‹ Le baron de LahontanChapitre 52 sur 53 · CARTOGRAPHIE ET PLANCHES GRAVÉES · texte numérisé non relu

CARTOGRAPHIE ET PLANCHES GRAVÉES

Les diverses éditions de Lahontan sont accompagnées de cartes et de gravures.

“ Ce qu'il y a de plus utile et de très conforme au goût du siècle, qui ne veut point être instruit à demi, c'est que l’on donne des cartes fort bonnes et fort exactement dessinées. L’on aura le double plaisir de connaîitre à fond les mœurs de ces Amériquains, et l’on verra d’un coup d'œil la véritable disposition de ce païs-là.”

(Préface de l'édition de 1703). Lahontan assure (p. 5, t.

“à ÿ à sé x

II, éd. de 1704) qu'il n’a jamais paru de cartes aussi correctes que celles qu'il publie. Ces assertions n’empêchent pas que toutes ces cartes sont pitoyables. Le premier volume de l'édition de 1703 contient :

10 Carte generale de Canada à petit point. Ony trouve dessinés à grands traits le cours du Saïnt-Laurent et des lacs, la grande rivière des Outaouais, le lac Frontenace, le lac Erié, lac de Hurons, lac des Illinois, lac Supérieur, Québec, les Trois-Rivières, Montréa., le fort Frontenac, le fort St-Joseph, Misilimakinac, lc Saut Ste- Marie, le pays des Iroquois, la rivière Famine et les cinq cantons Agniés, Ounontagués, Onnoyautes, Sonontouans, Goyoyouans, une partie du pays des Anglais, Boston et Manat.

2e Carte de la rivière Longue et de quelques autres qui se déchargent dans le grand fleuve du Mississipi, en le petit espace de ce fleuve marqué sur cette carte les petits points qui partent de Missilimakinac et qui reviennent ensuite par une autre voye marquent la route que j'ay tenu dans mon voyage. Les fleurs de lis marquées en quelques riviêres signifient les lieux où j'ay esté sans monter plus avant, lé + marquent les portages d'un lieu a un autre, Cette carte se rapporte à la lettre 16me. Echelle des lieues des deux cartes à 20 degré.

L'auteur dessine le lac des illinois, la rivière des Oumamis, qui s’y jette de même que la rivière des Puants, et la baie du même nom, la baie de l'ours qui Dort. Le long de la rivière des Puants, il indique les Outagamis, les Malominis, les Kikapous. Le long de la rivière des Oumamis, les Maskouteins, les Oyatimons. Au fond du lac des Illinois, le portage de Chegakou ; au 46e degré de lat. Missilimakinac avec son village de Français, Hurons et Outaouais. Sur la rivière qui se jette du lac Supérieur au lac Erié : les Sauteurs et le village des Jésuite. Le lac Supérieur est dessiné avec la rivière Michipicoton, celle de Chagouamigon, la rivière Lemipisaki avec le fort Dulhut ou Camanistiyaga à sonembou-

ceure, la rivière du tombeau et lesîles Minong. Il trace le cours du Mississipi et les rivières qui s’y jettent à droiteet à gauche. Sur la droite au 51e dégré la riv. d’Asscious. au 46e la rivière Morte selon quelques autres ; la r. des Ottentats’ la riv. de Tamarao, la riv. des Missouri et des Osages. Sur la gauche : la riv. Ouabach ; le riv. des Illinois avec le fort Crevecœur ; la riv. des Ouisconsink ; la riv. aux bœufs et deux villages de Nadoess;s. La riv. Longue ou morte qu’il dit avoir explorée suit presque en ligne droite la lattitude 46e. C’est d'abord le pays des Eokoros avec ses douze villages, puis le pays des Essanapés avec ses treize villages. Rendu à la borne de Lahontan, une ligne pointillé sépare la carte du paos qu’il a visité, de ia “ carte que les Gnacsitares ont dessine sur des peaux de cerfs m'ayant fait connaître à 30 minutes près latitudes -de tous les lieux qui y sont marqués en me montrant la partie du ciel vers laquelle gissent les uns et les autres après avoir

même donné les distances par Tazouz qui sont trois

grandes lieues de France selon ma supputation.” Il indique alors le pays des Gnacsitares qui habitent le long de la riv. Longue. Cette dernière rivière prend sa source par plusieurs autres dans une chaîne de montagnes qu'il trace. Sur le vsersant opposé, une autre rivière gagne l’ouest traversant le pays des Mozeemleck,

Cette carte est accompagnée de plusieurs dessins informes :

10 “ Canots des Gnacsitares et des Essanapés.”

20 “ Bâtiments des Tahuglauk où 200 hommes peuvent ramer s'ils sont tels que quelques Mozeemick me les ont dépeints sur des écorces d'arbres. J’estime qu’un tel bâtiment doit avoir 130 pieds de longueur de proue à poupe.”

30 ‘“ Maisons des Tahuglauk de 80 pas de longueur telles que des esclaves Mozeemlek me les ont dépeintes sur des écorces d'arbres.”

40 Médaille des Tahuglauk d’une espèce de métal

-couleur de roze semblable au cuivre ” (la pile et la face). S F4 Les planches gravées qui accompagnent le texte du JE premier volume {édition de 1703). sont les suivantes : 6 Re Page 34: “ Canots des Iroquois d’écorce d’ormeau ; Sauvages voyageant debout dans un grand canot ; canot Co d’écorce de bouleau de huit places ; rame ou aviron.”

Page 46 : “ Campement de M. de la Barre, scène -du traité de paix avec les Iroquois et la Grande-Gueule.” RS Page 72 : “ Raquettes ; orignaux ou élans.” {M Fr Page 85 : “ Sauvage tuant des martres ou des chats Lei ce sauvages ; sauvage tuant des gelinotes de bois avec ses 2 : NS flèches par la voye d’un chien ; sauvages tuant un ours 1 Fa sur un arbre ; cerfs renfermés’dans un parc après avoir : été poursuivis par les sauvages : renard qui se tue lui- | même par un fusil tendu et pointé sur un appas.” Page 08 : “ Ordre de marche de M. Denonville <ontre les Iroquois (1687).” N- Page 126 : “ Lac des Hurons et pêche du poisson DA." blanc, et fort de Missilimakinac.” - Fi Page 141 : “ Figure d’un castor.” ' Be Page 174 : “ Bœufs sauvages ; sauvages boucanant +4 des viandes ; sauvage sautant sur un bœuf ; bœuf atta- … qué à coup de lance ; bœuf pris par les cornes avec des ER cordes ; crocodile allant dévorer un petit veau.” ; ' De, Page 211: “ Attaque de Québec (1690).” f Page 226 : “ Combat entre deux vaisseaux anglais RC Page 242 : “ Baie et fort de Plaisance.” #3 Gravures du second volume de l'édition de 1703. 2,508 Planches du frontispice déjà décrites. Carte géné- 10 - rale du Canada dédiée au roi de Danemark, par son 1 700 très humble et très obéissant et'très fidèle serviteur Lahontan. Cette carte est assez complète. Elle est 10 marquée sur la dextre des armes des rois de Danemark. 108

Page 95 : ‘“ Sauvage allant à la chasse ; sauvage marié ou vieillard se promenant dans le village ; jeune sauvage se promenant dans le village ; villages de sau-

Fe vages de Canada ; enfant attaché à une branche d’ar-

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bre : femme sauvage portant son enfant entre les bras.” Page 125 : ‘“ Adoration des sauvages ; danses.” Page 133 : “ Sauvage portant l’allumette au lit de sa maîtresse, qui ne voulant pas l’admettre auprès d’elle se couvre le visage de sa couverture ; sauvage portant l’allumette au lit de sa maîtresse qui consent de l’'admettre en éteignant cette allumette ; cérémonie du mariage ; sauvage en conversation avec sa maîtresse étant assis sur le pied de son lit ; vieillard allant recevoir à la porte de la cabane la mariée accompagné de ses parents.” Page 150: “ Village sauvage ; étuve ou suerie ou deux hommes sui suent ; jongleur dans sa cabane, criant ; parents du malade qui dansent ; cerf dont on doit faire un festin par ordonnance de médecin ; truite monstrueuse pour le repas du médecin ; parents du mort qui dansent ; enterrement d’un sauvage : esclaves du mort sortant son bagage ; cimetière des sauvages.”

Page 156: ‘“ Etang à castors.” Page 160 : “ Chasse à Castors.”

Page 169 : ‘“ Armoiries des sauvages.”

Page 185 : ‘“ Mœurs des sauvages à la guerre.” :

Page 187 : ‘“ Calumet de paix et cérémonies pour conclure la paix.”

Page 189 : “ Armoiries des sauvages.”

Page 191 : “ Hieroglyphe des sauvages.”

Toutes les gravures des livres de Lahontan sont autant de caricatures. Les sauvages y sont de véritables Européens mal blessés. Aussi, dans la préface de l’édition anglaise de 1703, Lahontan nous apprend qu'il était en Angleterre lorsque son livre fut publié en Hollande, et il se plaint amèrement des gravures. Les graveurs danois, dit-il, ont martyrisé les figures. Ils n'ont pas compris les explications qui étaient en français. Ils ont représenté des hommes, pour des femmes et des femmes pour des hommes, mi-nues des personnes qui auraient dû être vêtues, et ainsi de suite.

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