‹ Le baron d'HolbachChapitre 12 sur 12 · II · texte numérisé non relu

II

tant de matières! On mfaii^t parl^de Diderot nreoélp^ ^ mais âci moment ^ue je l'm vb Vinguvgiter sans pudeur une énprme 'anguille de la Marne , cet komme-Jà a été jugé ; je noie suis dit e Gîeelun vase de boue»

-*^ Quelle société que celle où de ^anetls hommes sont les meilleui^s !

' «^ Lê3 meilleurs , sans doute y dans oé sens i|ue 9 si un corps devient cadavre., fiât «ce celui d^Ackille on de Vincent de Paule , les Véns. qui

le remuent valent mi^ux que le héros, sEueux que le sàinU Mais où voiU , ainsi . traînèi / ces convois dPbommes, et oeiil qui les traînent ?

*^ Je commence à croire qu'il n^s «: que irous qui le sadiiez. /

•^ C'est ce que tout le monde sera bientôt forcé de dire. L'œuvre de Dieu , ou Foeuvré des otovulaiomaàires , dont la l^èrelé du siè-* de- ne s'est tant onoquéeque parce qu-^lle;é(aH incapable de la ccmprendre, est destinée à noi|s repréèenter l'état actuel de l'Église et la

future conversion des Gentils. Vous cenoevez que les Gentils y c'est le siècle. Or, l'état ac(uel

(1« l'Eglise est de toute évidence un éta( YÏoleni. Est-ce une vision que la future conversi^a^U genre bumain ? NVHl pa» à se racheter de ia mort du péché ? Qui dit rédemi^tion ^ dit s^^ orifice ; etyoiià ce que signifie le crucifiement de^ per$Qn|ies qui s'iden tifii^pt di vi^j^mt^ f jSo^t avec l'état de rÉgU^e, soit ave^^ l'état de Ubu^r man^é. $uivez*-moi bien , et ^Têtez^mpi, Ipc^r qu? vpus ne m'^tendr/ez plus* >;

^ . -^Monsieur, il me vient une idée ^}J^ i^ soumets' à vos . lumières* Les 'pi*emier& çhi;é-<tiens n'étaient4ls pas.^ sous pli^siem^s rapncurts , semblij)les au^ convolsioJtHiâireâ? . •— On ne peut' mieux renconti'çr ! •:

— J'ai remarqué; la même an^lçigi^ d^p^ \^ vie de certaine prophètes. . .}'■:.. ;

-^ Bien ! voilà la premièt*e fois ({ue JQ tffti^yf

dans un homme di^ m^onde ^es vues si guindés

et si jiistes. Ah ! iponsieur^ que Dieu vç^^ ^ fait de grâce de vous développer ai^si Iç plap et l'économie de son oeuvre! Ifi^s f^^qtns des convulsionnaires qui ont le don des l^ngu^s-.. -^ Compote Içs apôtres. - * *

— 388 — • ' — D*autre5 aTàlenC àè la cendre et des ex-

créniens...

- — Comme Ezediiel, que M. de Voltaire plaisante si indécemment sur spn d^euAer.

-^ Ces plaisanteries nous touchent moins que le blâme de certaines personnes soi-disant pieuses , qui condamnent* dans les conyul^ons ce qu'elles approuvent dans l'Écriture. Il en est même ^> de qui le zèle téméraire yaj us- (p'à .substituer des interprétations mîondaine^ au .sei:i$ • le plus clair *du texte sacré / et , par exemple, retranche à Ezéchiel tout justement le plus beau de s6n*fait. Ces personnes ne peuvent souffrir dans l'œuvre, des conduisions tout ce qui a l'air ^e l'indécence : elles oublient que Isaïe, par l^rdre de Dieu , èourt tout nu dans lesrues de Jérusalem.... v

— Et que* Judith se paré pour exciter des

motfvemens lascifs dans un homme au'elle veut

tisçassiner.

— JNons ne finirions pas , si nous voulions

* L*kbbé Gruènée, auteur des Lettres de qiielques juifs à M. de roUaîn, (Note de V Éditeur. )

passer en revue toutes les actioiis indécQOt^d ou irrégulières des prophètes et de&apôVres;

tou^ ces^ actîonsse repcoduisent dans (es di{^

férensétat$ des convulâopnaires; tous ces états

sont énlraient saiùtè et réclanieiil de notre

patt la même véhérfitîon , les mêmes secours. • • • ' • . «

Je fais souvent dés opérations, qui répugnent

à là .nature , car Tœùvre de Dieu est.à là £dis

réelle et end)lématiijue : mais^ aprèV tout^

il n'est pas dit que lé myst^e de là nouvelle r^ .

deinption doive s'accomplir sans qu'il en.coûte^

et que*lé corps social , pour parler ta langue

des pro&nès , vicié et corrompu jusque dans là

moelle de ses os , puiisse évacuer toute- la masse

de ses impuretés.par une innocente bouture de

Vaccine.* .

Toussaint prononça ces paroles avec une in*

dicîblé expression de profondeur et d'îrdni'e«

-rLeniôyen est tellement insuffisant /ré-?

' ■• * pondit le chevalier, que lès profanes auxquels

vous faites allusion semblent n'y pas croire

eux-mêmes, el parlent plus ou moins clairement

d'une grande crise, comme du seul remède à

Pétài dé consomption où noui sommes tombés* Tons paraissent dominas par Tidée d*mie im-* molation nécessaire : une de leurs formuleçl eet qû'ilfiiut momir pour vivre.

•*^£lle est heureuse; il n'y manque rien que d'être prise dans ki grande at sainte aoceptitm de l'œuvre de Dieu y au lieu d^ n'être qu\me vuis étroite , 'fournie par l'observaticm de quelques phénomènes physiques. Mus , je suis de votre avis, et. ce n'en. est pas moins une diose frappante de voir que ces hommes si suparbess, si contempteurs de l'esprit de nos mystères , ne soient jamais mieux éclairés que lorsqu'ils en ire* çoivênt quelques' lumières.' Je fus jadis -un des commissaires noMmés par le Parlement pour examiner l'Encyclopédie ; eh bien ! monsieur, il est'pi*odigielix combien j'ai noté de pas-

sages «ussi caractéristiques , pures inspirations d'une grâce instantanée qui agissait sur l'écri-

vain à son insu, peut -être même malgré lui.

Ces remarques , je l'avoue j n'ont pas peu con*^ tribué à m'édifier: Allez , monsieur, c'est une grande douceur que la persuasion où je suis

'■'fi*

~ 8W — de;rc^oacllé.de4iOtrd'aBikvr0 ! Saiis: ip'ftt faire

accroire, je. {Mib âifie . mainlciilint i ^qM: 4fni6 )èâ èft]^k4td ié Mt^fMTbiiïfa^iit de IIQ^ y êt^tetqui riôu^' ighôre'eïiôore OU' tioà^ ittéj^risé ; éëf i^fît ndtfè dfeciiiië au ibhd: . ; .^ j. i

— Ce tt*est pâi inài * ^ûl liaé' (îôiitèïitérifïs • flë Pélfé'de dette teiWére; el'f^péf^ ^tle Vrtiik Vouarez bien m mitiejç' un jour. *

— Mon Dieu ! mais vous 1 eies....

-^Cependant..;.

— ^ Vous "êtes ,; et je vous tiens pour aiissi

avancé que moi, c'jest pourquoi je ne crains ps^s de mfe réjouir a^vec vous • de nos prospéril^és . Sans faire tort à personne , il y a certainement plus de joie pour nous^ ^.^njs la fête de ce jour» que pour aucun de ceux qui la célèbrent. Jugez-en'par ce nuage d^incertitude et de souci qui obscurcit tous les visages.

Cette remarque était d'une évidente vérité j et, bien qu'aux yeux du chevalier elle ne pûl

être Interprétée au proBt du convulsionnaire y sa curiosité n'en fut pas. diminuée.

r^'Cle^e je Vous demande-, dit-il, c'est cpie Trous lafadmettiez à vos itôsémblée^.

fifjfts- d'ici à quelque teii^s il «n'y aura riea, at* tendu cQie^ depuis l^anhée où le Ueuty^nanA-génél«l de.poliçe a dissous par iafprce nos assemblées, il^ plîji. à Dieu de c^anjger. l'état extéFietur

des conVulsiops en un état tout intérieur. Dès

quie Ce dernier ^tat cessera, ypus serez piésenté

a?ec certaines précà\itiohs qui ne serpnt pas

toujours nécessaires, sans doute ^ car la grâce

fructifiant chaque jôiir de plus en' plus éhort^

dandinent, je me. flatte, que nous^ deviendrons

enfin si clairs , si clairs , qu il n'y aura pas un

commissaire j pas un exempt de police, qui ne

OS^PÏTSCSi, ziii.

Les honneurs d'Une journée si tumultueuse

semblfdent Une épreuve suffisante pour les for*

ces de Suzanne : au^si fut^il décidé , par aids

unanime des ma!trones du Grandval , que les ■ • • •

deux* jeunes épdux vivraient séparés jusqu'à

son parfait rétablissement.

MàrCellin voulant profiter de cet intervalle

pour faire, à l'aide de son ami le chevalier >

toDS les petits arrangemêns que nécessitait sa

uouvelle position,, ëtait pafti pour Paris dès (e

lenctemaîn de la noce. A la grande surprise, de

piadame d'Aine> Suzanne, en le laissant partir,

lui avait témoigné une vive in^atiencè de son

retour, et *celiei, dans des termes, affectueux,

qui prouvaient que , malgré- quelque difiërence

de caractère, l'ami de son enfaMfe, son prenper

instituteur et son amant ^^ lui avait loujoqrs été

assez cher à tant die titres pour qu'après yne

longue absence et des jours si orageux', elle eut

ressenti de douces émbtions dans ses embras-

semens. C'est que la mort du comte de.Rolam-

pont , par laquelle les dernièces espérances qui

pouvaient rattacher Marcellin à la caste nobVr

tiair^élâi^nt probablement ; rviiAée^ sdoa te-

tout^ , ^ vexia}4. .^^\cùX^ de rapp^lfarvîvemt^tit à.

Sji^anna tOMt, ce qn'^lk lui avaii. coûté j il

d0v^9ait ixnpoissible d^ mal*. r^coApaîtr^ ^ m • . • . »

liinojar promré par tant de )$a^ipiâc^a ;,ajo«tpiii^

que Suzanne-,, s'estimant t0ii(|oars dîglk^ de

• If arceliin , n'dn devait êtî'e qu/a.t4va^*x-

l^anlive ^t pkis abandonilée.dahs ses oatessea^

lift jcÂfiL de MaroeUtu fut si gràftâe qu'^Ue le fendit presque insupportable niA ijieValier .qui

Fëcoutati monie et soucieuK. Cette. dî0^*

ranoè ê» dispositions' devînt f^^ tranciiée

lorsque y dbaugeackt tQut^ih^eoup de a^JQt, il lui

~ VdusiiesâVïe^ pfis. que j'ei ai#iagé une surprieel 1^ ii0fil^Mi}$ ? . ,, ,

: «^Laquelle? d^maitMla le chevalier» ^ •~Une brochure ebutre *1^ .fanati^ili^ ^ou

plutôt Jiin paoïphlet; bien. . irréligieux , qua j'm

composé et fait imprîmor secrètement quelques

jours après mon retour de HoUaude* Ne trpui

'fiea- vous pais qu'U y a toutes soute* 4*ài-propw

daps ce*|^ébut'?. ' » -

•^ Je crains bien pour vous quele priqçipal à-propo$ ne soit passé. Parij ne s^émeurtt pas deux fois pdir u» R^me f^l , ,^( plillan< a^été sévère oonire ua acte de faixmtism^i .pUp^ ob crmra devéîp montrer do zélé pour ^ rebgio^ attaquée. Vous pourriez donc vous étne attiré imte fâcheuto affaire.

•^Cest impossible , mo» cher, n'ai-ji^'pas

l'appui du Parlement? La*prémdie|çiieide 0é(|uigtiy m'a fait taille >el mille compliment hier, et même,- dans un entretien d'une heure tipib' nous

aVôns eu ensemble , elle m^a incité ; ide hima-

mère la phis'prei^sante, à lui faire Visite*. . " '• • •••*.,'• • -^ ., •

-r- Vraiment, elle a été très-preësante?... *•

r-On fH* peilt plus pressante , tou^ dis-je ;. mais vous voyez tout en noir anjdurd'huf ; •

-^ Nofts reparlerons ; à loiâr de cette invitation. Mais pour révenir à votre brochure, per inettez-^mdt de regretter que vous l'aviez faite. Non que je prétende, Dieu m'en préserve ! que la gentilhdmmerie déroge par la gloire litlé* r^ire. L'hoihme ' qui . prend la* plume kvée la conscience bien fondée d'être utile à ^es sém-blables , ne pçpt rien* perdre en dignité et trouve*, en cas de persécution',* toute la société

de sonparti même contré les loi s. Mais vous sen-

tez, mon cher ami, que ce n'est ni vous ni mpi qi^

serions aussi intéressâtes dans nos disgrâces, et

la moindre ^e nous' pourrions encourir en.

visant à la renommée , ce serait de faire aux

yéUK de nos contemporains des .personnages

■iT- *- T- - - .JZ. ^ . 'n^itmSS^mm^Ki^

ridic^les comme Poinsinet de Sivry y camme.

Damilaville , commue le comte ^e Iiaïu^aguais, h ifpï tout le monde reponmdtrail. beaucoup

d'jesprit , s'il ayait celui de ne pas composer de

tragédies , surtout de ne pas en acheter par le

mé^me sentioient* de vanité qui lui. fait acheter

des cheyaux et des maîtresses. C'est ain)si qu'on gâte .un beau nom sans aucun dédommagement ; après avoir compromis le*yôtre avec tous les avantages qu'il vous assurait ^iln'y a plus qu'un parti honorable et politique pour vous : <{'est de laisser croire au monde que vous n'avez pas fiiit tant ^e sacrifices à la vaine gloriole de devenir un philosophe à. la suite , mais bien à la passion la plus violente pour celle de toutes lés femmes qui niéritait ie mieux de l'inspirer. Il n'est personne qui^ voj^ant Suzanne ^ ne vous considère l>ien plu^ que si vous, aviez travaillé

à J'£neyclopédie. Croyez-moi, mon ami, n'ayez

pas d'autre gloire que d'être heureux. . Sâvez-

vous que c'est une chose assez difficile d^à y

que d'étrç Wureux ? • .

Marcellin fui singulièrement frappé du ton

avec lequel le chevalier prommca «cette det^ oiére p^ase. ' .

. -^ Déddément y réponSi-il , vouis ayez &it ^elqii» mauraîs ré ye y car Yoîlà que tous m'ai-

tristes même en me parlant de mon bonheur.

La conversation en re^ta là, le chevalierne jugeant p96 à propos d'adoucir ni aenteqimer la petite blessure qu'il vepait de fçire à Tampurpropre d,e eôn timi , et se reprpcbant peut-être d'avoir d^à , par une généralité sententieuse'« heurté l'intrépide confiance queMarcëllin avait en soù bonheur.

Car , en tout cedi , 4e chevalier n^était point guidé par la jalousie : du moins^ il ne se l'avouait pas/ Au fond de sa province , où la maladie et la mort de sa mère l'avaient retenu .toute uae année j loin de se^ distrjictions et de ses plaisirs

babîtuoisy l'image d'une belle et chacsie fille

laissée svr la route de Versailles , s'étairt sans doute représentée plus d'une* fois à son esprit; et peut^tre qu'à dés vuf s d'une légèreté eocH pable allait succéder un sentiment «noble et épuré. Le chevalier était à «cet âge où les hoin-

iDeâ de son caractère sont parfois pUéttats d^une afifeclion pix>fûcideeii punition <)èioales*le.ur& prouesses, sacrilèges^ mais si un'telcfcaiigeoMot. s'opérait en lui, il t^'en-ÇTail: pas\^ieoro

la GonsciéWce. Enfin , sans pouvoir dure avec

quels yoUx il i^erit Suzanne, il fut deoeuiri qui lé my stèfe de sa longne absence inspira de tristes réflexions., que. madame d^ Aine , dans leor

dernier jéntneûeD, nVvoitpasfcu calmei**- Mais le moment approche où les doutes qui le tour*^ nient^nt, et que par générosité il oci veut pas eommuniquer à son ami , vont prèndi^. pour tous' deux l'apparence d'iine fatale \ certi»*

Arrirés à Paris , leur premic)^ soin avait été de louer dans Phôtél du cfaevalier<iin petit apparteûient destiné au jeunet mraage. L*e surlen^ demain^ Marcellin ijtii était «aorti- pour faire ^elques jemplettes , trouva* en rentrât son inlérîeur oiiié de. plusieurs jolis meubles par-^ fiatemont assortis y qu'on ayait i^pportës et posés «pendant spu absence ^^ bien qu'il n'eût donné aucun ordre de cette nature. Il ii'eut

rien de phis pressé que d'appeler son ami pour .lui faire admiter Cette magnificence.

. — SaYe£*you8 ce que cela signifie 7 Jui ditril.

■"**•.' -^ C'est sûrement une galanterie de mi\dame

Geoffiin; elle g fait la pareille à Thomas, à

d'Alemhert , ai Morellet et à Tingt autres.

— Mais c'est une Providence que cette femme-là.

— Elle vous traite comme les gens de lettres, mai& attendez-vous à ce qu'elle vous «gronde comme eux, à la première occasion qui se* présentera bientôt; car mes craintes étaientfondées , je viens d'apprendre que votre' brpchure est dénoncée au Châtelet. Quelle imprudence vous avez coiJ|mi&fe! Toutes les phrases sont extraites des. passages les plus hardis des Uvres 4ul>aron et de Diderot; encore n'y furent-elles jamais rapprochées et resserrées «comme dans vos pages»* Vous n'avez pas une ligne qya , en rigoureuse justice ,• ne puisse motiver contre vous *une sentence de mort , et la plus grande indulgence que vous deviesç attendre des^uges» c^est qu^ils dînent avant de prononcer rarrét.

auqoel ' pas tous seriez seulement condamné ad ornnia titra mQrtem : en français, le fouet , la marque, les galères....

— Ils n'oserfiient, interrompit Marcellin, qui cependant pâlissait en écoutant ces détails.

—Encore une fois*^ ne yoùs endorinez pas, suiyez-môi plutôt, et allons voir ceux ^e nos amis qui seraient disposés à .intervenir pour vous. . . '

Après plusieurs visites où ils* avaient reçu des promesses plus . oit moins . rassurantes , * comme ils se trouvaient dans la tue de Belles Chasse, le chevalier dit à Marcellin:

— C'est tîout près d'ici, que demeure mademoiselle de l'Espinasse , qui est très-malade. en ce moment, et |e ne voudrais pas, moi son ami, passer si près d'elle sans demander à lavoir. Je lie vous engage pas à monteifavec moi, car ce n'est paô proprement une visite. Au reste,* vous n'aurez pas long-temps à m'attendre.

Lé chevalier fut admis sans difficulté à voir celle qui bientôt ne devait plus être qu'un sou-

venir; maïs quel souvenir ! Guibert , le docteur

Bordeu et d^Alemberl enioùraîent seuls la couche où.gisait leur Ninon ;;Niiion'aus5i.laide que l'autre avait été belle', aussi pauyre que L'autre aVait été riche ; maijs vigoureuse et intempéra dans ses ardeurs, à faire' honte à la fragile maîtresse de lia Châtre.. Ses sentimens, plus-que l'âge, l'avaient usée, et la fi^Vre dont elle mourait était encore, une fièvre d'àmour.. Sans peur et sans reproche , elle ne

semblait xnalheureuse que de ne pas. voir réunis autour d'elle , à ses derniers .moment , tous ceux qui avaient été néce^smrea à son bonheur. Elle essaya de se lever encore, et, au pre-r. mier mouvement, elle eut autant; de femmes de chambre a son service qu'il y avait là d'amis présens. Toutefois, lorsque d'Alembert voulut lui aider à passer sa robe , elle se tourna de , ' ^ . • • ^ ■

côté et attirant sur sa gorge flétrie un coin de son^ideau de soie :

. —-Ayons de la décence , d;t«ôUe aux spectateurs scandalisés de cette précaution inaccoutumée; veus voyez bien que cela n'aiirait plus aucun mérite aujourd'hui.

Et comme *eUie disait céd*mots^ left.yéux mé^ limcdliquement fixés sur ses seins Kvides, deui grosses krtnes roulant le long de ses joues »'arrètèrent comme deux diamans siir ses poin^ mettes rosées. Elle défaillit dans les bras de ses amans. . ' '

La part que le dievalier prit à cette scène totiçhanté lui fit. oublier qu'il. arait laissé MarcelKn à la porte : quoique ayant largement abusé de' sa. patience y il s'étonna de ne le pltls retrouyer. Après avoir inutilement exploré lea deux côtés de la rue , ne doutant pas qu'il ne iftt retourné à leur hôtel /il. résolut d'aller l'y rejoindre. Il y fAlait à^grands pas et en droiture,

lorsqu'en paissant' devant Ffaôtel de Béquigny^ il s'arrêta cràime soudainement frappé d'une

idée. Tenue d'en haut. Traverser la cour; monter

pu plutôt escalader deux étages et enfiler^eux

^andes pièces en bousculant les valets étourdis

d'une parràlle audace ^.tout cela Itn pnt moins

de temps que nou« n'en perdons à' le dire- Il

était parvenu ainsi jusqu'à uner petite porte

vitrée, garnie en dedans d'un rideau de soie

verte < A la nature *du bruit qui se fiiisait de l'autre, côté, aux glissades des pieds', à t'ébran-

lement des meublas, il comprit que c'était |à . qu'il fallait heurter. La porte cède , ou quelque main l'ouvre, et laisse voir en plein la scène et tés acteurs : le vicomte à l'entrée du boudoir et lar présidente jusqu'au fond; tous dieux dans urnétat qui caractérisait surabondamment l'acle que le chevalier venait d'interrompi'e, en un mot les élémens tout chauds et tout flàgraAs du procès-verbal le plus circokis(ancié qui jamais eût passé sous les yeux de M. le président.

— ^ (jompient ! monsieur, s'écria le chevalier d'une voix sévère, en prenant Klarcellin par le bras, c'est donc ainsi que vous vou&conduir* séz !....• Et moi qui suis votre patron. • • moi qui paîsè.aiix yeiix du monde pour votre Men-* tôr..;. ah! ah] ah! ah! ah»!

— Ah ! ah ! ah ! ah ! ah ! ah ! ah ! fit à son

tour la présidente en se tordant sm* son canapé. — * Je ne ris pas, moi , s'écria Màrcellin , qui jusque-là n'avait encore protesté que par des gestes , je veux qu'on sache... •

— *'Baix ! monsieur, on sait tout. ... vous de-

vriez rougir de bonté. Je yois madame disposée à l'indulgence pour une première &ate ; mais je n^eu suis pas moins obligédé lui faire dés excuses de vptre audace iiiouie. Manquer de la sorte à une présidente !• . . allons, vite, de-ihàiïdez pardon , et venez que je vous , brosse^ Lliabît et le visage dé MarCellin étaient en effet tout blancs de poudre; c^est«a^dire qu'il

eni restait doutant moins aux ebevenx de la

présidente , lesquels brillaient alors de tout le

feu de leur beau rouge. En témoignage d^indul*gence , elle voulut bien aider le chevalier dans son opération , el pendant tout Je. tenips qu'ils brossèrent le vicomte, leurs éclats dé rire com^ binés avec lès boûllëes de poussière qu'ils hii envoyaient aux yeux el à la bou^e, étouffèrent complètement la voix de l'innocence.

— O' ch/walier ! s'écria le malencontreux Vicomte, dff qu'ils furent sortis,' comment vous raconter ! • • • C'est une horreur ! . . . la présidente i... ^h ! quelle femme ! c'est ellenuème qui voulait...

— £h f pastre ingénu , £c !• dieraKer ,

ce que je Tedautab pour yoos ipumd tous m^ar ^es parlé deisette yiôle* Si vous m'aviez écouté, BOUS raurions hiie ensemble, et il nous eftt été fiiciie ensuite d'entretevor Tespoir de la présidente parmie cdirespondânce galante, par des rendez^TOus systématiquement entiuTés^^et de l'amuser' ainsi t«it que nous, aurions eu besrâi de sa protection. Si , du moins , j'étais arriiré assez tôt , tout à Theure, pour provenir stô atlaques! Iffaintenant .tout est perdu:; la ycnla votre ennemie jurée, car ses rires âflfectésne ok'ea ont pas imposé.

. — Plutôt succomber mille fois, dit Marcellia, qùé dedercftr ma délrrrânce a cette infSime complaisance f •

— Cependant , c^est par une complsôsance

que TOUS pouvez encore vous SÉUTer ; nous verrons si celle-là vous répugneiV moins qiié

Feutre ; mais hâtons le pas , car ce nfelst pas

dans la rue que nous pouvons parler de cela.

Il s'agit , reprit le chevalier lorsqu'ils forent

tm^^^-^^^^immim^m^^m^^^^^f^^m^mmmi^mmimmmtm^mmm

ire n très à l'hôtel , il s'agit de faire, réimprimer sui> - le *r chump votre brochure , augmentée d'iiHe préface dont je vais vous dicter les idées sommaire^. Prenez la pluài«.*

Mdrcellin se. mit à son pupitre et écrivit^ sous la dictée de son ami, les phrases suivantes : . « Convaincu que la philosophie ne saurait jamais être ennemie de la vraie reti^on /quoique toutes deux, aient leurs domaines séparés , j-ai cru pouvoit exprimer avec confiance les idées. ^u'on^ va lire, protestant d'avanâe de n'y

attacher qu^iine croyance, purement humaine^ laquelle ne préjudicie en rien a la croyance di"vine, due aux vérités qu'enseigne l-Eglise.,. . » Je me soumets de toute m!k forcé aux décisions de l'Eglise catholique, apostolique et romaine^ dans laquelle je suis né, je ve.ux

vivre et mourir,.. »

.-r- Mais c'est une lâche palinodie que vous

me dicter, ditjMarcellin en déposant sa plume.

— Non , c'est une précaution oratoire. Con-

tinuons :

« Je crois à Jésus-Christ, non parce que saint

Augustin y croyait ; mais j'y croîs , parce qu'il est raisonnable d'y croire. »

— Voilà une phrase qui contrarie la prp* mière. Quelle apparence que des dénégations

aussi grossières* aient d'slutre effet que de .m'a-

vilir auprès des juges !

— Ne voyez-vous pas que ce qui fait le souverain mérite de Ces dénégations ^ c'est précisément d'être gros^ères. Si l'on ne vou^ en demande pas davantage , est-ce à vous de vous plaindre ? Seriez- vous , monsieur, plu? scrupuleux ou plus fier qu'un Buffon / un Didçrot, un Helvétius? Je ne parle pas de Yoltaire / qui, moins que personne^ se fait faute de ces correctifs convenus , dont un philosophe bien avisé doit toujours avoir provision toute prête pour servir partout oubesoîâ est. Ceux que je viens de vous indiquer suffiront; c'est à vous de les étendre et de les développer à votre maniëre , en ayant soin seulement de les renforcer plutôt que de les affaiblir. Encore une fois , la publication de votre brochure est une grande faute ; mais puisqu'elle est faite, il y au-

rait conscience à ne pas mettre tout en œuvre pour prévenu^ l'odieux d'une condamnation aux galères pour athéisme , prononcée par. des juges athées, organes d'une société athée.

Marcellin ;, cédant à ces raisons , s'était mis au travail avec ardeur ; mais il n'avait pas ehcore écrit sa première page\ lorsqu'il lut interrompu par l'arrivée'de deux valets qui, ayant déposé dans son antichambre un berceau d'enfant avec ses accessoit*és , se retirèrent sanâ rien dire. Au même moment, on entendit dans FescaUer la Toix de madame Geoffi^n, qui grondait et gémissait tout à la fois.

— Voilà ce que j'avais prévu j gare la se-

monce ! dit le chevalier à Marcellin, qui , au lieu

d'écouter ou de répondre , considérait d'un œil

hébété le nouveau meuble dont la maison ve-

nait de s^enrichir. C'est & peine s'il s'aperçut

d'abord de la présence de madame Geoffrin.

— O mon Dieu , mon Dieu , s^écria-t-elle , qui est-ce qui aurait .cru cela d'eux ! -

— Qu'est-ce?/., de qui parlez- vous? lui de-

manda le chevaher.

— Malheureux jeunes gens !••• se mettre d'à*

▼aoce dans la misère !

— Mâiàqu'a^es-Tous dôn<^ maman GeoSBda?

Poor une nunwn , on De me *»ne guère de satisfaction. Puis s'adressent a M aroellin : — Vous Tmlà donc monsieur « tous Toîlà, vous que j'admirais d'aToir été si sage-! Cest qu^l en a encore toute la mine ! A qû) donc se fier ? Ali ! tous m'arez bien titHnpée I tous m'avez cruellement trompée ! Mais ausà^ c^est moi qui étais une sotte de croire que deux jeunes gens avaient pu faire sagement une pareillê équipée. Vous étiez dans le secret y cbcsvalier^ et vous ne vous en . vantiez pas , c'est tout simple. Mais répondez -moi donc «quelque chose /l'un ou l'autre , si vous voulez que j'aie le courage dé gronder. »

Marcellin et le ch^alier tout stupé&its s'intervc^;eaient des yeux et ne répondaient point.

— £h bien! cet entant, reprit madame Geoffrin , où est-il donc 7 Qu'op le voie*, au moins !

— Cet enfant ! s'écrièrent à la fois les deux amis.

— C6St peut-être sa layette qui est là? ajotila

le chevalier.

— Mais , oui , c'est la layette qui est là ! répéta madame Geofinn, eji imitant le ton de celte demandé. Encore ne fautnl pas gù'il pâtisse de leurs torts. PuisquHI est venu^ il faut bien le prendre. Mais , encore une fois , où est-il ?...

—f Personne ne devrait mieux le savoir que

son père, dit le chevalier; mais qui €r pu /vous

faire un pareil ôontc?

— Un conte ! mie chos^dont tout le monde parle....

— Sur notre honneur, interrompit le chevalier avec plus d'emportement que d'assurance, il y a dès gens qui abusent indigneintot de votre bonté.

— On m'aurait donc trompée ?.....

-7- Voyez la figure du vicomte.

La stupeur dé l'accusé témoignait expressi-

vement de son innocence;* mais, en tnéme temps, les signes d'une horrible réflexion firent comprendre 9 madame GeoflFrin que, si elle

u'^avail pas été dupe entièrement, elleavail été bien malheureusement indiscrète.

— Allons, dit-elle avec quelque embarras , mieux vaut ce malentendu qu'une faute réell^. Je me serai trop pressée de me mettre en Irais, voilà tout. D'ailleurs,. cela servira pour une autre fois*

•^ Peut-être ! s'écria Marcellin d'une voix

sinistre , qui fit frémir le chevalier et madcime

Geofïrin* au moment, où ils sortaient eiisem-

ble. •

Dans une pareille situation , ils eurent sans doute un grai;id tort de laisser seul Marcellin ^ ne fût-ce que pour une minute } car il ne manqua pas de supposer qu'ils allaient concerter loin de lui les moyens de le tranquilliser sur une rumeur à laquelle ils croyaient, pour eux. Aussi reçut-il fort mal le chevalier, qui ajQTectait en rentrant un air d^indifierènce.

— Qù'avez-vous dit entre vous? lui demanda-t-iK

-T-Rien.

— Rien! C'est impossible. Vous en savez

— HZ —

plus que vous ne m'en voulez dire. Vos manières avec moi depuis quelques jours , cer^ taines réticenciss auraient dû me préfiarer à. ce que je viens d'entendre.

— Croyez-moi , vicomte, 'méprisez un bruit absurde, et songez à vôtre affaire importante , à votre préface^

— Ma préface ! voilà ce que j*eii fais, s'écria- 1il^n déchirant avec rage les deux ou trois feuillets commencés; pour prendre tant* de souci de ma vie , il faudrait n'avoir pas l'enfer dans le

cœur.

— Il faudrait m'écouter , ad moins....

•—Chevalier ! laissezrmoi.

— Non, je ne vous laisserai pas, et vous m'entendrez. Vicomte , je ne veux pluis dissimuler avec vous ; ce que j'avais appris , ce que

j'aurais fait conscience de vous répéter avant

d'en être sûr , je dois vous le déclarer maintenant. Oui, à mon retour de province, j'àvaia entendu des propos vagues , mais injurieux pour rhonneur de Suzanne. D'où venaient-ils? C'est ce que je n'ai pas encore pu découvrir; seule-

ment j'ai compris qu'ils se fondaienA Sur lare-traite mystérieuse où Suzanne a passé le temps de notre absence. Eh -bien ! je crois, moi /que cette retraite ne signifie rièà , ou plutôt ac-> cuse de^ ^ens qu'on ne soupçonne pcnnt. Je ne puis pas m^expliquer autrement*. >... Vest un odieux mystère qufi je dévoilerai , JB le jure. Alors , malheur à qui sera coupable ! Mais ce ne peut être Suzanne* Non ! Suzanne criminelle ! Si'je le croyais , votre cause deviendrait lamieiine, car Totre injure serait la négition

des dernières raisons qui peuvent nous attacher à quelque chose ;*et je serjpds le jlrèmier à v.oùs dire : Fuyons lé inonde , fuyons cette séntine de corruption où l'amour, le malheur , tout ce

qui rend sacré, li'ont pu rendre . inviolable

pendant un an la vertu d'une femme.

— Oh ! mon ami ,. s'écria le vicomte, je vous

reconnais à ce langage. Oui ,. sachons la vérité,

avant de prendre unparti. Mais en attendàn t , o&

dois*je tester, que puis-je faire, si cette horrible

situation seprolonge? Je n'ai plus la Hb«rté d'es-

prit nécessnire pour écrire, même une préface.

— Lalsse;&-moi ce soin , j'espt^re pouvoir sùf-

""■»■• fire à tout. Tous, partez, partez' pour Langres,

où la mort de votre oncle et la tendrësse.d'une

mère vous appellent. Nou& ne • sommes pas

encore philosophes* au point de méconnaître Les

devoir^ et l^s affections de 'famille. Allez ; «votre

absence ne paraîtra point extrabrdinaire, et

Tétat de Suzanne vous autorise à rester loin

d'elle jusqu'à ce que. vous sachiez si elle est

encore -digne d& vous. C'est moi qui vous écri-

rai si vous devez revepir.

aHAPITB.S ZIT.

Oiett fui avait défendu de toncher.à ce fruit.

Le malheaileux vicomtç était parti , laissant ses intérêts les plus chers à la merci du cheva-* lier^ qui lui tint parole, du moins quant au zèle avec lequel iMui chercha des protecteurs. Il obtint sans beautoup de peiiie que l'affaire de la brochure fût assoupie ; mais il ne ^t pas aussi heureux dans ses autres démarches, su6i(e-

ment abr^ées .par le*d^art de la seule vpérsdnoe <]k'il eût pu mterroger atec (rûît. Ce départ n'en fut paâ moins une sorte dindice pour un esprit aussi pénétrant ^ue 'le sien; et en YOjaat madame d'Epinay si pressée' de fuir Paris avec Grimm , il sentit renaître lé soupçon .qui le préoccupait le joUr où , p^j^nt pti obtenir d'aller âTec elfe à Vet^sàlllés , il Itu avait , à touC hasard, conë^llé'dedemiittdér' a Suzanne le réck -de aon histoire.

Dieu ! si ce tte j e.une fille était encos^ innocente! ! Si, vietime dès le jour de sa naissance', du préjugé le plusodieuxdans cCiSiècle qai faisait profeâsi(]M de détruire tous les préjugés ^ elle h'étail sortie intacte des dangers d'une vie si exposée, que pour être immolée tout entière, dans son éfatët dans son honneur, le jour mêrtie'oti'eHe défait recevoir le prix de tèùs sc?s mérilésf Immolée K : •

à (|ueUe raison eiBte6re1*î :.* a quel préjugé !v.t

à quelle femme! horrible espëèe d^nfaâtiteidé !

ô Jean JacqUeâ! ji'quèi pâto^iez-^voùs donc?'Les

plus coupables des mères i»e sont pas 'celles

qui étouffent dans leur sein le fruit de leurs

aïkiQÛiis Uiliciti^. Le aime^ le grand crime est d^enfiuiti^r*ce<qi|'ofi i^'oaèra pas' recoiynattre ; caTi <^f qu'oa u^oêeré pa$ recojoiiàitre, lot on t<ird on voudra. 1^ tuer. Sli c'était là llùstoire de Suzanne 1

^ Tout en ^^abandonnant à ces réflexions , le çl|0v#lier continuait ses démarches san§ es^ )^ir j et par Ite seul besoin, 'de se .déplacer 4^iim qu^il arrive souvent dans de$ dispositions semblables. C'était l'époque dit grand Jubilé

qui faisait idoris fureur* dans-la société pari-^

aienne» eomoie s'd n'avait tenu qu'à mnier

nîlisi cinquante années cIq philotophie. Obligé

de a'ârr^er à Fangle d'une . rue pour laisser passer la procession , le chevalier pufreconnaître dans les rangs un grand nombre de per- .sonnages, étonnés eux-mêmes de s'y toir, et de s'élre ainsi rencontrés dans la lumineuse pep-

sée de rétablir l'ordre moral et religieux par

l'eKBVipI^ de leur conversion improvisée- Aft^ d»i)i0 GeofiSrin y marchait aussi, .édifiant tdut le monde pfir la. ferveur. aVec laquelle elle égrenait un gros rosaire ; mais, à la àïSBitenjtce

^9 autres qui (iffectèrent dépasser râides: de- Tant >in moiridaih , elle sourit^ait die^lier de l'air le plus affable et se détourna p<Mr lui donner. sa main k baiser. c( Il y atepips pour toiit , lui dft^elle tout bas; àdeniain. i> '

*— Bonne fenîme, pensa-t-il, elle bfa pu se défendre décéder à Tenti^inement , mais- sane hypoerisieVparp^ire déférence pour l'opinion i

^lle saura toujours bien concilier le jubilé âTec

l'Encjcldpédie^ et il n^ a pas à craindre qu'elle rentre chez elle avec une idée de plus et un ami

de mointf. Ad^main? m^a^t^^ieUe dit ; auraît^eHe

appris^quêlqne cbosë ? • ' . .

' En «attendant , il restait avec e^s dotites et

«OP âinôtir , qui croissait avec eux et les ren-^

d^ jAus cruels. Le lendemain , k Pheure de

son lever, son valet lui ternit une lettre où^ii reconnut avec joie l'écriture de Mareellin ;

TOîçi ce qu'elle -portait :

«'C'en est fait : je né puis plus douter de mon

malheur et de la fadnte de Suzanne. 4^en tiens

.rsrveu écrit de sa propre main.. Mais ce n'est

rieii encore*; 'jelle a fait .pire que mn crime ,

elieatoulu l'explditer. Ceux qui J'ëntoaràiêtat

ODt-rils connivé Tivec'etle dati^ cet* ihfôme calcul? que doifr-je penser des inesbreç prises par eux pour faire célébrer le mariage aussitôt après mon retour et avant même qu'elle fût guérie ? N'aî-je pas ^ussi remarqué plusieurs ibis^qu'on se cachait de moi? Quoi qu'il en sdit., toB ré-^ solution est prise , j'écris par le m.émé coarrier à madame, d'Aine pour l'aVertir que touf est finientré moi et là misérable qui déshcfnore'son hospitalité. • ' ' ■ ■ - • /v,

» Quant à vous, chevalier^ cessez dès ce mo-" ment de vous occuper d'elle; ne in^ei:i éjbrivez pas, ct^ si je vous revois, ne m'en pdirlez jamais. Le

iem'ps. amortira la* douleur d'une déc^fftiôn qpi

ma .coûté le repoâ et Tes ptaisirs de ma première jeunesse ; puisse-t-il ne pas changer aussi ^h dé-t eeptioh&lès idées auxquelles j'aibésoin de croire encore? puisse-t-il ne pas nous apprendre que, dans upe* société ï^ông^e par ses vices, la liberté est une dibse aussi peu sainte que Vanuniil?

•'>0n ditv*qu au-delà des .mers^ , un» peuple' à peine soi^ti de l'enfance se levé coiitre ses

pppi^esâeurs • et revélfdifque iços lés drbiu si

vainetiDN^nt invoqués parmi nous ; èl qu'au mcH

m^t^où j^ècris , quelques jeuneg FrançaifS s'en

ypùi lui prêter^ le* secours de. leurs épees. Eh

Ijlîeii ! inçi aûs^, je prétidrai c^tte rpute^ Soldat

de4a*libeiîté, si je^ierenèonffe iiil belle tDort^

Je Vetropi^eraî peut-étre»ateë Ppubli de mes^'cbft-

grins , respoir. et l'ë?nèrgie qu'il feut pour se

consacrer iitileiùent au bien de* son pays. )>

: : Le cbeyaHer serq,il<paj*ti le premier dès deux ' * • • *

ppur l'Anaérique , après avoir lu ' cette *tet^»^ ;

s'il avait pu croiite! tout: ce qu'elle contrait*

Mais tant td'in£attiie' passait rexpérienGct^Con--

sommée qu'il avait* de la nature dela|emme. Il

eût adipis Buzstibe eoupatbk, mais non pas Suzanne :spéculant frotAenaent sur iine> première faiûe : d'aiUeurâ , Marcellin n'entrait ^^ns au «^ <:une ^expbcation sur te point. Cependant U

t'aj&tpi^ , avec uBe auloi^té désespérante, i\ l'affipqaaût sur preuve. /* . .

j — JEh biefi ! n'ittapbrte , s'écria le chevalier ,

c'est îmipossible ! Je l'aurais vu /que je dirais encore : C'est impossible ! ;

Dans lajiHiniée, il ne pul être^'ecu db«uiia»jcUdaq ûeoflfrin y qui se tibUTMti esseï mal dé» excès .de déiroUon commis ki veillé, pour*que sa fille, la marquise de la Fei:të*lmbault ^ eftt un prétexte de ^fendre sa piorle ^ tous ceuoL qui q>prochaient des £ncy elopédiste^a II éprou- . vait un éloigoemeiit, plus pifqDoobécliaque jiMir;»

pour ses sociétés ovdinàires y où , d^lleurs , il

n'aurait pu se montrer sans désavantage avec

une passion qui le repdait stupidb* Le séjotur de Paris lui de^iienant aussi inutile qu'insuppor* tablé) ilflpttsit entre le projet de rètauirner dans sa province et le désir -d'alkr .rejvçuver la s0aété du Grapdmal* \ Pendant tout ce tempsy qud faisait St^OEUiné? Il lui avait d^abord. paru singulier de |ie rece^ voir pc^nt de nouveUea èù Moroelliii; mais i^uand' madame d'Aine Im^annonea 4pi'il était à liangres depuis pUisteursJ<MÉrs,l»t poiyr Qe ^lofi revenir, elle s'attendit à partir iminédiiulniieiît pour aller le rejoindre, et demanda à. vpir ta lettre qu'il avait écrite. Cefiit alors queinadaine d'Aine dut ache vçr sa triste commis^on ^ meit >

sqU Mobarras y soit pitié , eUe'taùt toutes^ Bcrrtéi^

de méiiagemet»» i toucher te& tac^ÎK d'uttê*

disgrâce si honl0use. 8iii2^âinie.v qui b'étoit pasf âfi^ife innoéeiite pour s'indigner jm répofidir que par àe$r sanglots , et sètâblb passer vcoin^ datnn«itioin sûr un gfeiire . d'ëçctisftfk)» ^'^lé ô'ai^i^as entendis. * • -^ •■■ .4 ' ^^ ^ ^

Deyei^ue depuis ce moment un ^jfèt de' • commiséf ftliod nour leS^haWans du <M(eàu / eUe passait touMs* ses* jout^éés dans sa diam-^

bre, où personne ne venait troubler ^âsôiitudef:

èar les {dus ht>nnèt6s 'femtees^ <5èUéli 4feii^sé fft-*

quaient de déUcaleesè , estimaient qœ. ne Isr

poinf TOI!?. était lé premier de^ égards àup^'w

poiûtion. ËlksmettàiMtin&iiPSLlantd'^^

dans ce procédé généreux, que 8ù!»mneJi la fin<

s'en lroi{^ rétoltée; Ddvait-^elledpticsecrQÎi^ si dégrai^ée pftr un nienM>nge9 àifnM SMSrdouU» de ^esprit impadi^tie -qui l'airait: "consetUé ^^ . niai8.dQnt,êUe s'étiit repentie à ténip^r«t dont Haveu mainleniint était sous les yeux de Mar^ cetlin -et dé sa mèàsl II 4»e faut pas. qu^une femtnejo^e a^rec sa vertu; mais n'était-ce pas (ui

làu;e une applicatkn» cruelle de celte maxime ? Mais n'ëtaiirelle pas encore irrépir^cjEiable aujt

jeMX .^^)S0ik mari>' lorsqu'il avait eptçe{>pi8 sans,

eltoi sans daigner niémie rjen averlu'^ ce fi^ TQyage« datenUtSàtôl un abandpa-injurieùx? Se rappelant alors < de* queUe manière Mareelliii. l'avait déjà quit^éc^en partant pour la Hollaîidé i

elle- se .persuada.que, jiepuis. loog-tegips ,/iLiie l'aimait plus 9 et qu'il, la ^aqri^it aMJoui^d'hni «. sou$.le.pluâ yaià pi^te&te^ pour rentrer en . grâce a^vee une société qu'il avait bravée/ .Cette .opinion ^ se jG^tifîant» chaque jqur dans SQn^espiit,. lui riendit I^^^cellin fellement.'

Qdi0ux, qu'elle eat ,honte^ dé sf).^ .m^eon^iîe^ amours ^tet prrît ^ dégoût. tout ce que ïe&pâr* lis avaient £ût' pour elle. Amis et epnaïQisJui semblaienl également taux et baïssabl^s, en ce que ,:,60iia le manque, d'un vif. intérêt .pour! sa destinée ,. ils, l'avaient traitée < comme un sujet de. dispute 9 tour à tour, repvis et ab^donné,^ .

suivant leâ crises ^t les intermittences^ dp :le.w^

passions rivales. Mais, de janl de:chocj3,éprâU' vé^, de. tant dé iroissemens ressenti^ au miUw

d'eilx^ies^traces seraient cuisaDtes, indélébiles;

ellc^ s^n- effrayait ; elle supputait ^vec épouvante Ja sonune des ))esoins et des' désirs qui

allaient lui rester : nourrie de* si fortes idées •

entretenue de si belles illusions • initiée* à de si yifs sentimenS) pauvre fi^le ! dé quelle loogûe et doulouresse couâiompfion il * lui faudrait mounr ! * . • ► .

■i » IM

OSA^lTIiB ZT;

Dieu fit du repentir la vertu. des' morlels.- • Voi^TAuut.-

Telle était devemie' l'existence 4e .Si:^niie * au Grandyal, quand lecheyaiïer y reyint après beaucoup de tërgivei^sations. D'abdrd il ne la yit paS). niais il n'entendit cpie trop parler

d^elle: /

— Venez-yôus ,. lui demanda le .baron en

• • souriant, apporter du renfort aux défenseurs

du sentiment moral? Je dois yous ayertir quHls

oQt e^ujp nu rude ëdicip depuis quelques

jours. ^ '• . «

v-^ Allions 9 voilà qui est bi^ , dit madame

dlAine; tous ti^àvez gûèrç dç pitié pour une

malheiA'cIbse, ^ est'peut^^étre'phis; excusable .

qu'obne pensé. * « • '

— €e que j'eQ dis/ i*eprit le baron', est en

loul bien' tout honneur; je tous prie de le

croir^ •

«-«•Voiisferim^ mieuït d^ ne rien dire.

• •*•'■• ;^ Gomment ! «tou^ ne Voulez* pa$ que je me

dÎTenissè eiieore un*|>èu wxx dépéid^^de Stiard

et deoAn ami Diderot qui, depuis la déroute .

^ semiment mortU ,^009 regarde tous de *li^

Tevs« pour moi, je .vois tout le monde d' un boii œilf et. surtout la jeune fille qtii^ «prèà'tQtttV n^a fait ^'obéir ^ux lois de ^ibéUe efrgamsa--

^-^ Vous n'en saTôz rien. D'aiHeùt*s, si cela

e8l^*ce aonir t^s maudites conversatiyns et tos

livres itt£blïes qui Totit perdue^. ^ ^

' •— Oh! pour cela , ma mère^ peroaetttez-inoi

d^ TOUS réppndre ce que , au surplus , tous sa-

ve^ tout aussi bien ^ue 0101^ carje xous. ai entendu confesser aiUreioîs, touchant J'inlinuié de.Qrimicn.i|vec lyiadame d\Epînay , qa'ii y atou* jour^.lin pea de.salppéi^e» au Ibhd ; dès jseiitirmens les plus ^eliç^ts. «Alors qA'est-ii bétoin de

nos liyriôs popr tous perdre? Sèy^z. franches |,

mçsdam^fi, et,cGM!i\iienez^ue!nos çhefe-d'œuvré ' en Ce genre ne sont que de la Saiif ^lean^en

. comparaison delà nature* Tout homme d^géoie

qu'on soit ^ c'est ledérnicir é^^cès de. l'amour-

. propipe et delà fatuité que d'éorirà elijté<e d'un

IromaB : Malheur à celle qui me /im/ £h ! Jean-

. ^acqu^ ! 'comment s*arr,angeaient dùnc; les

fenmes.et ies.fille^s qui m perdaient. av^nt la.

yehue . de 4t . J^ouvçlle JHéloï^se^? Pix>babli^men t

CQipute £x0^9 l^ur ^^sp^^^l^ ïnëre»; Adnsàt-

tqds , pour vejQi fipr^ que Suzanpe étgii la plus

intécéssante des filles d'Eye , mais la plus sem-

blableà.samère. .•...-•.

. Le. cheyajier écbûtaitvdpms une iodig^at^on

silencieuse , nn pareil débat , pu ceHe qv'il'ai-'

mait, celle pour x|ui ,nul homme désormais

h'oserjait avouer de l'amour ). était timidement

défendue par' cqmmîééralioo > du xy niquement judtiffiéepar le^ lofè de la paCurè physique. Voilà

doDcee qui reliait' d'ifnlèrét à SutàdÉie, dans

ce mdnde qui ^\iàt tant ramué pcmi* sa^ cause ? In-insible», toucefois^eUe semblmt acoe|>ter scm abjeciixki comiue le ^^ste châtiinent de sôti crkne ; il élail mainteniânt prouvé«poùr le 'chefvàiSer lui-même; et pour luie' dé détti<ftlBtra-

tion , le lendèmaid, dans ûi^ grand dîner',

• ■'.'■• '. • '. .' *..' pluiÂeisrsïei&kièsqu'ilayàit'autrcfoisirritéésp^^

ses dédain»^ ayaiit appris dti deviné sa passrdA

ncmveile/se prirenU le regarder avec u» iP««^x

. aÎF d'intérêt, et lui itdressèrént q^aintes paroles

qui reissëmblideiit à des cbmplimens^de <|o!cidd-

• * - . • • léance. Elles • voyaient ' Suzanne eç état de

vmarcher de*pàir avec les* vertus les plus *COiû-

promises*, et le chevalier aussi .digne d'intéi'èt

que les amans les phis màlliéiiréuk': double sujet dejbie, qui leur ^ donnait âs^ez de vârve pour le désèspécer. .* . ' . «^ ' »

' Il's^ien faiitfbiepf qu'une passion vraie cède^ -de' pareils dépits. Le*ohevaiîer cacidtim t<mt\ice que ces femmes voulurent luï faire endurer. 0>

pendant, pour étiUr de leur si^vir de plastron

* pendant b'promeniide, en fic»*tant de la salle

a manger » il e^emparà de CîDoque-^Dieu* et lui

proposa une parlie de billard qui'fîit «ccëptée*

Alorfrse considérant déjà. comme seulf il dé^

«ihar^ea sa fureur contre les Jboules ^ui n^en

pouyaient mais. Il les^lpoussait d'une force à

enfliamér- te tapis et à disloquer les bandes;

il laa bloquait ay^c vmft bf utiafité qui n'apparu-

lièlM qu'à l^iunôur au âésesp<uf . Croque^Bieu,

qui d'abord «'était amusé tlë cette bourrasque,

finit par »'èn «fltayec , et demanda la ^ermis-

«onde sertie apr^d^x parties brillam-

ment perdues en moins de. cinq minutes* Sans

rien, répondre y le chevalier jeta sa queise^sur

le parçjuW ef alla s'assecHT sur un-petit canapé

qui oçpupiùtTembi^asare d'une fenêtre pràs de

là porte de la'bibUôthèque.

; U 'entendit bientôt un* léger bruit de ce coié :

craignant d'être surpnsseul dans un pweil état

par la personne qiii allait sortir, il entra lui-

mj&me comme pour chercher un livre: et se

trouva soudain flice à. face avec Sucanne. La

pièce avait toûie la iloii^em* tdu grand àalon

avec lequel elle comîiluniqftaît par l'aulre ex-

• • . . , * •• ■ • . • ttépfù^&i mais elle' éiaijt ai élroite qu^il ei)t été

impossible à deux persbdnes de s'y K»*oisep .sang se- loucher au passage c cela rendit encpr# la repopnlre plosémbarrassiiûle dfr part et d'-autre. * . • -•

^ Vous ici! et seule, «ipademdiseU^ -

ma^inalemetilîle chevalier^ 6iil)liaiit que cette remarque, pouvait t9u( aussi bien s'appliquer

à lui* - . . ' •

n-^ l'étais descendue r répondit timidement

Suzanne, pendant que le dîner tenait tout le

monde occupé, et je n'ai paâ* eu le -temps de remonter dans nia cbanibreavant qu'on eût fini. — C'estnà-dire qu'à' mon tour je vous ai retenue prisonnière. Vous n'ftsiez passer devant moi! . .

' ^ Monsieur le*, dievalier ^ oonsidéivez où nous sommes 9 et avec qui. vous ét^s^parces

fea'ètrçs on poùn:aît vous voir ! «

-^ Ainsi c'e^t par égard polir mol que voui^ vousl-etireisî' . * ..••'*

— Oh! mon Pieu J comme tous nlie parlez !

Je n oseplus'ni rester, ni firir.

— Fuir*' ehî qù'avez-^vous donc fait? Qu*ayons-noi& fîàt, nous-mêmes, si celle qui, à elle' seule, excita plus d'intérêt , plqs âe com- . bats, plus d^çnyie que toutes les autres femmes; se condamne volotitaiifement à l'existence

* d'une créature *abjecte et'd^tadée !

A ces* derniers mots, Suzanne baissa la téte^

et se jela tout en larmes sur un fauteuil , * lais-r

sant tomber à ses pieds un.yolume de Gazotte

qu'elle tenait depuis le commenc^m^At de cet

entretien. * . • •.

— Eh bien l reprit lé dievalier , en ramassant le mystique ouvrage, indice* des réveries'dont Suzanne se nourrissait 'dans sa solitude; eh* bien! que ces pleura ne soient donc pé^ ma seuKe punitioh. Parlez , et que je sois confondu ; par-

lez , et que je tombe' à vos genoux/; . . * • .

— Hélas! dit-elie, je ne songe à^unii' pérsonne, et ce langage dé Ik galâptérie n'est guei'^e fait pdur 'moi. Sï^durque sdît le-dot dont vous vous étiez servi,, je le sopporterais p.eut-etre

encore mieux. Ppuftant , Dieu sait si j'ai res-

senti cette -blessure , d'une main qui, on d'autres teirips y m'avait été si secourable....

. — Et qui vous le serait encore, Çuzann^, interrompit le cl^evalier , oui, en. toute rencontre , et contre tous venans. Puissérje trouver à qui demander compté de Tabaissementhonteux où je vois!...

. . — Arrête»!.,., arrêtez!... si cet abaissement, que vdûs appeliez tout à l'heure dégradation , était mérité.. ►. * * .

— Il m'accuse , il est ma honte, car je vous aimais, Suzanne ; car* vous étiez celle pour qui / j'aurais brandi la lance et défié au combat tous les oppresseurs du moncle , dans le temps oii les oppresseurs eux-n^êtnes étaient des'braves, et non de petits intrigans , des gens de police, de misérables faquins sans force et sans cœur, contre qui j'ai du lutter par des ruses d'espion, par des manœuvres de.Scapin , par des prouesses

de Mascariîle. Est-ce ;ùnsi, ô Suzanne ,.* qu'il

fallait vous seiMr ! est-ce là tout ce que devait faire pour vous un chevalierj lorsqu'aux, n." 28

ypux du monde vous élicz dSui si haut prix?

— 'Ainsi, vous Fa vouez, en dépit de vousmême, votre bouche me cpndamnc ; je ne vous intéresse plus que par le «souvenir de ee^ que j'étais. • .

— Je vous- aime , Suzanne , quoi que vous soyiez devenue, car vous rougissez , car vous pleurez ^. c^en est assez , au nom de Dieu , ne

me dites rien qui rebute mon dévouement. Ne

in'ôtez pas une illusion où je trouve eïicore tant de ;dëliçes- Laissez-moi . m'attache r à vous,' par

pitié pour moi. Yous, vous croyez bien déchue, Suzanne, maisne le suis-jë pris davantage, moi? Qu'importe qu^on appelle encore chétâlicft

celui qui ne pourrait se piouvoir sous l'armùf e du plus faible des compagnons dd Ba;yard/ Je n'ai.pas,* comme d'autres ainsi dégénérés, trouvé dans les nobles poursuites de la philosophie une illustration et une valeur nouvelles. Je ne suis plus rien , je ne tiens plus à rien, je me sens si léger que je treinble, à tout moment , qu'un coup de vent ne m'enfiporte.

Mais que je puisse me consacrer à vous, Su-

zanne, et PanuDur me tiendra lieu de force et de gloire.

— Jamais ! jamais ! Uàmour qui commence parun sacrifice est un amoui* maudit. C'est une leçon que l'expérience ne m^aura pas inutilement enseignée. Un cœur d'ange ne serait pas assez piu* pour rhomn|||qui peut calculer à toute heure

ce qu'une femme lui coûte. Faudra-(-dl donc que

mon ame s'ouvre à vous tout entière? Eh biien ! cet hommage que vous jn'offrei, j'en eusse éié fière, lorsque j'en» étais digne ; je ne vous cèlerai même pas que je me sois souvent élancée jusque-là, dans* les secrets transports de moti cœur. Aujourd'hui la même gloire m'épouvanté ; je ne puis y penser sans entrer en djéfiance contre vous et contre moi. Non, chevalier, non., une malheureuse femme que te préjugé retranche a jamais du monde ne doit rien être pour vous. *

— Erreur désespérante ! mais vous ne comprenez donc paô que ce qui vous élève y h mes yeux , Suzanne , c'est d'être ainsi tombée dans la disgrâce du monde ? Précieuse naïvet4i d'un

cœur qui fléchit tout d'abord sous la conscience d^une première faut&l L'innocence est à peine aussipure que cette humiliation spontanée.

Vous TOUS êtes * condamnée à 'l'isolemeilt*

car VOUS ne saviez point Fart de - vous réha-

bilîter à force de bonne contenance j car

vous n'étiez point entrée 4||^s .cet immoral

traité de tolérances réciproqueis , grâce auquel les fenmies. les plus impudiques peuvent faire taire l'opinion, et prétendi^è même au respect du monde , à la seule charge d'y porr ter fièrement leurs crimes. Regardez , là bas, celles qui se promènent, le front si haut, et d'une allifre si dégagée : elles seraient vos servantes, vos esclaves, Suzanne , si la vertu ré- ^glàit les rangs * sur la terre : vous frémiriez au récit de leur vie , qui est aujourd'hui celle de toule femime dont. le nom est cité deux fois

par an en public. Je ne sais qu'une <^xceptio|i ,

une seule : mais elle tient à une histoire qui

peut vous être racontée.

Ràppelez-yous le jour où je voUs coîiduisis a ]a Synagogue ; tout un monde vous y attendait.

Yotre entrée fut. triomphante , et trop peatétre : j'augurai mat dé l'intérêt que vous portaient alors des gens qui ne savaient pas euxmêmes pourquoi ils étaient là* Leur vue seule

était déjà Une souillure ; ^eurs applaudi^seniens

et leurs dons vous s^rrivèrent, tout imprégnés

de vices; je craignis que les nobles vues dont vos libérateurs étaient animés n'eussent pas.la vertu

de purifier tant de sales intérêts qui s'y mêlèrent

. e.t- enveloppèrent sitôt votre destinée. Toutes les femmes, voulant que vous eussiez quelque

chose d'elles à porter , vous envoyèrent 'sept

robes magnifiques^ entre lesquelles Déjanire n'aurait èfu qu'à choisir la plus empestée/ Ge.pendaptil y en avait une bien mddeste ; simple taffetas violet, dépourvu de noeuds de rubans et de falbala^ y et pur de tout ôrji^ment mondain ; . vous, n'aurez pasniême regardé cette robe qui dut vous sembler un présent mesquin. Mais la femme qui vous la donnait , quoique riche , jeune et belle, n'en porte pas de plus brillantes, depuis qu'une grande faute a pour jamais assuré son bonheur.

— Son nwaheur, voulez- vous dire, iiiterrompit Suzaïuie. . • -

— Son bonheur. Il y avait à peine un an qu'fs lit duchesse de:... était mariée, lorsqu'elle rencontra dans le monde un homipe que ses ayan-

tages extérieure et ses nombreux succès avaient

mis en grand crédit auprès des femmes. D'à-

bord'elle ne se mdntra pas insensible aux pré^ férences qu'il parut lui accDrder y mais les bons principes qu'elle avait reçus et son respect pour un mari dont elle était tendrement aimée \ Farrétèrent asse^ .longvtemps à ce premier pas.

Cependant l'amant persévéra. Il*§'était déjà déclaré ;*et. la duchesse indignée d'abord qu'il

eût osé lui écrire , s'^accoutuma peu à peu à r e-

devoir ses lettres auxquelles elle ne répondait point , et ses rendez-xous auxquels elle qaan-*. qua toujours , excepté le dernier où elle fut tout étonnée de se trouver.

— La malheureuse! et son mari l'aimsdt!

s*écria Suzaiine.

Le chevalier resta cônune interdit par le

mouvement d'horreur dont.elle avait accompagné cette exclamation.

. — Peulrélre , reprit-il , après un instant de

silence^l^ duchesse n^eut-elle pas le temps de

consoiptner le crime. Elle habitait alors soii

château, séparé par la Seine d'une petite maisoii

où Famant avait loué un pied à terre* Le lieu

du rendez-vous était une petite grève ,* bordée • • •

d'une haie de saules pleureurs et joignant un

' bassin g<uéable , où elle avait coutume de venir

se baigner le soir dans la belle saison. Il était

nuit lorsqu'elle y descendit , au milieu du plus

profond silence; une petite lame d'eau brillait

seule entre les ombres de la haie. et. les Iongués cannes d'un îlot qui-, couché 4^^s jsa longueur à deux toises du bord, ma'^qiiait entièremenl la grève. * A cet îlot était amairée une nacelle qui s'en détacha légèrement; et un homme .'y >e^ qui, en deuxcoups de.rames et Une gambade , fut porté sur.le sable. Mais voilà qu'aussitôt, du milieu des* saules, un autre homm& sortit en poussant un cri de fureur. C'étaU le duc ! '

' — Grand Dieu ! que va-t-eHe dévenir ?

— Saisie d'épouvante, son premier mouvement fut de s'élancer dans la nacelle qUi , 'dansant sur sa carène, oscilla de l'un à l'autre bord, jusqu'à ce qu^ayant dépassé la pointe» inférieure de l'îlot, elle fut entraînée à la dérive sur un abîbGie profond* Cependant l'amant et le mari en étaient aux jnains ^ et le cliquetis de leurs épées arrivait aux oreilles de la duchesse au milieu du bruisseoâent des

eaux. Le combat finit promptement par un cri

plaintif, suivi de la chute d'un corps sur le sable ; ce cri , qu'elle reconnut aussitôt, lui disait : Je t'aimais et tu.ni'as déshonoré ! je t'ai* mais et tu m'assassines ! £Ue se précipita dans

les flots.

Sauvée par des bateliers , que le briîit avait

éveillés * sur l'autre rive du fleuve , elle se fit transporter, dans un cloître. Là, ^Ue vécut plus de six mois de la vie la plus mortifiée, et sans vouloir entiendre parler des chosesMu monde j car elle se croyait plus coupable qu'elle ne l'était en efifet. Elle ignorait que son mari , quoi-

que grièvement atteint , avait guéri.- de sa bléssure; et qiiancl même elle Tauraît su, ignorant ce que sé^- remords avaient de méritoire,

^ et tout ce qu'il y' a d'indulgence et de magnanimité dans le coeur d'un bon mari , elle n'au-

. rait seulement p*as conçu la pensée de lui demander son pardon. Ce fut lui qui Tint un jour la chercher en personne, et dans ses voitures...

• — Et il l'a reprise ?

-^ Et publiquement jjpmènée en sa maison ,

et publiquement rétabli^ dans tous les droits

auxquels elle avait volontairement renoncé.

Qu'avait-il de mieux à faire , puisqu'il l'aimait

plus que jamais, puisqu'elle l'aima dès-lors , et

de l'amour le- plus tendre?. Après ce qui s'était

passé , il devina qu'il obtiendrait des remords

de sa femme' ce qu'il n'avait pu obtenir de son

propre niérite ; et son calcul, si c'en était un ,

fut assez heureux pour lui donner le courage

de braver le préjugé. La duchesse était; une de

ces femmes ordinaires, qui aiïnent peu tant

qu^elles sont innocentes, et qui, si elles ap-

prennent à trahir leurs devoirs sans péril , sont

eacore aussi fières de rinapunité.qu'elles le serraient de leur vertu ; elles né se réfugient dans un mari qu^à la; suite diun édat qui les perd sans retour dans le monde';^ à «moins de la conscience d'un& honte publique , jamais ces cœvrs vains et frivoles ne seront .tbuchés des qualités d'un liomme de bifn. Mais ya^t-il donc tant de manières d'être heureu&y qu'on

deiveêtre difficile sur.lé choix? Quepeuve.nt

désirer les deux époux dans le.s joies d'un bonheur quiimppse même àl'opinion? car, par une

inconséquence étrange, cette société moquelise, qui a toât ridiculisé ^ tout flétri, (oùt persifHé ,

a, pour cette fois, permis à une femme de se réhabiliter par le repentir.

Ce fut en vain que le chevalier, après avoir ternûné son récit, voulut en surpreudrb l'effet sur la figure de Suzanne : il ne vit encore qUie les signes d^une vive émotion, et il conservait tous ses' doutes. Non-seulement Suzaniie ne s'appliquait pas cette histoire , mais !il parut même qu'elle en comprenait avec peine la moralité: * ' ' • •

— Le duc, dit-elle , aura considéré- que sa

femme n'était jeiicore coupable que par Finténtioh<; mais il n'en a pas moins été généreux de lui pardonner une si gr^^nde faute.

— Croyez que sa générosité eût été beaucoup plus large au besoin. Quand même il au-* rait eu ta certitude ^\ie ce fatal rendez-TOUS n'était pas le premier, il n'aurait pas agi différemment et 'ne serait pas moins heureux aujourd'hui. Croyez auçsi qu'un amant, en pareille circonstance ,' sei^it aussi ijodulgent et aussi

heureux qu'un mari.

, — Vous ne m"*ave25 pas dit ce que l'amant était devenu?.^.

• —L'amant!... £h bien! l'ainant.... mais j'apBrçois l^s promeneurs «qui se rapprochent du câiâteau : il est temps que je tous quitte pour aller les rejoindre; car sHIs nous trouvaient ensemble^ ils pourraient supposer, les femmes surtout , que. nous faisons tout autre chose que de la morale. * •

OHAPITB.S ZTI.

Quand le. diable fut vleiik, U se fit ermite.

Cet entretien laissai Suzanne dans un assoupissement r.éveur qui ne nuisait pas aux espérances du chevalier , s'il en avait d'autres désormais que de connaître la vérité sur le crime dont tout le monde tenait cette, malheureuse fille convaincue. * *

Elle était encore slir sçn fauteuil , dans la bibliothèque , quand la compagnie rentra au

salon, et , ' pârKni les voix qui s^ faisaient çntendre , elle ne distiiigua point celle du cfaevalier ; au contraire, il lui sembla jque lesfejnmes s'^en donnaient-sur lui avec la plus grande imperlinencç , et se vantaient de l'avoir mis en déroute, par. les brocards dont eUeé Pavaient criblé pendant le dîner. Ees choses allèrent au point que le llaron en prit quelque humeur' : ayant attifé madamç d'Aine dans la salle dit billard j il lui dit assez haut ppur que Suzannel'entendît :

— Je crains que nous ne so jions brouillés avec le chevalier ; il est parti sans parler à per* sonne. Quelque méritée que soit la rancune de ces dames , je n'approuve pas qu^Qp s'acharne si fort chez moi contre une personne de ma société.

Madame d^Aine ne répondit rien et soupira comme. 6i elle eut été préoccupée d'une tou^ ' autre crainte que celle de son fils.

. La nuit venue , en faisant sa ronde ordinaire dans toute la maison , elle apprit de la femme chargée de servir Suzanne, que céllerci ne

s'étaitpbmt trouvée dans sa chambre quand on j avait porté son dinei*, et quoioue bien' assurée qu'el^«y était r.entrée depuis y elle nése Gpudia pas sanç quelque, appréhenâon.' Cependant elle dormit d'un sommeil de ^and'mère.^

Quant à ^zanne^ elle ce faisait que continuer la rêverie pleine de charme, commencée sous l'inspiratiof de la touchante histoire que le chevalier lui* avait racontée/ Citait Inên l'homme le plus/ éloquent qu'elle eût entendu après le père Abel ; si le i::eligieux l'avait exaltée par sciÇ discours au point de lui faire trouver le * bonheur dans le voyage le. plus ascétique qu'un dévot enthousiaste puisse rêver ce^me symbole des tribulations de la vie., le chevalier, sans pro^ duired^eJQets aussi puissans sur sa nerveuse • constitution , avait plus délicieusement reioué * son cœui\ lies sepsations qu'il lui avait procu- ' r^s la nourrissaient loin de répuiser; en a^j abandonnant, elle perdait un à un tous ses soucis , elle sentait sa tête se dégonfler de tout feiv

ment de haine , et son cœur se plénifier.du suc des affection^ tendres. Ses réflexions, quand elle al-

lait jus(jii'a réfléchir, étaient d'ouce^set.consolan-

tes .11 y avait donc des sympathies pourtotites

les destinées ! Le préjugé., tjui frappe une feintne dan» son existence extérieure, n'avait donc pas

plu% âe priçe sur les jouissances de -son cœur que sur la nàtUre qui en est la sourceî Et tout . sein qtii palpite appelle *à lui l'amotdr, et tout amour atsout Pdbjèt qui Finspire ! *Quelle Jiinstoire que celle. de la duchesse! Et comme le ' "chevalier l'avafit biea narrée ! 3pzantae la oom- •

prenait dé mieuXen mieux , et passait le teÂip^

à se la redire pour s'en pénétrer etacbre dàvan-

f 2MTA ( ' '

.11 y avait '^àeix\ heures qu'elle s'agitait su^- §on lit , ne pôuvatit pas j 'et peut-être ne vou-^ lant pas s'endormir. Elle essaya d'yne autre position , car elle était à la ibis heureuse et impatiente y^ inquiète et ravie; pbu^*variel^ sesit miouvemens, elle alla s'assè,oir.sur une chaise, puis sur UQe 8|utk^e^, et se mit à màrehér à pas

inégaux tout au travers de sa chambre. Mais

elle ne pouvait secqper le charme; et le ménxe sentiment de plaisir .açcompaghait toutes les

manifestatioiis extérièui*es du drame qui se

passait en elle. Elle voulut lire^ et ses .yeux ne

purent s'arrêter sur-aucun livre j elle ouvrit sa

gardé-robe pour trojjver à .chiffonner,^ et ne

trouva qye le souvenir du chevalieju dans ces

robes superbes contre lesquelles il avait dé^

clamé non moins saintement que le pèrèvAbel

contre les impures caresses èle mada*me Pu-,

•bariy. Elle croyait 'rencontrer de nouvelles

* * . atialogies entre les morales préchées par ces

denx hommes , entre leurs anatjbiémes coxitre

une société corrompue , entre leurs extérieurs

mêmes , depuis que'l^^ chevalier avait quitté ]^s

«paillettes d'or de l'habit de cour pOi)r un simple

frac noir; emblème de douleur, de raison et dm

sévérité, auquel on ne pouvait reprocher, en

cette circonstance, que*de rappeler la dernière

Hpnétamorphose de Don Juan. ; ., .^

Suzanne veinait de chofsir aussi son emblème.

Elle avait tiré du fond de spn ^rmoire cette

robe violette , la seule au'elle n'eût pas enCôre

essayée , relique toute parfumée de sainteté et

. d'ambre, monument d'unefaute qui avait porté

tant et dé si douces bénédictions à son-Atiteur* A peiné eut^lle^ endossé le* moelleux ' tafFêtas qu'un frisëon électrique , le iVi^sôti' dii dé^ii^, pinrcQuruttous sesr membres comme si l^bnlëdé la duchesse y* fôt entrée ; ainsi afïbblée% «elle C0B9ipos«.SQinimiiintien d^àprès certaines rf^lèâ et se.prcâBena d^Un pas graves lécotitÀ^/U^M sans qu^que >plaisir , 1^ frôlement de sa quèifte qui traiB^aât ' sur le plancher; les mainéjcitnteS) et le iront: humilié, elle s'identi&ait dv^c 'le rôle de la pécheresse à qui l'on pardonne bearil^ coup a la condition d'aimer* aussi beaucoup ] agréable .et- coiif us mystère de gi^âee ^ efù 'l'èli voit l'amouifitoufcilaire : Ferrear, l'ekbu^' ël kpéniteace.. '^ ' '^

Bientôt elle sentit qu'elle avait besoin 'dW et dé repos : elle ouvrit sa fenêtre et alla s'ac^ couder à l'exl^éaiité<de larampe^^'iui balcon qui régnait) à cetétage, dans ^Wè' la longueulif' de l'édifice , sur un fossé rempli d^eau./Dânâ cette nouvelle position^ elle feit mieux encore pouv suivra son iiève :> ainsi laduch^se^4vait dû se pencher dans ses heures d'accablement >

lu

^m^j<^U«: AV«ît>4âi)$aV0uifèi\ kVéànk les mdwr^ ^mi(Ç)$>dQ'AAidOttkur. Mais le aiisdiftti était le pr-Q^ar éUxfàtà4t ^ ,taQ^:cett6 histoire , -Su^ s^^fc^^ne fijs l'avaîtt jiftoiRiâ commis ,' et lé remoni^ lUl'^iiaii^^uait pour sucrer 'ses ëiàoitioiis);' seble^ m^t ,elle le pnesâenlàh , et goûtottèJ^s ^tm^ f^^lirs ^w» cùmpoB^on antiâpée^ elle f e kib- ^4li4 aller à h vague, espëi^ahoé^ilelafllir. : i . ; iQette illusîoti , aiilsi careséée j se iGomplétait atippipt que Suzanne , dieiiiB liii loeôrtaiiiiHH^-

mfiiil; , ^ntii Je balcon se baiabcer sous sèâ

pieds ) QODâime uxie nacelle entdaitiée mi milieu d|i fo^é f et fît à plusieurs veprîses^le moutiËim«DA4'uiie .persoohe qui donne une tète ^'^^é figurant même entendre le bruit de quelque objet qui tretnblait derriàre elle. Ge fut«au nioQifint où el^i^^éy^rtuaiti répéter ^isimu* lucre y qu^zne main ; dont is ptession n'avait ifieOi de fautastjlique , s'imposa lourdem^t sur son'lépaule : • . >.,..:!.

. —Aawh!»^. chevalier!;*.' j ; :

,. Mais prise sans autre défense que sa i^ûb^ violette y elle avait passé du. balcoîv dans son

alcôve , avant que l'écho du iossé eût achevé de redire ce dernier cri de la vertu expirante. C'est à peine si les ronflemens de madame d'Aine, qui dormait vis-à-ris de l'endroit où ce rapt s'exécuta ^ en furent un moment interrompus.

CBAPITB.S ZTII.

C'est qu'on Teat que le pauvre soit sans défaut.

BlAVMAaflKAIS.

Il était trois heures, quand Suzanne relevant doucement la tête du chevalier qui s'était assoupi dans ses bras :

— ^ Mon ami, lui dit-elle, il faut me quitter, j'entends pour la troisième fois les cygnes qui battent l'eau de leurs sdles et poussent des cris d'épouvante , comme si quelqu'un rôdait déjà dans leur voisinage.

— Le'jdur est encore loin et celte nuit est si douée !

— Il n'importe; leurs cpîs^ à pareille lieûrev ont je lae sais quoi dHmportun et d'attristant ponrmes oreilles^ Levez-Tous.

Il obéit à regi^et : elle n'(^a pas lui dire quel souvenir le cri de ces oiseaux venait de tévejiller tout^à-coup dans sa mémoire. Il n'y avait peut^tre rien de fortuit, dans ce trouble qu'ils avaient apporté à son bonheur; n'était-ce point un avertissement , un reproche ? ne lui demandaient^ils pas compte du serment qu'ils avaient entendu , le jour où Marcellin et Suzanne , à peine rendus à leux-mémes et respi* rant d'une longue persécution endurée en coi» mun, se plaisaient à caresser ces deux oiseaux et les prenaient à la fois pour témoins et pour modèles de leurs amours ?

Mais quoi ! les saintes promesses jurées ,[ dans ce jour, les avait-elle trahies la première? Un innocent mensonge, doniMarcèllin connaissait mamtenant le but et dont elle aVeit été- si prompte à se repentir, l'avait-il souillée au

pf^t 4^ la reodre.îiiidigae de par4pP àfifis^ xin pays où les maris avaient tantd'indulgeoce?

S^fflrifté^ par çe»x qi4 U^i d^vfâwt Jl0:il|ufr-de pffpf^i^^q.el d'i«39iMa90^» foroé^ de. maudire sa mère qu^elle ^Qo^^ss^it çdfin^ JS^r^^ d'i|i)o^pndb que^ l%t^iUj0 enoere^ ^Ue;àuk^iReu lej^roif. diç jQQuéprisçr» où, dpnc lip.4tait-il permis dchsa réfugier, dans sQnal^axidoa? k,^ pot^F le^cœuf^^e lui avait dQnpé la, çal^urp . pt . qi^ l'éducation aya^t enflgmip^ de si vif^ ùéét^s ?

C'est par ces raisons qi^'çlle . çj^eirohait à mettre en rçpos sa coAsqie.noe; mais, elle p'y parvenait qu'à detpi : elle Qra^^ait encore que son aipour^pour le chevalier. ne lui fît illusion sur la . légitimité des plaisirs qu'dile venait de goûter a^yec lui.

Qu|fc«it AU chevalier, à qui la pomme de dis*** corde était échue, .^^ surprise, oupluUât son }J!\àiffiî^\}Qfky surpfissgit epoore son iKwhettr. .. t-Yi^ge,! yierg«,L$0 dit^il^ lor^squ'il eut descendu le dernier degré d'ua escalier de .fer par Ipqu^ji je h^l^on; . communiquait» à.la tej>r casse- l'Yiçrgp! .et jtiadame d'Epinay est sa

mère ! et 1^. Ticpqttp ,$oq f$f^^ et le^ p^Up|iç^$ sc^s protecteurs l etles ^açjç^op^stqs.ses^Biiî^ tçes ! ettou^ Ips.ga^ii?te^/Biijr^^ps, tpifj-^|9^p. yiergej ettoiasla:remeptp,,ejt ipus laréjgudjeAt oulrag4llsement^elle9 la plus^pjiire^.lapli^s bpUe encore^ et la plus swe, 4,f-J'fit|rp créatioi^s,! Fille de Içura twuvres:,^^ l^pus^ uourriiç ijfi JpV.^' pain, £;Krmée. par leurjsJ^çQR^^, .ejlp,^. grande daiis toutes le^^.e^éranc^. ai)[^)>itieujses qife lui 4pzmaieiit tsint d'éçla^tante;^ qi^erelles en -apparence suscitées pour sa Cf p^ ^ £t c':étfiit poifr .finir dans ce délaissement jg^ominieufc ! ..

Lâche et cruelle déception préparée par régoïsme, dès le temps i^êmi^ oÀ il cqmbftttaijt ayec le masque du dévouf^ment! l9|fox:|ijin6e

jeune fille ! elle avait :pris«^U; sérieux dj^^^ellç^

maximes déclamées à froid ; elle agirait attribué à l'amitié des démarches souillées du plus .vil calcul. Parmi ces prétendus amis d/e Suzaw)^» si dévpqés^ la.?ervir , il s'caa étjut t|?Quy^|[|^ilV vaient'VOl:|I|l m^ijLv^ d^ps Je^^V'^ipe^ites i;i}fiisQi|^ du faubourg!. Il s'en était trouvé q^uii.ppu^; Un peu de crédit et de pouvoir, l'fivaiiçn^t des^i^ée,

malHeût^eusc StnJafiiiY& ! a rajeunir dés Vives

émanations' flë^feïbtté' tiàture la vieillesse dedrépite #\in Lôiiis XV. 'Ceux-ci Pavaient* lenrfe

en i*ésërve pour, à uii'jôur donné , en faire uh

^ujet de contfbverfee , taécessaire à là vie de leur parti. Ceux-là Pavaient ornée jpour une grande parâde philosophique. D'autres avaient compté sur sa voix pour faire valoir leurs pâte-

nôtres : tous lui avaient demandé quelques ressources; tous, dans cette riche organisa- • tion , avaient cherché quelque ressort à leur usage. Elle avait été pour eux comme une belle fiche dMvoire ; que des joueurs avides et passionnés se dispurent, tant qu'elle représente dé l'or, mais que l'on quitte sans regrc^t âpi^ès la partie, et qu'un beau jour on met définitivement hors( de service, s'il arrive qu'à foreîîe de passer de main en main, elle s'est écaillée ou ternie. — Vierge! vierge! répétait encore le chevalier en s'enfonçant dans les profondeurs du parc, tout humide de rosée ;' et il bâ'â fallu cette nuit pour ne pas douter de ^on innocence ! pour pouvoir la proclamer à la face du

moiide ; car c'est un dcToir sacré qu'elle ïn'in^ pose, et que je jure de remplir. En me donnant son cœur, elle m'a remis sa' cause en inain , et je serais indigne de l'un , si je trahissais l'autre.

Pendant qu'il OHilinuait à marcher dans te parc , cherchant un midroit facile à escalader pour s'échapper ayant qu'il fît jour , les cygnes redoublantcleurs cris interrompirent son soliloque et attirèrent ses pas du côté du bois. Leur excessive inquiétude irritait sa curiosité : il s'avança, toutefois, avec assez de précaution pour n'être pas aperçu , dans le cas où ce tumulte serait causé par la présence de quelques gens du château , d'où chacun le croyait parti dès la veille.

Il remontait à pas de loup , sous tin berceau dé ramées, le petit ruisseçiu qui fournit ses eaîi^c à l'étang; grâce au bruit, que les cygnes continuaient à faire derrière lui, il put arriver, sans être entendu, jusque sur le théâtre d'une scène presque effrayante. Trois hommes^ debout , devant une fosse , au milieu

d'uDje petite clairière i devisiûcait sur le moyen d'ealevBr de terre et de transporter sans obs* tacle à travers le rfourré^ une. maniène de \oog coffre sur lequel, un d'ej^itre euK appt^ait son pied. Du reste , satisfaits comme sHls eossent trouvé un tréser ,. ik mêlaient à Iqur dîncosâon et à leurs juremens te sangr^frcnd de philosophes et une jovialité de voleurs : c'était , avec un peu p^us d'urbanité , la fameuse^ scène des fpssçyeurs de Shakespeare.

La délibération cloae, le plus grand de ces amateurs se laissa coucher le coffîre sur son dos et se mit en marche, précédé d'un confrère qui écartait les branches aveC une bêche pour frayer le passage, he chevalier put les. suivre de l'oreille, sinon des yeux, jusqu'au point où le mur du parc les. arrêta. C'était iout-àfait au nord, et à quelques toises des bàtimens de la buanderie et d'un petit .nioulin que le rui$seau fait aller en, tombant de la montagne. Quoique ^e mur eût moins d'élévation en* eet'en* droit que partout ailleurs, ie peu d'ohstaoie qu'il présfenla aux crocheteurs fit supposer au che-

yaiier que 4'du^rf s coop^^t^W^ leuPx avaièDt jeté des cordes pour saisir le coffre |>ar. Usideu» extrémités et l'avaiept akisi attiré $Uivu«)te «Tbiture prête à le recevoir j car^ pres^u'au Aîtôt il en entendit uue circuler denà le chettaîn. qoi s'enfonce entre I0 parq et le .pied de la olon^ tagne*

Le chevalier, ne savait trop qtie pensât* ^, ou , pour mieux dire , il ne pensait rien de boa dé cette opération nocturne» Il aurait bien voulu * pouvoir en informer sur-le-champ . le baron ; mais, dans sa situation personnelle, une pareille confidence lui eût attiré des questions fort em-* barrassantes*

Dans cette incertitude , son attention i» reporta sur le demeurant des trois hommes qui , depuis le départ de ses compagnons, n'avait pas cessé de remuer la terre , jusqu'à ce qu'il eut enfin comblé la fdsse* Actuellement, il achevait d'en aplanir la surface en la foulant aux pieds ; quelques feuilleis qu'il répandit par dessus avec de la mousse et un .peu d'herbe arrachée à la main, el ce fut une besogne (aile.

Le dernier caup-d^œil quHl j donna en se retirant sembla dire : Il n'y parait plus rien.

Le dieyalier retint son haleine en le TOjant venir du cÀté du ruisseau pour selayer les mains, et s'arrêter prédsément Tis-à-vis de son affiit , le dos tourné au buisson où il se tenait retranché. Mais quelle fut sa surprise y lorsque considérant à loisir l'homme accroupi devant lui, lorsque surtout l'entendant souffler, il crut reconnaître Croque-Dieu, le chapelain du château, le pensionnaire du baron ! Croque- Dieu , lui-même , en bonnet de coton et en pe^ tite veste blanche, absolument comme le grand Turenne prenant le frais à laf enêtre de sa maison des champs; si ce n'est, entre autres ^fiférences, que Turenne, ainsi représenté, ne se délassait d'aucune mauvaise action et ne faisait pas sonner dans son gousset le prix de quelque secret important vendu aux ennemis de son maître.

Voir ainsi le traître à sa discrétion, et n'oser le dénoncer, n'oser même lui parler, c'était là le supplice qu'endurait le chevalier depuis cinq

minutes. Un^. idée lui vint, pourtant, qui parut tout çpnçilier , et qu'il exécuta comiae iine inspiration de, son bon génie : d'un rude eousp de pied ) jpidiqieusement iipplicpié , il poussa Groque^^Pieu dans Wruissenu ^t s'enCoiijÇja dans l'épaii^eur des^ma^sils. ^

— 'Va^ misérable , dit-il, comme il l'entendit fuir ,.^di$tillant l'eau à giro^ses. gpii&te^

sur çon pfi^i^e.; va, c'en çst assez poUr que demain, si tu reparais au château, tu trem* bles de reconnaître uq accusateur dansiepre* mier visage qjuie tu j rencontreras.

14e chevalier s'enfoit lui^mèmé après cette expédition,. et eut le temps de gagner > à pii^ la première poste avant le lever du jour, Interrompues » un moment, par l'épisode que tiSQUs vexfoins, de. raconter, ses pensées avaiepti d^$i repris leur cours agréablp. Un'peu 4c fiel s'y mèliut toutefois. La perspective des plu$ dou-* ces , jouissances de . cœuir ne l'affranc^sj^jL p^s encore complètement de ce besoin ip^pprtuç , qui tourmente un homme açcontuoié surtout à jouir par l'orgueil : posséder Suzanne ne lui

suffîgait pas, il voulait k fénjgfèr ^ Ift r^abilitér ; ear, même aprèd k nHiiC'délieiëuse qu'il Venait ^passerdans ses bras, les safeal^tnéë dés fem-^ mes avec lesqttbjiilfô 11 av^it dltiéla veillé lui mordaieûi encore le cœu^.' *•»••*

Dans l'aveuglement dé sondéj^t^ iln^àvàit pias vu d'abord combien lui'sierMt dffîcHe la vieoigeance à laquelle il aspii^itit /et que ce tfëtâ:ilil plus a lui d'affirmer qué-Stiiiàtibel, là^Vefllè eirc»oreVavait toute soà iûÉibiiënté. Ilf àllait'iionc fSé trouver désàftîBé Vis-à-vis^^hiriè'^Sbciêféïiiiii

queuse, comtoévi^-Vîs des' Voleurs ^u^ a^ait • ^ laisser faÎÉe/ôettè nùkl'Il bbmj^Ht q^ sa patience serait quelquefois exerce -àùpoiicii de lui rendre son bonheur- três-dùr -à supportSet; Uii poids plus pesant encore , ^ëtâît IHndïîpation qu'il nourrissait contre Grimm''èt iiradame d'Epinay •, et que les mtéùieâ considéra^ lions l'obligeraient à dissimuler. A d(é&ut d'titié hénle publique , ' qu'il ne pouvait imprimer à leurs jfironts , il aurait voulu trouver iin moyen éé les terriflèîr dans l'omtre 'cdmme Cfbqhé- Diett', 'et dèlèùrfait^ croire cfdd les ^oupçBhs,

déjà* répandus: sur la ^sissance û^ Siiz4mie , s^étalent, pour tout le mondé aiosi que (K>\>rlUi^ changés en certitude.

Ce besoixi: de vengeance, qui prenait sàsôitt^ce dAns un caractère gébéreux, n^empoisonna pas lopg^t^mps le bbnhbur du cbeMlier ; dès le troi$ièi9é jour de son arrivée à Baris, et au moment même où il cherdiait peut^-étre iiû préte;rte pour^retournèr au GrandTàt, il éprouva une de/ces^surpris^s qui disposent à ^indulgence kis. CDeiuk*s. les plus ulcérés*

Quelques heures après qu'il eut 'quitté le Gràndval , t outes les figures y et àiéti t ' renrer-

sées par la fuite inopinée de Croqua-Dieu , qui avait Jugé à, propos, de compléter incontinent sur lui-mÀme la justice déjà commtt||pée pèir lé cpi;ip de pied provisionnel dont nous avOH^ feit ét£|t. plus^ haut. Le baron s'apereevant , dans ce troujbje » que plusieurs papiers impéHans ^vî^i^dis,>aru. de âon. cabinet, se souvint de la boite qu'il avait confiée aux deux députés langrois, et qui^ malgré ses recommandations expresses, ne lui était j^amais revenue. Non qu'il

attachâlbeaucoup d'importance àcetteboke^depuisque M. de La Yrillîère avait cessé ses fonctions ; mais le lendemain , ajrant appris par une lettre , écrite de Langres à Diderot y que ni Simon GarguiUe ni Jéricault des Croupières n'étaient revenw dans leurs iamilles^il soupçonna que l'ancien ministre , secrètement informé par Croque-IKeu du dépôt dont ils étûent nantis pendant leur séjour à Paris, avsdt trouvé^pi^yen de les en dépouiller et de les réint<^rer dans leur prison. La haine que M. de La YrilMère avait toujours portée aux encyclopédistes rendait fort présumable qu'il aurait couronné sa carrière par ce dernier.trait.

Dans l'espérance de faire arrêter Croque^ Dieu j ccoune prévenu de la soustraction de ses papiei?) et de lui arracher toute la vétîté, le baron avait résolu de retourner sur4e-champ à Paris ; et comme 1 a saison était a vanoée^ il avait enunené sa famille avec lui, ayant le plu^îgrand intérêt à tenir sa maison de la rue Royale , dans un moment où la mort de mademoiselle r£spina$se et la maladie, de plus en- plus gvèsve^

3e madame Geof&in laissaient 'sur le pavé les débris de là .société pHtosophique. * ' '-

Suzanne suivit àParis ses protecteurs. Qu*on se figure les transports clu chevalier, quand elle

entra le matin dans son appartemenl , belle ,

caressante , empressée , et telle qu'elle venait

• de sortir de son rêve ! Car ce fut-elle qui vint

lui annoncer leur bonheur ; car, son anpiour ne

souffrant pas les considérations d'une pudeur

vulgaire, elle avait fcru,*cette excellente fille,

que le devoir le plus doux était aussi* le plus

pressé de ses devoirs.

Il ne l'interrogeait pas sur les causes d'une

réunion si soudaine :«elle n's^urait y d'ailleurs ,

rien eu .à lui répondre. Tout ce qui n'était pas

elle, tout ce qui n'était pas. lui, tout ce qui

n'était pas leur ainour , lui paraissais indigne de

le& occuper. C'était assez pour eux des choses

que se conununiquaient leurs regards , leur si^

lence , leurs «baisers. Tous les mouvcmèns de

Suzanne exprimaient* la passion , le dévoue-'

ment , la reconnaissance, et par-dessus tput le II. 3o

plaisir de la nouyejle viç à Ift^elle sqn. noble amant l'avait imtiée.

Leurs ra^issemens étaient sans fin. Chaque jour ils pouvaient ^e voir ; chaque joor il leur semblait .que leur amour avait redoublé et que leurs puissances pour le bonheur croissaient avec l'irritation de leurs désirs. Comment donc 9 dgns des cœurs si pleins d'eux-mêmes , serait-il resté quelque place pour les soucis du préjugé? Que leur importait alors ce que le mondé pouvait penser d'eux? Une seule fois ,

une .idé*e de cette nature* parût faire in^lrasign dans l'esprit du. chevalier. — Et dire , s'écriat-il 9 en regardanfSueanne , les deux mains ep^ trelacées dans les siennes , qu'il y ait dans lé monde 'des femmes devant qui vous deviez baisser les yeux ! * . ^

— =-Eh! que nous fait, répondit^elte , leur arrogance jalouse? Est-ce à vous de. vous en plaindre , lorsque je ne m'en plains pas? Je nie trouve bien , moi , d'avoir à rçugir devant «es femmes ! Il me sembl^ que mon amour pour vous s'en augmente. Oioion ami, combien votre

histoire d^ la duchesse est vraie et touchante ! Oui, le cœur d'une femme a besoin d'être froissé j meurtri 9 refoulé de toutes parts , pour' jdonner à un honmie tout ce qu'il renferme de tendresse. *Nous réfaisons , à nous* deux . cette histoires : promettez -moi de ne plus llnterrompi*e. . . . . •../...•..

— Ah ! pensa le cheyaUer , puissent les interruptiona ne pas yenir d'elle , bientôt ! «Ainsi piirle le Côetir dans la fi:^nésie d^une passion qui se nourrit des alimens les plus' amers comme dea plus doux..Malheupeusement, il,n'y a qu'un temps pour cett^e frénésie de la passion !

OSAPIT£lB'ZTi;i..

. Aiiner, souffrir, est devenu toute non existence; cependant j^épronre un mieux sensible d^ puiiqiie je suis M ponlel pçlir tonte nencrâure. MADCMOOsuir Di i.*£spniASSK

Ce fut dans cette ivresse des sens et de Vi-

magination que Suzanne et le ckevalier vécurent plusieurs semaines , jaloux d'eux-mêmes et s'isolant du monde le plus qft^ils pouvaient pour ne pas laisser s'évaporer un seul charnue de leur§ jouissances. Mais cette extase , moitié naturelle/ moitié artificielle, ne résista pas toujours au bruit des passions qui s'agitaient

autour d'eux ; et le chevalier ne 4a vît pas sans . douleur s'ë vanoùissànt peu à peu , car ^Ue était la condition de leur bonheur. ?

Gomme il l'avait prévu , Suzanne éprouva bientôt des momens d'inquiétude convulsive , durant* lesquels tflé pensait bien plias qu'elle ne sentait. Ses idées, toutefois, n'étaient assujetties à aucun ordre logique , ni 'dirigées vers aucun but déterminé ; elles présentaient , dans leur fiigue vaporeuse et dans leur incohérence capricieuse /un reflet de l'anardûe intellectquelle à laquelle était en proie' la société au dehors* Mêmes sympti^mes* dans son corps , qu'un perpétuel besoin de déplacement travaillait nuit et jour, • *.

Quelquefois - tout semblait encore rentrer dans l'ordre et revenir aux* inouvemens d'une organisation bien véglée ; c'était.lorsque la pas-^ sion dominant dç nouveau toutes ses facultés , les ^forçait de concourir «à ses fins ëxoj*bitantes. Mais, alors, de quelle* honteuse disproportion un * amour nourri de musc et d'ambre, comme celui du chevalier,- devait

subir le déslionneiir , aux prises aTcc une pui&r santé natura qui faisait du désir, qui' faisait <la la Tolupté de toutea séa senfialicois préséni«9et passéis^ depuîa^ lé pbiUrer du marquis de S. . -jusqu'à la robe ode la duchesse repenlante*. ,0h l Tsaimeut I en se trouTâot^i léger pour Su£asiDe, le chevalier se reprochait d'avoir lui^oaéa&e ouvert la porte du {ilaôi^ir à ce débordement d'émotions qui ne s'épuiseraient pas pour lui ! Il s'alarmait d'avaxiee du mépris où il allait infailliblement tomber fil. inventait expédient ^ur ex{>édient pour rétablir \me sorte id'équili* bre: dan$ cette existence, qiii*n'était plus qu'une altwnative: de prostration et d'éréthiâme .

. — Moh ami, lui dit un jour Suzanne, il faut .que je vous fasse part d'une de mes réflexions. *

^^ Tous m'aviez promia de ne plua jréfiéchir. . -^ C'est qu'il s'agit ,* cette jTois , d'une chose im|)cartante; * *

— ^^ Parlez donc«

— Vous savez , mon wm » si je yous aime. . • •

---«Oh ! mon Dieu y pensa le chevalier , où va*

t-elle en Yènir?'El lûoi, dit-il tôtrt halit, i» TOUS aimé^jé pas, Suzanne?

. — Je le sais / et voila - ce qui m'étonne et m'àjBDiigé; c'e^ que les choses soient, sous ce rapport, ce qu'elle étaient il y a un mois, et que moi, cependant , je change. ...

—Suzanne !.. .

— Je chainge , je doute si je siiis-encore heureuse. • • ' .

— Hélas!

— J'ai tout à la fois des remords de ce que je TOUS accorde \ et dés regrets de ce que je vous refuse. Ce n'est ni la paix , ni le bonheur.

— Si vous Sortiez, la promenade dis^perart peut-être ce commenceitnent dé» mélancolie.

— Jja promenade ne peut rien contre cette maladie.

' — * Madame Geoflftin , qui vons a toujours

beaucoup aimée, est tombée en paralyie; pour^

quoi n'iriez- vous pas la voir?

Suzanne ne comprenait pas que l'ennui

c'est le bonheur , sourit à cette proposition^

' Avant la maladie de madame Geoffrin , son

salon arait appartenu mcdtîé; de la sémmoe aux* gens de -lettres çt aux artistes, et l'autre 9ioiti|é aux ministres et aux personnages distingués, de tous les pays/ Oïl ne savait pas dans Paris uiie*w4re maisop dont. Centrée *fût^ussi difficile et au^si recberdiée : les noheSsies, le rang , les talens mêmes ne suffisaient pas pour la . procurer^ à'ils n'étaient.' accompagnés de . quelques yertus sociales* C'était donc, oiieux qu'ion bureau d'esprit : c'était plutôt un bureau de grâces et de faveurs. Il y régnait la plus parfaite urbamté : là, les hprpmës lès plus violens de caractère , les .pli^s absolus dans leurs opinions , ressentaient plus ou moiiX3 les effets de Finfluence médiatrice que la maîtresse de la maison exerçait sur tous ceux qui l'approchaient. . .

Mais , depuis sa maladie , «tous ses intimes y sans distinction de partis, se rencontraient le même jour et à la même heure dans son ^alon , attendant qu'on les appelât* dans la petite pièce .où elle était alitée. Sous la commune impression de tristesse qui les domi-

naît, on. les Toyait s'aborder , se parler ^avec une mutuelle KienTeiUaace ; quelques-uns mêmes, de qui la fortune avait changé depuis

la mort de Louis XY, s'expliquaient pacifiquement sur les causes de leurs querelles passées , ^t montraient ^ de part çt d'autre, d'égales dispositions à se réconcilier, par une sorte d'hpmmage anticipé rendu à la mémoire de celle qui le& avait réconciliés tant de ibis.

A l'heure où Suzanne enlra , le fort des visites, était passé; elle ne reconnut personne dans les quelques figures dont elle se vit entoivrée. Au boiit de cinq ou six minutes, un laquais ayant annoncé que sa maîtresse fatiguée ne re-* cevrait plus ce jour-là, en un instant le salon fut complètement désert. Suzanne se retirait aussi, lorsqu'entendànt la voix du baron qui* sortait de la chambre^ de madame Geofirin ', elle se réfugia derrière une tapisserie danà ^embrasure d'une fenêtre , pour n'être pas aperçue de lui. Mais le baron s'arrêta au milieu du salon

avec un personnage qui' sortait 6n même temps que lui, et que l'entretien suivinit fit recon-

naître à Sutanne pour \e duç de La Vrillîère.

— Monsieur le baron . dit ' Tex-ministre du cachel , quand la guerre* est terminée , H est d'usage de se rendre lés prisonniers.

— Je n'en ni point a tous , monsieur le duc ;

si c'est ui\e manière de vous vanter de la fausser joie que «vous avez donnée à deux honnêtes houi^eois élai^s et appréhendés derechef ma bout de quelques heures , et sans aucune autre raison que votre bon* plaisir ^ je dois vous déclarer que je trouve cette plaisanterie de fort mauvais goût.

— Je ne vous comprends' pas , dit le duc , dpnt la jSgure parut exprimer un étonneïnent assez naturel.

— Eh bien ! moi , je ne vous comprends pas non plus.

-^ Il y aur&it peut-être lieu de s'entendre, si vous étiez moins prompt. •

— Tout est entendu ; etpour ^i finir, monsieur le duc, votre ancienne maîtresse, tombée dans la plus profonde misère, malade, manquant de pain et d'asile , a été recueillie

dansmaminson dé caoipagne; elle ja été nourr»e, soignée, entretenue ; elle y est tnorte , etf si TOUS en doutez y. elle est enterrée dans mon parc.

•^-Tout cela est fort ex^ct, dit le duc aussi froid à ce récit qu^atix plus iasignifiantes cornmlinicatioQS de police dont or lui eût fatigué PoreiUe pendant son ministère ;. il b'y a pà#un seul mot à rectifier, si ce n'est que le cadavre

en question' (votre ami, Femperéur Joseph, dirait : la cbarc^ne) gît présent^oient dans mes terres.

— Dans vos terres ! . • . Ah ! c'est un franc coquin que ce Croqu0-Pieu ! Mais savez-TOus ,

mcmsieur, quecet bompoie qiii mangeait mon pain et qui était votre espion chez moi, savez*vous qu'il m'a volé 7..^ Que je puis le faire aiiréter?.. —«Et moi aussi; interrompt tle due en/ soupirant, il m'a volé ! Je ne l'aurais, certes, pas payé si cher, et les restes de ma pauvre Augusta reposeraient encore dans la terre du Ckandval, où je savais qu'ils étaient fort bien, si je n'avais pas cru que , suivant l'usage àeh anciens , vous

aurie;K enterré avec elle* les objets qiii la diarmaient le plus durant sa Tie..£Afin, j'ai été joué ! Et si TOUS n^ayezi plus jtnes lettres , notre coquin les aura mises de côté pour les vendre à quelque fils de boyard j qui en fera son mar nuel de correspondance amoureuse.

— Gbmmeiït ! . . .

-#* Est * ce que je vous apprends qu'il est parti depuis quinifce jours pour la Russie-Blanche , où Catherine appelle aujourd'hui les Xésuites avee des conditions plus belles qu'elle n'en a jamais fait aux philosophes , même dans le temps où, de son auguste main, elle traduisait le Bélisaire en langue russe? Tout heureuse que fût son existence au Grandval , il n'aura pas perdu au change , s'il peut arriver jusqu'à sa destination ; mais je ne m'étonnerais pas que, chemin faisant, il se laissât embaucher par quelqu'une des puissances intermédiaires , dont la politique est de vouloir toujours les

hommes que la France ne veut pas.

Le baron n'écouta pas sans humeur cette satire des éloges que les philosophes avaient pro-

digues pendant quarante ans à tous les souverains du ord, et Nen particulief à la grande Catherine; quoique,, pour sa part l il fût moins solidaire que personne de ces flagorneries y et

dût, par conséquent, se trouver peu mortifîé d'une mesure qui aifhonçait le discrédit réel où les encyclopédistes étaieht* tombés en Europe.

— MonsieuMe duc; dit-il, je no crois pas que vos lettres aillent jamais en Russie. Je vous

promets même de les retrouver et de vous les rendre , si vous faites remettre en liberté les deux envoyés de Langres.

-^ JPai complètement perdu leurs traces depuis qu'ils étirent mis le pied sur vos terres. .

— Ils sont repartis pour Paris, le même jour, dans la voiture de M. da Lauragais.

— £n ce cas , c^est à M. le comte qu'il faut lés redemander/Si c'étaient deux savans , je le soupçonnerais de les avoir niis sous .clef pour les forcer à lui découvrir le grand œuvre , ou bien à lui faire une tragédie. Je vous proteste , pour moi, que je suis étranger à ce quipe.ut leur

être arrivé depuis leur évasion de Yincennes. D'ailleurs, j'ai pri$ ma retraite le lendemain* Dans quel intérêt, je vous )e demande,, me serais-je fait ce dernier titre à, la haine: des anarchistes? Ce ne serait pas le plajisir de signer une lettre.de cacbel de plus qui m'aijrait séduit : j'en ai signé quarante nulle dans o^ia yie.

— Tant pis pour vous si ces deux hommes ne se retrouvent pas , monsieur JlO. duc^ par vos lettres sont entre leurs mains. \

— Voilà une étrange défaite : mieu:i^ vaudrfiit me dire tout simplement que voiis voulez .garder mes lettres. Je vous ai dit la pure vérité. ,

Ils se séparèrent également mécontips en apparence , quoique cette entrevue laissât au baron l'espérance de quelque résultat. Hélas! elle en avait produit un terrible pour Sufi^annel O tardive révélation d^une erreur et d'un crime iiTéparables ! Afireuse luém* tombée par h^^ sard sur une existence vouée à tous les. mal*

heurs et a tous les remords ! Que venait-ellp

d'entendre ! Simon Garguille avait disparu! el

la leUre importante qu'elle lui avait conE^e ,

cetle lettre sans laquelle MarcelUn et sa xpère

devaient la croire coupable , ne leur était point

parvenue, sans cloute! Non. Par-là tout s'é-

claircissait.

— Est-ce assez de honte! s'écria- t-eHe; et

nç pouvoir en accuser <jue moi-même ! car c'esj moi qui ai la première imprimé sur ma vie unetache de déshonneur. J'étais^ justement condamnée , j'étais, peut-être encore aimée de cet époux que je fus si prompte à trahir ! £t je portais son pom , misérable ! Où fuir ! où me ça-* cher maintenant , pour vivre en^aix avec moimême? Comment me punir de mes remords?

Car le remords , dont l'idée même lui pars^issait douce, lorsqu'elle n'était coupable q^'^n imagination et que l'amour du chevalier p.QS^é-: dait tous ses sens , le remords l'agitait maintenant de ses aiguillons les plus acérés. Elle ne pouvait plus attendre de sa passion, que, npus avons déjà vue inquiète les derniers jours,

tout le bpnheur qu'elle avait conçu , dî^ns les

rêves d'une tète ardente. Un tel désenchante-

ment donnait une eSrayaate énergie à son dés-

espoir; elle n'était déjà plus keurense, lorsqu'elle Ignorait encore son mme ; que serait-ce maintenant? Et puis, une aflineuse réflexion Tint encore la Irapper. Quelle destinée que celle de la maîtresse de M. de La Vrillière? Elle se sou- ▼enait d'ayoir yu au Grandval cette malheureuse femme qui n'avait sacrifié sa beauté et sa jeunesse aux plaisirs d'un homme puissant, que pour aller, plus tard, mendier son pain, et, pen-

sée plus révoltante ! pour devenn- après sa mort

la matière des sacrilèges et de l'atroce persifflage

de monneur l^dhc ! Voilà donc ce que l'amour égoïste de l'homme promettait à une femme ,

après s'être nourri de sa substance^ après avoir exprimé Télixir de sa vie ! Le mépris. .. Pabandon«.«. la voirie.... .

Ainsi exaspérée , Suzanne sortit sans autre résolution que celle de fuir à jamais ceux qui l'avaient conduite , pas à pas , dans ce' fiital abîme.

Ce fut yainemient que le chevalier l'attendit. Inqmet de ne la voir point revenir, il alla luimême à l'hôtel de madame Geoffi^in ; mais le

moment OM, il s'y présenta n^était guère favorable pour obtenir les renseignemens qu'il cherchait. La marquise de la Ferté-Imbault, debout dans l'antichambre, les poings fermés et les jambes écartées ) luttait courageusement contre d'Alembert et Marmontel pour frayer passage au viatique, que, malgré les ordres de ces messieui*s, elle avait envoyé chercher pour sa mère.

La haine qu'elle leur portait à défaut de Tamour Je Dieu, l'enflamma d^un saint zèle, et fui donna la force de les vaincre : les philosophes lurent repoussés avec perte. Le chevalier ne voulant point* partager la honte de cette échauffourée , se rangea prudemment à Fécart , et -se contenta d'apprendre d'un valet qu'une jeune dame était effectivement venue au salon, et qu'après y être restée assez long-temps seule , elle s'était 'retirée le visage tout décomposé et les yeux baignés de larmes; mais qu'en ce moment une défaillance de madame Geoffrin ayant jeté l'alarme parmi tous les domestiques , personne n'avait eu le temps de faire attention à autre chose.

Le cheyaber, en remontant la rae Sain(*Honoi'é 9 ^ fiii presque entratné par un attroupement qui la trayersait et qui cotirait à une autre scène où le viatique jouait encore le principal rôle. Un prêtre en surplis marchait à grands pas à la tête de la foule, précédé d'un huissier et flanqué de quatre sergens de la grande Chambre* Dans toute la longueur de la rue qu'enfilait cette bizarre procession', on entendait, depuis une heure , des crieurs pu* blics Tociférer , à tour de rôle , et de -toute la force.de leurs poumons :

Voilà ^ voilà j messieurs^ qui 1)ienû de paraître : le grand , le magnifique arrêt du parlement de Paris , qui condamne le curé de la paroisse de Saint-'Roch , à confesser^ communier et administrer le frère Ahel » prêtre dis V Oratoire f quatre grandes pages dHinpression; demandez } le voilà pour deux sous!

iTn de ces crieurs of&it même un exemplaire au chevalier qui le prit et continua son chemin d'un pas rapide, car il venait d'apercevoir, au milieu de la cohue , l'ex-conseiller Toussaint

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