SCENE PREMIERE
ANGÉLIQUE, PHILIPIN.
Angélique, tenant une Lettre,
^I j'en crois ce billet Oronte est fort sincère, Il met tou: son bonheur à me voir , à ir.e plaire j Mais ce fut U toujours le style des amans.
Madame , il meurt pour vous. Vous savez si je mens? Je suis valet d'honneur , et, quoi qu'i! pût dcrirc. S'il n'dtoit fou d'amour voudrois-je vous le dire? Il pense à vous sans cesse, et s il avoir cRnt cœurs....
Angélique.
Çusnd il peut me p.irler i! me di' .'es douceurs! Mais son sexe par-tout doit ce tribut au nôtre,
A ij
Mon maître , croyez-ixioi , n'est point fait comme un
autre.
A moins qu'on ne lui plaise , et plaise tout de bon , Jamais sur la fleurette il ne règle son ton.
Angélique.
Jamais ? et quelquefois il en conte à ma tante.
C'cst-là de son amour la preuve convaincante. Il n'est pas de ces gens si fort abandonnés Qu'il doive être réduit aux attraits surannés; £t si par votre tante , aussi vieille que folle , Il se laisse arracher quelque douce parole , S'y pourroit-il résoudre à moins que de savoir Qu'on n'obtient que par-là le plaisir de vous voir? Mais que doit-il attendre .' enfin , que lui dirai-je î
Angélique, Que j'ai lu son billet.
Ph I L I p IN.
Le rare privilège!
N'aurons-nous rien de plus?
Angéliquî.
Quoi ! tu n'es pas content ?
La plus indifférente en feroit bien autant. Ce n'est que savoir lire.
ANGÉLIQUE
Un jour viendra peut-être..,.
Un peut-çtrc n'est point ce que cherche mon maître»