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nait sa vieillesse et ses infirmités dans une terre étrangère. Après dix années de vaines tentatives, il avait dû renoncer pour toujours à revoir sa patrie ct les tourelles du château de ses pères, sur les bords du Gave de Pau.
La fortune l'avait fui en France ; mais, grâce à ses écrits, il était parvenu à se créer auprès des cours étrangères une position qui aurait été enviable, s’il n'eut été traître et transfuge, Il se disait libre- penseur, se moquait des prêtres, posait pour un persécuté et une victime du gouvernement français : rien d'étonnant qu’il reçut partout, dans ces royaumes du nord, alors en guerre avec la France, la plus large hospitalité. La Hollande était à cette époque le refuge de tous les mécontents, et l’on y publiait contre la France les pamphlets les plus violents et les plus révolutionnaires. Les auteurs pouvaient y dire les plus dures vérités sans courir le risque d’aller faire un séjour plus ou moins long & à la Bastille, ct ils étaient sûrs d'y trouver toujours un auditoire facile et bienveillant. Bayle et Leibnitz animaient cette campagne en sous main. Lahontan se trouva là chez lui et au milieu des siens. 11 fut accueilli comme un frère. Ainsi avait fait avant lui le moine Hennepin, qui, aprés avoir servi la France dans les missions d'Amérique, finit par se réfugier à Amsterdam, d’où il put déverser à son aise sa bile ct sa haine contre son ancienne patrie dont il se disait maltraité Hennepin voulut vendre à l'Angleterre le secret de l'embouchure du Mississipi qu’il prétendait avoir découvert, comme Lahontan voulut appren-
dre à ce pays la meilleure manière de s'emparer du commerce de la Nouvelle-France. Ainsi, devait faire
encore en 1758, un autre transfuge, Thomas Pichon,
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ancien secrétaire du gouverneur de Louisbourg, qui livra à Albion le Cap-Breton et la Dunkerque d'Amérique.
Dans les dernières antiées de sa vie, Lahontan paraît s'être intéressé activement à la politique anglaise. Un an après sa mort, en 1716, son ami Leibnitz publiait de luiune Réponse à la lettre d'un particulier opposée au manifeste de S. M. le roi de la Grande-Bretagne Suède.
Nous n'avons pu nous procurer cette étude qui est signalée par Quérard dans la France littéraire et dans la Biographie universelle de Michaud.
L’historien Parkman cite aussi de Lahontan un mé: moire qu'il écrivit sur le commerce des fourrures du Canada, dans l'intérêt de l'Angleterre. Ce mémoire est demeuré en manuscrit. M. Wintrop Sargent, qui acheta l'original à la vente de la bibliothèque du poète Southey, en a donné une copie à M. Parkman.
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Quelques personnes ont attribué au baron de Lahontan la rédaction d’un ouvrage intitulé Xe/ation en forme de Journal d'un Voyage fait en Danemark, mais ce livre doit, avec plus de vraisemblance, ADR a Lacombe de Vrigny.
De son vivant, Lahontan avait vu quatorze éditions de son œuvre. De tous les auteurs qui ont écrit à cette
époque sur l'Amérique, Hennepin seul eut une vogue
égale à à celle du baron béarnais. Ce moine fourbe et vantard vit sa Description de la Louisiane i imprimée plus de trente fois, et ilen fut fait de nombreuses traductions.
Treize ans après la mort de Lahontan, en 1727, parut à Amsterdam une quinzième édition française, qui fut récusée, #'il faut en croire l'écrivain allemand Freÿytay.