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Cette édition donne, en effet, la préface de 1705, où il est dit que l'ouvrage a été revu et corrigé et que les Voyages en Portugal et en Danemark ont été retranchés. Ce qui n'empêche pas que le texte reproduit est intégralement le même que celui de 1703.
L'année 1735 vit deux éditions anglaises publiées à Londres. En 1730, parut à la Haye une édition en langue hollandaise, érard Westerwyck en fut le traducteur. Enfin, en 1741, fut imprimée en français une dixneuvième et dernière édition.
Dès la première apparition du livre de Lahontan, les géographes allemands, français et anglais y puisèrent abondamment. C’est ainsi qu’on en trouve de copieux extraits dans la Geographical Description of Canada, au deuxième volume de la collection de Voyages, publiée par J. Harris en 1705. ‘Thomas Corneille, le frère du grand tragique, publiait, en 1708, un Dictionnaire universel, géographique et historique, (trois volumes in-f), l’un des premiers ouvrages de cette nature que l’on ait vus en France. Voulant ajouter à ce que l’abbé Baudraud avait dit de l'Amérique française, il s’attacha principalement à résumer lés Voyages du baron de Lahontan. Il est arrivé par une espèce de hasard, dit Charlevoix (t. VI, p. 370), qu'il n’en a tiré que ce que ce voyageur a écrit de plus passable, et son article du Canada n'est pas le plus défectueux de son dictionnaire. La table des nations sauvages de la partie orientale du Canada, c’està-dire de toutes celles que l’on connaissait alors au delà du Mississipi, que Bruzen de la Martinière publie dans
son Grand Dictionnaire géographique, historique et cri-
tique, est copiée des Voyages de Lahontan. On com-
prend que cette table aurait besoin d’un bon errata, aussi bien que ce que l’auteur a tiré de la même source concernant l’histoire naturelle du pays, les mœurs et le caractère des peuples qui l’habitent, l’état de la colonie française, les revenus et les pouvoirs du gouverneur général et de l’intendant.
Jacques Robbe, dans la sixième édition de sa Méthode pour apprendre la géographie, publiée en 1714, parle aussi avantageusement du baron.
Dans le sixième tome de l'Af/as de Gueudeville, imprimé en 1719 à Amsterdam, la dissertation sur le Canada n'est qu’un abrégé mal déguisé des mémoires de Lahontan, et on y-reconnait sans peine, dit Charlevoix (t. VI, p. 380), le style informe, souvent barbare, et les termes indécents de ce voyageur. Aussi passe-t-il pour
constant que c’est Gueudeville lui-même qui a retouché.
la dernière édition de ses l’oyages.
M. Pilling cite un auteur allemand de 1758, qui publie des extraits de Lahontan.
Enfin, le treizième volume de la collection des voyages de J. Pinkerton (7ravels in Canada, p. 254) contient les vingt premières lettres des Nouveaux Voyages de Lahontan, d'après l'édition anglaise de 1735. À la page 336, le même auteur donne la traduction des mémoires, jusqu’après le chapitre qui traite des Français et des Anglais de l'Amérique septentrionale. A la suite vient le dictionnaire expliquant certains termes.
Le gouvernement français ne pouvait ignorer un auteur qui était si constamment cité dans les ouvrages des savants étrangers, et que ceux même de la France semblaient invoquer comme une autorité certaine. Aussi,