‹ Le baron de Castel-SarrazinChapitre 16 sur 29 · HORACE, DIDIER · texte numérisé non relu

HORACE, DIDIER

DIDIER, paraissant au fond et à la cantonnade. Merci, je n'oublierai pas ce service...

HORACE, cherchant. Si... Oh! non... autre chose...

DIDIER. Cet excellent Dominique... il ne m'avait point oublié, et grâce à cette clé qu'il me remet...

HORACE, se levant. Ah! je le tiens I

DIDIER, l'apercevant. Horace!

HORACE. Je le tiens !

DIDIER. Que tenez-vous ?

HORACE, l' apercevant à son tour. Encore lui !

DIDIER. Pardon, mille pardons, je vous dérange, n'est-ce pas?

HORACE. Ah ça ! mais...

DIDIER. Vous m'avez déclaré la guerre... très bien... mais je suis un ennemi généreux, et je viens vous prévenir que dans un quart d'heure, vous serez arrêté...

HORACE. Arrêté!

DIDIER. Pour être conduit à la Bastille.

HORACE. Moi, à la Bastille, et en vertu de quel ordre ?

Uoracc, Didier.

LE BARON DE GASTEL-SÂRUAZIN .

DIDIER. En vertu de certaine lettre de cachet, que moi, Horace do Bougival^ j'avais dans mon portefeuille.

HORACE, à part. Ah ! grand Dieu!

DIDIER. Je l'ai remise à un exempt qui sera ici dans un quarl-d'heure... Oh ! elle est parfaitement en règle.

HORACE, à part. Je le sais parbleu bien ! DIDIER. Ordre d'arrêter en tout lieu et à quelque heure que ce soit, le comte Didier de Varinville.

HORACE. Mais le comte Didier de Varinville^ c'est vous.

DIDIER. Allons donc! vous savez bien que nous avons changé de nom, de portefeuille, de femme... Je ne me plains pas, ça me va très bien... vous êtes le comte de Varinville... moi, je suis le chevalier de Bougival, et le chevalier de Bougival fait arrêter le comte de Varinville, c'est juste, c'est légal, pas un mot à dire... bon voyage, mon cher, et ne vous ennuyez pas trop là-bas...

HORACE, à part. Oh! quelle idée, ma lettre en blanc. {Il tire la lettre de sa veste et va s'asseoir à la table.) Ah! parbleu! c'est un coup de maître! DIDIER. Que fait-il ?

HORACE. Ne faites pas attention, mon bon. (Lisant.) « Ordre d'arrêter en tout lieu et à quelque « heure que ce soit, (Ecrivant.) le chevalier Ho- • race de Bougival. »

DIDIER. Eh quoi ! Encore une lettre de cachet ! HORACE, allant à lui. Le chevalier de Bougival qui se trouvait être vous, faisait arrêter le comte de Varinville qui se trouvait être moi. Le comte de Varinville. qui est moi, fait arrêter le chevalier de Bougival qui est vous... c'est bien, c'est juste, c'est légal ; pas un mot à dire, vous en êtes convenu vous-même.

DIDIER. Nous continuons la plaisanterie... HORACE. Nous la continuons... mais ce n'est pas une raison pour envahir mon domicile conjugal. (// sonne.) DIDIER. C'est juste et je pars...

DOMINIQUE, entrant. Monsieur a sonné?

HORACE. Cette lettre à un exempt de police, et qu'il vienne sur-le-champ, DOMINIQUE. Oui, Monsieur.

DIDIER, à part. Diable! il faut jouer serré. DOMINIQUE. J'avais aussi à prévenir Monsieur le comte, que M. le Baron le fait mander dans son cabinet.

HORACE, à part. Othello veut me voir... (Haut.) Eh bien! oui, je m'y ronds dans son cabinet. Allons, cher comte...

DIDIER. Allons.

HORACE

Air du Marquis de f.auzitu.

Ji; suis dans ma faniillc.

Et j'agis sans la(;oiis.

DIDIER

Demain, à la Bastille Nous nous retrouverons.

ENSEMBLE

Demain, à la Bastille, Kous nous retrouverons.

HORACE, à part.

Près du Baron il faut que j'intercède A la prison j'échapperai.

DIDIER, à part.

Grâce h la clé que je possède, Ici bientôt je reviendrai.

ENSEMBLE

DIDIER

Oui, dans votre famille, Açîissez sans façon.

Demain, a la Bastille, Nous nous retrouverons.

HORACE

Je suis dans, etc.

(Didier sort par le fond et Horace par la droite après avoir fermé la porte du fond à la clé.)

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