‹ Le baron d'Albikrac; comédie en cinq actes, en versChapitre 2 sur 102 · JUGEMENS ET ANECDOTES · texte numérisé non relu

JUGEMENS ET ANECDOTES

«t 'LUETTE Comédie eut un succès si marqué , et qui s'est si bien soutenu depuis qu'elle a paru, qu'il est peu de personnes qui ne la connoissent , soit par la lecture , soit par la représentation , disent les frères Parfaict. Elle est plaisamment imaginée , bien conduite , et les personnages qui la comporcnt ont tous leur mélite particulier, Les stratagèmes qu'on emploie pour tromper la tahte sont ingénieusement et naturellement placés. Le travestissement du laquais la Montagne ne sort point de la vraisemblance , par le soin que l'Auteur a pris de l'annoncer comme un garçon d'esprit j mais enfin tout cela ne compose qu'une intrigue commune , aucuns caractères et nulle correction pour le$

îv JUGEMENS ET ANECDOTES, mœurs. On n'emporte de cet Ouvrage que le plaisir d'avoir ri aux dépens d'une ridicule j et cette ridicule n'est pas assez singulière pour présenter un tableau utile aux yeux du Spectateur. Au reste , cette Comédie est bien dialoguée et d'une versification supérieure à tout ce que Corneille de Lisle avoit composé jusqu'alors. 5>

Nous trouvons dans ce jugement des frères Parfaict une contradiction étonnante , que l'Auteur du Dictionnaire Dramatique a copiée , mot à mot. Au milieu des éloges excessif; qu'ils donnent à la Comédie du Baron d\4lbikrac , ils nous disent que la tante ridicule n'est pas asse:^ singulière pour présenter un tableau utile aux yeux du Spectateur. Mais si pas asse^ s^n^uliere veut dire , comme nous le croyons , trop commune , le tableau qu'elle présente aux yeux du Spectateur peut lui être utile , puisque dans le nombre compris parle mot Spectateur , il peut y avoir beaucoup de personnes qui ressemblent à la tante ridicule. En effet , rien n'est si commun que de vieilles metes et de vieilles tantes , qui ont la prétention de plaire plus que leurs filles et leurs nièces i et c'est cette bizarre prétention que

JUGEMENS ET ANECDOTES. v Thomas Corneille a voulu détruire , en en présentant aux yeux du Spectatuur le tableau ridicule.

Robinet , dans ses Lettres en vers , nous apprend que cette Comédie fut jouée à une fête particulière , donnée par Madame , le kj Décembre i66ii , et que ce fut Raymond Poisson qui joua le premier le rôle du Eaton d'Albikrac.

Par t. CORNEILLE;

Représentée au Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne , AU mois de Décembre i66i.

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