SCENE XI
I. A VIOLETTE, et plusieurs autres domestiques qai apportent le dîner ;D. JUAN, SGANARELLE.
( Ss;anareUe prend un morceau dans un desplats qu'on apport^ , et le met dans sa bouche, )
D. J u A N, à Sganarelle.
1^ u E L L E enflure est-ce-là ! Parle , dis , qu'as-tu ?
Rien.
D. J V A N , voulant voir de près.
Attends, montre.... Sa joue est toute contrefaite.
( A la Violette. ) C'est une fluxion..,. Qu'on cherche une lancette, le pauvre garçon ; Vite il faut !c secourir. Si cet abcès tentroit , il en pourroit mouïir.
COMÉDIE. loj
( A S^anardU. ) Qu'on le perce , il est mûr... Ah 1 Coquin que vous êtes, Vous osez donc...
Sganarille.
Ma foi I sans chercher de défaites, îe voulois voir. Monsieur , si votre cuisinier JJ'avoit point trop poivrd ce ragoût. Le dernier L'dtoit en diable I aussi vous n'en mangeâtes guère,
Puisque la faim te presse, il faut la satisfaire. Fais-toi donner nnsicgc, et mange avecque moi. Aussi bien , cela fait , j'aurai besoin de toi. Mets-toi là.
SGANARELLE, prenant un si/gf.
Volontiers , j'y tiendrai bien ma place.
D. Juan.
Mange donc,
Sganarelle.
Vous screx content. De votre grâce , Vous m'avez fait partir sans déjeûner ; ainsi J'ai Tappétit , Monsieur , bienouvert. Dieu merci!
D. T va n.
Te le vois.
Sganarilli.
Quand j'ai faim , je mange comme trente...;
( Après avoir mange d'un plat. ) TStez-moide cela , la sauce est excellente. Si j'avois ce chapon , je le menerois loin '.
( Ala Violette qui lui veut donner uneassietle Hanche. J
Tout doux ! petit compère liln'enestpas besoin:
to8 LE FESTIN DE PIERRE»
Rengainez. Vertubleu ! pour lever '.es assiettes Vous êtes bien soigneux d'en pfcsenter de nettes,
( A un autre Domesiique. ) Et vous. Monsieur Picard , trêve de compliment: J c n'ai pas encor soif.
I>. Juan.
Va , dîne posément,
Sganarilli.
C'est bien dit.
Chante-moi quelque chanson à boire.
Scan arille.
Bicr.tSt, Monsieur. Laissons trarailler la mâchoire. Quand j'aurai dit trois mots à chacun de ces plats.... Qui diable frappe ici ?
D. J u AN , à un des àormstiques.
Dis que je n'y suispas,
Sganarelle.
Attendez, j'aime mieux l'aller diremoi-inême....
{llva à la porte, et revienltout enraye, )
Ah i Monsieur i
D. Juan.
D'où te vient cette frayeur extrême \
Sganarîlle, laissant la tète.
C'est le.,,.
Quoi?
SCANARELLE,
J c suis mort i
Vcux-tu past'cxpîiquer}
SganaRILLE, iaissnnt encore la icie.
Du faiseur de... tantôt vouspensici vousmocqucr? Avancez ; il est là? c'est lui qui vous demande,
D. J U A N , ii levant.
Allons-le recevoir.
Sganarelle- Si j'y vais, qu'on me pendî !
D. Juan.
f^uoi ! d'un tien ton courage esc si-tôt abattu !
Sganarelle, i! prtrt.
Ah I pnuvre Sganarelle ! où te cachcras-tu î