léandrc imagine de faite passer , en attendant , son valet la Montagne pour ce Baron. La tante surprend Oronte avec Angélique , qui feint de ne l'écouter que parce qu'il lui dit aimer la tante , et qu'il cherclie à l'intéresser en sa faveur auprès d'elle. Celle-ci , à qui il a été recommandé par un frère d'elle , comme venant solliciter l'arrangcinent d'une affaire , se prend de belle passion pour Oronte , et veut qu'Angélique épouse le prétendu Baron qu'on lui présente. Pour détruire ce projet , on accuse Oronte d'avoir des ergagemens avec une sœur du Baron , que l'on dit à la rante vouloir se venger , si elle ne l'épouse , et si elle ne donne sa nièce à Oronts. La tante , craignant pour Oronte les poursuites du Baron , consent à tout. Les deux amans sont unis, ainsi que Phiiipin , valet d'Oronte, avec Lisette , suivante de la tante , qui n'est désabusée qu'après quelques jours sur le compte du Baron , toujours attendu de Bxetagne pour J'époijser,